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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 16:31

Bonjour à tous. Me revoici enfin pour réveiller ce blog amorphe qu'est le mien. Trop de temps s'est écoulé sans que je ne le nourrisse. C'est ainsi et je m'en excuse auprès des gourmands qui attendraient beaucoup de ma part.

J'avais dans l'idée de commettre un article sur le métier de conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation (CPIP), trop méconnu à mon goût. J'aurais pu ainsi vous commenter la circulaire du 19 mars 2008 relative aux missions et aux méthodes d'intervention des services pénitentiaires d'insertion et de probation (SPIP) mais cela aurait été à mon sens soporifique. En fait, j'ai eu peur que vous ne vous évadiez en cours de lecture. Aussi, j'ai fait appel à mes charmants followers de Twitter afin de recueillir leurs interrogations quant à cette profession souvent sujette à fantasmes et à de nombreuses représentations erronnées. Je ne ferai état que de mont point de vue qui n'engage que moi, et certainement pas tous les CPIP de France et de Navarre, ni la direction de l'administration pénitentiaire, ni le Ministère de la Justice, ni mon chien, ni mes voisins etc...

C'est parti ! A chaque fois, je mentionnerai le pseudo du twitto m'ayant posé la question. Je ne suis pas en garde à vue, aussi je ne solliciterai pas la présence d'un avocat.

De @simoneduchmole : Comment faites-vous pour gagner la confiance des détenus ?

- En leur donnant tout ce qu'ils veulent ! C'est évident, nous les CPIP, nous ne sommes que les serviteurs des honorables détenus et nous ferions tout, mais absolument tout pour les faire sortir de prison. Euh... Mwarf ! Pardonnez-moi, c'est le traumatisme d'une idéologie bien ancrée chez certaines personnes qui nous perçoivent comme des pro-voyous qui ne pensent pas aux malheureuses victimes. En fait, la confiance s'instaure avec le temps, le respect de la parole donnée (quand on dit qu'on fait telle démarche, on fait), la cohérence et l'honnêteté. Même en cas d'avis défavorable sur une demande de permission ou sur un aménagement de peine, il faut savoir l'assumer en face de la personne et l'expliquer, même si ce n'est pas toujours accepté et parfois refusé avec véhémence. Un bémol toutefois, je ne sais pas si l'on peut parler vraiment de confiance car à mon sens, la relation peut être biaisée par le fait que l'on soit sous mandat judiciaire, autrement dit, en quelque sorte, la voix du juge de l'application des peines (JAP).


De @mussipont : Cela gagne combien une cipette ? (c'est le nom affectueux donné aux CPIP féminins). Comment éviter pour chaque dossier de tomber, soit dans l'angélisme, soit dans le cynisme ?

- Au moins tout ça si tu savais ! Sinon, pour répondre à la deuxième question, si l'angélisme, c'est de s'intéresser au parcours de vie d'une personne afin de chercher à comprendre sa personnalité, ses ressources et faiblesses, son passages à l'acte, alors que je crois que je suis un monstre d'angélisme. N'est-ce pas ce dont on est taxé lorsque l'on cherche à comprendre ? D'angélisme ? Une personne peut à la fois m'attendrir, comme me révulser, ou me désespérer. J'essaie de trouver un équilibre et surtout de ne pas m'occulter la vue, parfois des défauts cachent des points forts ou l'inverse. En revanche, pour certaines personnes, si j'essaie d'être optimiste, je reste réaliste et suis consciente que malheureusement, elles reviendront en prison... La prévention de la récidive commence certes en prison, mais continue aussi surtout à l'extérieur, et en l'état actuel des choses, les moyens mis en oeuvre ne sont pas suffisants. Et puis, il faudrait aussi changer le regard de la société sur les sortants de prison, moins de stigmatisation, plus d'inclusion sociale, mais ça, c'est un vaste débat.


De @eurypontide : Quelle est la part de probation et d'accompagnement ? A partir de quand signales-tu un manquement aux obligations ? Quelle tolérance ? 

- Dans un premier temps, je pense qu'il est utile de distinguer le milieu ouvert du milieu fermé. Pour les béotiens, le milieu ouvert concerne les antennes SPIP qui sont en charge du suivi des personnes condamnées non-incarcérées, soit parce qu'elles sont sous le coup de mesures alternatives à l'emprisonnement, soit en aménagement de peine. Le milieu fermé, vous l'aurez compris, compris les établissements pénitentiaires. Cette distinction est importante à mes yeux puisqu'elle impacte la pratique du métier à mon sens. En effet, je considère que le milieu ouvert offre la part belle à ce qu'on appelle probation, ou plus simplement au contrôle du respect des obligations, peut-être moins par volonté du personnel que de contraintes inhérentes à la charge de travail (120 à 190 dossiers par CPIP selon les antennes).  A contrario, en milieu fermé, le suivi est plus axé sur l'accompagnement socio-éducatif, dans l'optique de la préparation à la sortie ou d'un aménagement de peine, ce qui implique un travail plus étayé autour de la personne, en lien avec sa famille (ou pas, selon les cas...). Par ailleurs, il existe une différence notable : pour le milieu ouvert, le SPIP convoque les personnes au service, alors qu'en milieu fermé, ce sont bien souvent les détenus qui nous sollicitent. Cela impacte par ricochet la perception qu'ont les personnes suivies du SPIP, selon qu'elles soient incarcérées ou non.

Je vais ainsi pouvoir répondre à ta deuxième et troisième question. Ne travaillant pas en milieu ouvert, je n'ai pas à signaler de manquement aux obligations puisqu'il n'y en a pas, enfin, pas d'obligations formellement écrites. En revanche, dès qu'il s'agit de faire des demandes de permissions de sortir ou des requêtes en aménagement de peine, c'est à cet instant qu'elles se dessinent, le JAP se basant sur certains critères pour les octroyer (réflexion sur le passage à l'acte, versements aux parties civiles, activités en détention, prise en charge médicale...). Ainsi, quelqu'un ne sollicitant jamais rien peut très bien purger toute sa peine sans rien mettre en place et ce, sans que jamais on ne puisse lui opposer quoique ce soit. Ce n'est que si, à l'issue de son incarcération, il fait l'objet d'une mise à l'épreuve que les obligations auront cours.


De @oreliya90 : Que penser des formations initiales de CPIP ? De moins en moins de travailleurs sociaux, de plus en plus de juristes pour le même métier.

- Je ne pense pas, je suis fonctionnaire, je vous le rappelle. Il est vrai que les anciens CPIP perçoivent ce changement de recrutement intrinsèquement lié à la nouvelle orientation donnée au métier axé essentiellement sur la prévention de la récidive, l'évaluation des personnes condamnées et le risque de récidive. Pour ma part, je dirais qu'il existe autant de manières de travailler que de CPIP, tout dépend des valeurs qui animent le professionnel qui exerce. Rassurez-vous, certains restent toujours attachés au fait de se défnnir comme travailleurs sociaux.


De @attache_link : Au regard des missions, du manque de moyens (matériels, humains, etc), combien d'années penses-tu faire ?

- Oh que c'est cruel comme question ! Je n'en sais fichtre rien, je ne me pose pas cette question. Je fais ce qu'il me plaît, je verrai avec le temps.


De @catheb_ : A quelles informations relatives au détenu les CPIP ont accès ?

- toutes les pièces judiciaires concernant l'affaire pour laquelle il a été condamné, les expertises, la vie en détention (incidents disciplinaires, travail, formation, revenus, versements aux parties civiles, documents admnistratifs), et tout ce qu'il veut bien nous dire de lui.


De @_castille : Comment en vient-on au métier de CPIP ?

- En ce qui me concerne, la réponse est  . Pour les autres, c'est difficile de répondre à leur place. J'ai pu me rendre compte que certains le devenaient par défaut, en cas d'échec à d'autres concours de la Justice par exemple (magistrat). D'autres encore le sont parce qu'ils ont la sensation de contribuer au service public de la Justice. Enfin, et j'ose espérer qu'il s'agit de la majorité, parce qu'ils ont la volonté d'accompagner des personnes en difficulté, de contribuer à semer des petites graines qui permettront à des personnes de grandir, de comprendre leurs erreurs et d'aspirer à une autre vie, en donnant du sens à la peine.


De @Mille_Ephelides : Quels sont tes interlocuteurs dans et en dehors de la prison ? Quelle autonomie dans la gestion des situations ? Te sens tu seule ?

- Les interlocuteurs du SPIP sont très nombreux, notre travail reposant essentiellement sur le partenariat. En voici une liste non-exhaustive : les surveillants pénitenitiaires, les gradés, la direction de l'établissement, les différents services de l'établissement (parloirs, le partenaire privé gestionnaire de l'emploi et de la formation, le responsable local de l'enseignement, la comptabilité...), les moniteurs de sport, le point d'accès aux droits, la coordinatrice culturelle, l'assistante sociale du SPIP, les diverses associations qui accueillent les détenus en aménagement de peine ou sortants de prison, Pôle Emploi, la Mission locale, les juges de l'application des peines, les avocats, le greffe pénitentiaire, les structures d'hébergement, les centres de semi-liberté.... Nous n'avons en revanche que peu de liens avec le service médical...

Pour répondre à la seconde partie de ta question, je dirais que le CPIP est particulièrement autonome dans son travail. Il s'engage dans ses suivis et y impulse ce qu'il pense être juste et cohérent. Il y a des échanges entre collègues pour savoir ce qu'ils en pensent mais ce n'est pas sous forme de réunions formelles, en tout cas, pas là où je suis affectée. Il est à noter tout de même que tous nos rapports sont validés par notre direction. Ce mode de fonctionnement fait que parfois, on peut avoir la sensation de se retrouver bien esseulé dans la prise en charge d'une personne, la prise de décision de telle ou telle orientation reposant sur nos seules petites épaules. Pour ma part, j'en suis encore préservée puisque "chapeautée" par un référent, du fait de mon statut de stagiaire.

 

De @Mon_Melon : Comment un juge peut-il contraindre à une obligation d'emploi ? Ou est-ce seulement une obligation à chercher un emploi ? 

- La première obligation énoncée dans l'article 132-45 du Code Pénal concerne en effet le travail. Elle rend obligatoire le fait d'exercer une activité professionnelle, suivre un enseignement ou une formation professionnelle, toute personne qui y est soumis dans le cadre d'un sursis mise à l'épreuve, d'un aménagement de peine, d'un surveillance judiciaire ou d'un suivi socio-judiciaire. Si ce n'est pas spécifié, le fait de justifier de sa recherche d'emploi par des documents (boîtes d'intérim, Pôle Emploi, Mission locale, CV, lettres de motivation...) répond à cette obligation.

 

De @atelierdecirce : Combien de personnes suivies ? Comment le CPIP est-il perçu des personnes placées sous main de justice ? Description d'une journée type...

- Pour ma part, je ne suis pas un exemple puisque je suis en charge limitée, étant stagiaire. Dans mon service, un CPIP tourne à 80 dossiers environ, mais il s'agit d'un établissement pour peines. Si vous trouvez que c'est beaucoup, ça l'est, mais c'est encore pire ailleurs puisqu'en maison d'arrêt, cela peut monter jusqu'à 120, et en milieu ouvert jusqu'à 180. Les journées se partagent entre la rédaction des rapports, les synthèses sociales, les différentes démarches afférentes au suivi (contact avec les partenaires, les familles, prise de rendez-vous à l'extérieur, recherche de structures accueillantes...), les entretiens avec les personnes détenues, la participation aux commissions d'application des peines (CAP), la participation aux commissions pluridisciplinaires uniques (CPU) qui statuent sur les demandes de travail ou de formation - l'affectation des arrivants en bâtiment - le parcours d'exécution de peine..., les réunions, les échanges informels avec les partenaires sur site (PAD, assistante sociale...).

 

De @_castille : Quelles sont les principales difficultés pour la réinsertion des personnes ?

- En tout premier lieu, encore faut-il que la personne le veuille et y soit prête. Il faut parfois du temps pour qu'un cheminement se fasse et chacun fait en fonction de ses propres ressources internes. Notre rôle est d'accompagner vers cela mais parfois on se retrouve bloqué face à un mur. Ce n'est pas grave, si ce n'est pas pour tout de suite, ce sera pour plus tard, voire même jamais pour certains, il faut l'accepter. D'un autre côté, il y a aussi les obstacles budgétaires qui rendent l'exercie difficile. En effet, notre travail dépend beaucoup d'associations qui dépendent elles-mêmes de subventions. Ainsi, j'ai le souvenir d'un gars pour qui le projet d'aménagement de peine est tombé à l'eau car la structure qui devait l'accueillir ne pouvait plus pour cause de restrictions budgétaires. Ce n'est pas évident à gérer, ni de relancer la personne dans une autre dynamique. En plus de cela, j'ajouterai une autre difficulté qui est plus idéologique. Il faut savoir que notre société préférerait voir les ex-détenus loin d'elle plutôt que près d'elle, un peu du genre : "Réinsérez-vous mais loin de nous!". Et c'est une vraie difficulté car aujourd'hui, être sortant de prison, c'est comme porter un boulet, une étiquette que beaucoup de gens pointent du doigt. L'emprisonnement, c'est être écarté de la société un temps, pour ensuite la réintégrer. Est-il besoin de renvoyer une personne à ce qu'elle a pu faire, dès lors où elle est de nouveau admise en notre sein ? Je pose la question en espérant qu'elle fasse réfléchir. De même, lorsque des affaires médiatiques retentissent, cela se ressent sur l'application des peines et l'octroi ou non de mesure d'aménagement. La psychose de la récidive est une hantise ! Sauf qu'à l'intérieur desprisons, il y a des humains, qui, à force de ne plus percevoir d'espoir, nourrissent leur haine.


J'espère avoir satisfait votre curiosité et je vous remercie de vous être prêté au jeu de ces questions/réponses qui en appellent certainement d'autres. N'hésitez pas à me faire signe si tel est le cas.

"La prison n'est qu'un espace muré qui cache les éches de la société" - Anthony Dacheville

 

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 01:28

C'était un dimanche après-midi, je jouais au Monopoly avec des amis.

- J'ai fait 6 ! Je vais à Rue de Courcelles.

- Tu achètes ?

- Non, non, c'est bon. A toi, Pierre !

- 8 ! Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept et huit, rue de Vaugirard. Je laisse. A toi, Cécile !

- Je lance les dés : 7. Case chance, trop cool ! La banque vous rembourse de 100 euros. Hé, hé, hé ! C'est ton tour Jérémy ! 

- ...

- Hey Jérémy, c'est à toi ! 

- Ah oui, excuse, j'étais perdu dans mes pensées. 5 ! « Allez directement à la case prison ».

Les yeux fermés, allongé sur le lit, un courant d'air vient me caresser le visage. J'entends des bruits de pas dans le couloir : une personne approche. Un bruit de métaux qui s'entrechoquent l'accompagne. Soudain, j'entends qu'on tape à une porte, puis un cri. Deux personnes s'échangent des mots de manière un peu forte. Le calme revient peu de temps après. Je n'ai pas réussi à saisir la teneur de leur discussion mais ça semblait tendu. Une odeur de cigarette me titille les narines. Je ne fume pas, ça ne peut pas venir de moi. Je suis sur mon lit, je me laisse imprégner par cet univers que je ne connais pas. Je préfère avoir les yeux fermés pour ne pas voir cette réalité que j'aimerais bien pouvoir fuir car je suis en prison.

Cela fait 10 jours et c'est déjà trop. J'ai été condamné à 10 mois de prison ferme en comparution immédiate pour des faits de violences. J'étais en soirée avec des amis, j'avais beaucoup bu. Un gars nous a cherché, j'ai réagi et ça s'est mal fini. Je n'aurais pas du mais c'est trop tard. Je suis en prison. C'est la première fois que ça m'arrive et j'ai peur.

- Jérémy ?

- ...

- Hey Jérémy ?

- …

- A quoi tu penses Jérémy ?

- Euh, hein quoi ? Non, non, rien, c'est bon.

Lorsque je suis arrivé ici, j'ai du me plier à tous un tas de formalités. En fait, c'est simple, depuis la 1ère heure de garde à vue jusqu'à ici, tu perds le contrôle de tout. Tu perds ta liberté. Ils t'enregistrent dans leur fichier au greffe avec ton identité, la personne à prévenir en cas de souci, tes diplômes, ta condamnation, ta peine. Ils prennent tes empreintes, ta photo, te donnent un numéro d'écrou et te remettent une carte d'identification. 

Ensuite, tu es fouillé intégralement. Tu te déshabilles dans une salle spéciale. Ils te proposent de prendre une douche. Ce n'est pas superflu après avoir passé 48h de garde à vue sans se laver. Ils contrôlent mes vêtements, mes poches et me retirent mon bracelet et ma chaîne (seuls la montre, l'alliance et les bijoux à connotation religieuse peuvent être conservés). Ils sont mis dans un coffre et mon portefeuille, mon portable, mon argent aussi. Il y a un vestiaire, mais c'est pour ceux qui viennent avec plus de choses, et qui ne peuvent pas les emmener en cellule. 

Ils m'ont ouvert un compte nominatif pour mettre mon argent. Ils m'ont expliqué qu'aucune espèce, ni moyen de paiement ne circulaient en détention. Ils m'ont dit qu'il y avait des prélèvements automatiques qui pouvaient avoir lieu si je recevais plus de 200 euros dans le mois : 10% pour le pécule de libération, 20% si je reçois entre 200 et 400 euros, et ensuite c'est progressif et par tranche ; en clair, si je reçois 800 euros, c'est 20% sur la tranche 200-400 euros, 25% sur la tranche 400-600 euros et 30% sur la tranche supérieure à 600 euros. Tu vois le truc ? Cela ne donne pas envie de recevoir des mandats trop élevés sur ce compte. Je suis sûr que beaucoup de gars font attention à ça, surtout ceux qui ne reçoivent pas beaucoup d'argent.

J'ai aussi eu le droit à un kit de correspondance et un kit hygiène. C'est vrai que vu les circonstances, je n'ai rien pu emmener. J'ai aussi le droit à un appel gratuit à la personne de mon choix. Je pense que je vais en profiter, ce sera toujours ça, au moins pour leur dire que je vais bien. Si je n'avais pas eu d'argent, ils auraient pu aussi me donner une aide financière de 20 à 30 euros selon les établissements pour que je puisse cantiner. 

- Jérémy, tu es avec nous ou bien ?

- … Mais oui, c'est juste que pour le moment, je suis coincé sur la case prison.

- Hi, hi, hi ! Je sais, c'est pénible, mais tu vas en sortir.

Depuis les règles pénitentiaires européennes (RPE), certains établissements sont labellisés parce qu'ils respectent ce qu'ils appellent le cursus arrivant. Cela joue aussi sur les conditions de détention puisqu'un quartier est dédié à tous ceux qui viennent d'être incarcérés. Je suppose que ça doit être mieux que ce qu'il y avait avant. Durant la 1ère semaine, je rencontre le chef d'établissement, le gradé de détention, le travailleur social du SPIP (service pénitentiaire d'insertion et de probation),  le médecin de l'US (anciennement UCSA : unité consultatoire de soins ambulatoires et à présent, unité sanitaire). C'est un peu rébarbatif : je dois me présenter, parler de moi, de ce qui m'a amené ici. Je crois qu'ils essaient de savoir qui je suis pour voir comment je vais me comporter, ce que je vais faire. Je comprends que ce sera avec le SPIP que je préparerai ma sortie. A peine arrivé, j'y pense déjà ! D'ailleurs, je pourrais déjà prétendre à un aménagement de peine vu que j'ai été condamné à une peine de moins de 2 ans et que je suis primaire. Je vais faire tout ce qu'il faut pour :  aller en cours, faire des demandes de travail, indemniser la victime. Je ne veux pas rester moisir ici, non, je ne veux pas ! 10 mois, c'est court, mais si long lorsque l'on est privé de sa liberté.

- Hey, Jérémy, tu viens de faire un double !

- Ah, enfin ! 

- Il était temps.

- Ouais, c'est vrai, ça commençait à être long.

- Tu vas enfin pouvoir reprendre le jeu avec nous. Tu sors Jérémy, tu entends, tu sors !

- Ouais...

Dans ma tête, je crois que je suis toujours en prison. Une partie de moi est restée là-bas, une partie de moi est restée bloquée sur cette arrivée en détention, où j'ai compris ce que voulait dire « perdre sa liberté ».

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 22:45

On a beaucoup parlé, on parle, et on parlera toujours des règles pénitentiaires européennes (RPE) qui ont été la source d'inspiration de la loi pénitentiaire du 24 Novembre 2009 mais quid des règles émises par le Conseil de l'Europe concernant la probation ? Elles datent du 20 janvier 2010 pourtant, presque 4 ans ! A n'en pas douter, la réforme pénale qui laisserait une part belle à la probation ne découlerait-elle pas de cela, au delà des résultats des travaux effectués par la conférence de consensus sur la récidive ? 

En voici les principes fondamentaux :

1- Les services de probation ont pour but de réduire la commission de nouvelles infractions en établissant des relations positives avec les auteurs d'infraction afin d'assurer le suivi (y compris un contrôle, le cas échéant), de les guider et de les assister pour favoriser la réussite de leur insertion sociale. De cette manière, la probation contribue à la sécurité collective et la bonne administration de la justice (commentaire : N'en déplaise aux fanatiques de l'emprisonnement comme contribution à la sécurité)

 

2- Les services de probation sont tenus de respecter les droits fondamnetaux des auteurs d'infraction. Dans toutes leurs interventions, ils tiennent dûment compte de la dignité, de la santé, de la sécurité et du bien-être des auteurs d'infractions.

 

3- Dans tous les cas où les services de probation traitent des questions relatives aux victimes d'infraction, ils sont tenus de respecter les droits et les besoins de ces dernières.

 

4- Les services de probation tiennent pleinement compte des particularités, de la situation et des besoins individuels des auteurs d'infractions, de manière à ce que chaque cas soit traité avec justice et équité. Les interventions des services de probation sont menées sans discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, le handicap, l'orientation sexuelle, les opinions politiques ou autres, l'origine nationale ou sociale, l'appartenance à un groupe ethnique minoritaire, la fortune, la naissance, ou toute autre situation.

 

5- En exécutant toute sanction ou mesure, les services de probation ne doivent pas imposer à l'auteur d'infraction des charges ou des restrictions de ses droits supérieures à ce qui a été prévu par la décision judiciaire ou administrative et qui résulte, dans chaque cas particulier, de la gravité de l'infraction ou du risque de récidive convenablement évalué. (commentaire : il faudrait voir ce qu'on entend par convenablement...)

 

6- Dans toute la mesure du possible, les services de probation recherchent le consentement éclairé et la coopération d'auteurs d'infractions pour toutes les interventions qui les concernent. (commentaire : c'est évidemment mieux lorsque quelqu'un adhère à une mesure mais on peut vite se retrouver confronté à certaines limites ceci dit)

 

7- Chaque intervention prélable à l'établissement définitif de la culpabilité doit se faire avec le consentement éclairé de l'auteur d'infraction et ne doit pas porter atteinte à la présomption d'innocence. (commentaire : tiens, on reparle là encore de la présomption d'innocence, la fameuse)

 

8- Les services de probation, leurs missions et leurs responsabilités, ainsi que leurs relations avec les pouvoirs publics et d'autres organismes, sont définis par le droit national.

 

9- La probation reste de la responsabilité des pouvoirs publics, même dans le cas où les services sont assurés par d'autres organismes ou par des bénévoles. (commentaire : Dieu merci ! Il ne s'agit pas d'une affaire privée..)

 

10- Les services de probation bénéficient d'un statut et d'une reconnaissance correspondant à leur mission et sont dotés de RESSOURCES SUFFISANTES. (commentaire : point LOL)

 

11- Les autorités décisionnaires utilisent, si approprié, les conseils et le suivi professionnel des services de probation afin, d'une part, de réduire le risque de récidive, et, d'autre part, de développer l'usage des mesures alternatives à la privation de liberté. (commentaire : on est déjà dans ce registre)

 

12- Les services de probation coopèrent avec d'autres organismes publics ou privés et les communautés locales pour promouvoir l'insertion sociale des auteurs d'infraction. Un travail pluridisciplinaire et interorganisationnel, coordonné et complémentaire est nécessaire pour répondre aux besoins souvent complexes des auteurs d'infraction et renforcer la sécurité collective. (commentaire : un Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation (SPIP) sans partenaires est un SPIP mort !)

 

13- Toutes les activités et interventions des services de probation respectent les normes déontologiques et professionnelles nationales et internationales les plus avancées.

 

14- Des procédures accessibles, impartiales, et efficaces de dépôt de plainte concernant la pratique probatoire doivent être établies.

 

15- Les services de probation sont soumis à une inspection gouvernementale régulière et/ou à un contrôle indépendant. (commentaire : à ma connaissance, cela n'existe pas en France)

 

16- Les autorités compétentes soutiennent l'efficacité des mesures de probation en encourageant la recherche scientifique, dont les résultats doivent orienter les politiques et les pratiques en matière de probation. (commentaire : jusqu'au prochain fait divers concernant un récidiviste...#pardon#...)

 

17- Les autorités compétentes et les services de probation informent les médias et le grand public de l'action des services de probation afin de mieux faire comprendre leur rôle et leur valeur pour la société. (commentaire : Ah ! Enfin, le public ne fera pas des grands yeux tout ronds lorsqu'on lui parle de conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation (CPIP) en se demandant à quoi ça sert !)

 

La France est alignée sur certains de ces principes, d'ores et déjà mais il reste des points sur lesquels elle doit avancer. En revanche, si on poursuit un peu plus loin la lecture des principes posés, on retrouve des idées assez nouvelles qui mériteraient d'être prises en compte.

 

55- Le suivi ne doit pas être considéré comme un simple contrôle, mais aussi comme un moyen de conseiller, d'aider, et d'accompagner les auteurs d'infraction. En cas de besoin, il doit être complété par d'autres interventions, proposées par les services de probation ou d'autres organismes, telles que des formations, le développement de compétences, des offres d'emploi et des dispositifs de soins. (commentaire : alors qu'en milieu ouvert, les missions semblent de plus en plus se tourner vers le contrôle...)

 

56- En cas de besoin, et conformément au droit national, les services de probation offrent, directement ou par l'intermédiaire de services partenaires, soutien, conseil et information aux familles des auteurs d'infraction. 

 

58 - Le niveau de surveillance électronique ne doit pas être plus intrusif que nécessaire en fonction de chaque cas particulier et il doit tenir compte de la gravité de l'infraction commise et des risques pour la sécurité collective. (commentaire : vers un placement sous surveillance électronique (PSE) adaptable ?)

 

62- Lorsque toutes les obligations postérieures à la libération sont levées, les services de probation devraient pouvoir continuer, lorsque le droit national le permet, à offrir une aide à la réadaptation aux anciens délinquants qui le demandent pour les aider à poursuivre leur vie dans le respect des lois. (commentaire : voilà un concept novateur qui aurait le mérite d'exister car un condamné n'est pas tiré d'affaire parce que ses obligations sont arrivées à terme. Si certaines problématiques perdurent, le risque de récidive continue d'être. Ceci dit, quid des moyens ?)

 

63- Les services de probation offrent des services accessibles aux auteurs d'infraction de nationalité étrangère, tout particulièrement en ce qui concerne le suivi en milieu ouvert et la réinsertion. (commentaires : des interprètes à disposition dans les SPIP ?

 

83- L'avis de l'auteur d'infraction quant à la pertinence du suivi est à joindre à l'évaluation (dont il fait l'objet). (commentaire : devenir acteur de sa mesure en s'exprimant, en s'investissant, pourquoi pas !)

 

Ces recommandations ne sauraient en aucune manière être interprétées comme faisant obstacle à l'application  de normes et instruments nationaux pertinents relatifs aux droits de l'homme plus favorables à la prise en charge des auteurs d'infractions. C'est ce qui est écrit en préambule de ce texte. Les RPE avaiy la même valeur : de simples recommandations. Néanmoins, s'en inspirer pour ce qui est novateur ne serait-il pas un moyen d'uniformiser les pratiques au niveau européen et ainsi développer un véritable sens de la probation, qui n'est pas une sous-peine, ou une peine au rabais si tant est que tous les moyens soient mis en oeuvre pour y contribuer ? Redonner du sens, des sens aux peines prononcées par la Justice n'est-il pas un véritable enjeu pour la société de demain ?

 

Une société sans délinquance n'existe pas et n'existera pas ! C'est à la manière dont une société traite ses déviants que l'on peut mesurer son degré de civilisation dit-on, mais alors où se situe-t'on dans une société occidentale comme la nôtre ou bien souvent l'on attend qu'un auteur d'infraction "paie", "souffre" pour le crime ou délit qu'il a commis ? Je vous laisse avec cette question...

 

Nota : Il y a en tout 108 règles que je n'ai pas toutes retranscrites pour des raisons pratiques, vous le comprendrez.


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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 20:25

Se mirer dans un miroir pour se regarder, s'admirer, percevoir ses défauts, cela nous arrive à tous.

Ah qu'il est bon de se pavaner devant cette glace et de s'autosatisfaire de sa petite personne, de cette image renvoyée vers soi, pour autant qu'elle nous convienne ! Si tel n'est pas le cas, alors cette glace, froide, brute, vide d'émotions peut se révéler être source d'intenses douleurs venant percuter notre ego.

Mais je ne vais pas vous parler de ce miroir-là. J'aimerais pouvoir vous en écrire un roman mais ce n'est pas le sujet de ce billet. Cela deviendrait vite plat même si cela pourrait peut-être briser la glace entre nous. Allez savoir ! Toujours est-il que ce miroir peut se traduire aussi de façon immatérielle, en ce qu'il n'est nul besoin de se trouver devant pour en percevoir les effets.

Ils n'étaient que des noms dans des dossiers, des situations parmi d'autres situations prises en charge dans le cadre de mesures d'AEMO (Assistance éducative en milieu ouvert) prononcées par un Juge des Enfants. Leur situation, propre à chacun, était compliquée. Un Juge des Enfants ne prononce pas une mesure d'AEMO parce que cela lui fait plaisir, mais plutôt parce qu'il estime que "la santé, la sécurité ou la moralité d'un mineur non émancipé sont en danger, ou si les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises" - art 375 du Code Civil link . Il n'est guère besoin d'expliciter le sens de cet article tellement il est clair à mon sens. Pour faire simple, on rentre bien souvent dans le cadre de familles complètement "déconnantes" qui, au travers de leurs carences, nuisent au bon développement de leur enfant, et ce, souvent sans s'en rendre compte. Cela arrive régulièrement dans le cadre de conflits parentaux, de divorces à la suite desquels les enfants se retrouvent pris au milieu de conflits d'adultes, adultes qui ne perçoivent plus que leur intérêt propre et non celui de leur progéniture. Les situations en arrivent à être ubuesques. La passion puis l'amour qui a pu en découler durant des années laissent place à la colère, à la haine et au ressentiment et la moindre étincelle provoque une explosion avec toutes les retombées que cela implique. 

Je ne les connaissais pas, ils ne me connaissaient pas. On ne s'est jamais rencontré.

D'eux, je n'ai lu que leurs dossiers dans lesquels étaient relatée l'histoire de leur vie, les répercussions psychiques sur leur construction, leurs souffrances, leurs fragilités et leurs espoirs.

D'eux, j'ignore en fait tout ce qui ne figure pas sur papier.

D'eux, je me sens proche.

Et là,

Je me prends ce qu'on appelle un "putain d'effet miroir" en pleine tronche et je me retrouve l'estomac noué. Je sors prendre l'air, je souffle. Quelques larmes coulent le long de mes joues. Je prends la mesure de ce qu'il se passe en ayant conscience que les blessures de ces gens présents dans ces dossiers viennent simplement réactiver les miennes. Je me sens conne et fragile, d'un coup ! A une époque, j'aurais lutté, résisté afin de ne pas laisser sortir mes émotions, plus maintenant, car c'est une réaction malsaine. Je me re-construis, j'apprends à me connaître et cela passe par le fait de vivre ce genre de situations que je trouve gênantes mais qui doivent exister quand même pour me permettre d'avancer.

On ne fuit pas son passé ; on ne le répare pas non plus, mais on apprend à l'affronter et à le gérer pour en ressortir quelque chose de beau, même s'il était laid.

Un miroir se trouvera toujours sur notre route pour nous le rappeler...

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 11:24

Cela peut vous paraître anodin mais c'est tellement important. En effet, ne pensez jamais que le corps et l'esprit sont deux entités totalement séparées qui n'interagissent aucunement entre eux, vous vous leurreriez !


J'ai 31 ans et je suis spasmophile, ou plutôt je le suis devenue à la suite de la perte d'un emploi qui m'était cher. Cela peut vous sembler curieux mais en fait, quand on y réfléchit pas tant que ça. Vous savez, on porte tous sur ses épaules le poids de son enfance, le poids de l'héritage familial que l'on nous a transmis. On croit tout surmonter en se forgeant une carapace, qui devient de plus en plus épaisse à mesure du temps qui passe. On croit pouvoir faire face en se disant que la vie est devant soi, pas derrière ; que malgré les carence familiales, on est plus fort que ça. On avance pour s'éloigner d'un schéma familial toxique qui se reproduit de génération en génération (alcool, problèmes psy, carences affectives, délinquance etc...) On se protège comme on peut. On évite de se plaindre car ce n'est pas dans la plainte, ni dans un fonctionnement victimaire que l'on trouve son salut. On encaisse les coups, on envie les familles dites "normales" en s'en inspirant, en se disant que c'est cela que l'on veut transmettre plus tard, à ses enfants. On évolue et on ne baisse pas les bras.


Puis, un jour, alors que vous pensiez être costaud, vous perdez l'emploi qui vous avait apporté un cadre et une protection, au delà d'une situation professionnelle satisfaisante. Même si psychologiquement, vous tenez bon et vous vous dites qu'il ne faut pas vous laisser abattre, , votre corps commence à dérailler. Crampes musculaires, palpitations, maux d'estomac, vertiges, sensations d'oppression, fourmillements dans les membres, angoisse... Là, vous ne comprenez pas. Ce n'est pas la fin du monde, ce n'est juste qu'une perte d'emploi. Mais était-ce vraiment cela la source de ces manifestations physiques ? Au jour d'aujourd'hui, je peux vous dire que non. On peut toujours lutter, se battre mais arrive toujours un moment où le corps nous ramène à ce que nous avons de plus profondément enfoui en nous. On ne se sort pas d'un milieu ultra carencé en tout sans dommage sur le plan de sa construction personnelle. Le corps vient nous rappeler à quel point nos souffrances et blessures sont importantes, et que même si nous ne les verbalisons pas, elles existent. On pourrait s'arrêter là, se dire qu'il faut composer avec. Certes oui, mais il faut surtout prendre son courage à deux mains et aller regarder son enfance, son développement personnel et en analyser les compmosantes, quitte à réveiller une immense souffrance, celle de l'enfant perdu qui était et qui a eu de la peine à se construire, celle de l'adulte face à la réalité de sa famille et du mal que certains proches ont pu lui causer, consciemment ou non. Cela ne se fait pas tout seul, ni du jour au lendemain. Cela implique également de se retrouver complètement à terre, de se retrouver les jambes coupées car l'on vient casser notre construction pour commencer une re-construction. C'est une démarche longue et coûteuse sur le plan émotionnel mais c'est à ce prix que l'on peut se permettre d'envisager un avenir plus serein, et certainement plus équilibré, surtout si l'on veut casser ce schéma inter-générationnel qui fait que les situations et les problèmes se reproduisent d'une génération à l'autre sans que les gens ne s'en rendent compte, en tout cas, en soient conscients.


Ce travail de longue haleine perturbe fatalement notre vie au quotidien car il nous fragilise. Nous, qui nous pensions forts, nous voyons à présent comme une personne démunie, une personne totalement ébranlée qui entame sa renaissance. Accepter cela est très dur car c'est admettre que l'on est bien plus fragile que ce que l'on voulait admettre. Cela nous rend bien plus sensible aux changements, au stress, et ce d'autant plus en étant spasmophile, qui est un état d'hyperexcitabilité neuro-musculaire. Cela provoque des désagréments gênants avec lesquels il faut composer, surtout en cas de situations stressantes où les réactions normales liées au stress sont alors démultipliées. On peut vouloir le contrôler, se battre contre ça pour ne plus en ressentir les effets mais peut-on lutter vraiment contre son corps ? Ce serait mettre face-à-face "soi à soi" et je doute que cela aboutisse à un résultat positif. Je pense qu'au contraire, il faut accepter que notre corps s'exprime car il fait ressortir le trop-plein présent en nous. Il faut considérer cela coimme une période de sa vie, comme une étape avant autre chose et se donner le temps de la vivre tout en continuant le travail entamé sur soi. C'est long, fastidieux et lassant parfois, mais il faut avoir confiance en soi, en ses ressources et en la vie. Et, quand on a un entourage amical qui nous soutient (dédicace à ceux qui se reconnaîtront et que je remercie), cela permet de mieux traverser ce passage.


"Aie confiance en toi-même, et tu sauras vivre !" - Goethe

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 15:06

Pleurer sans savoir pourquoi.

Pleurer pour toutes ces fois,

Où on n'a jamais lâché

Par pure peur de la lâcheté.

 

Pleurer pour enfin se vider

De ses émotions refoulées.

Pleurer pour se sentir vivre,

Ou devrais-je dire, revivre.

 

Pleurer, c'est aussi accepter

Que l'on a tous des fragilités,

Qui peuvent être une force

Une fois retirée leur écorce.

 

Pleurer, c'est être vivant

Et être riche de sentiments.

Il ne faut pas fuir ses larmes,

Afin qu'elles deviennent armes.

 

L'arbre de la vie, ses racines,

Nous rappellent à nos origines.

Il porte le poids du passé,

Pour mieux, dans le ciel, s'élever.

 

Aussi, quand tu te mets à pleurer,

Laisse-toi vraiment aller et porter.

Non non, ne retiens pas cette pluie

Qui t'innonde, même si elle t'ennuie.

 

Laisse-la ruisseler à son gré.

Laisse-la sortir de son lit.

Apprivoise-là, mais ne lutte pas.

Car, de cela, tu en grandiras.

 

 

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 13:26

La prison, ça n'arrive pas qu'aux autres...


Olivier, 19 ans, bien intégré socialement, travaillait. Il était pompier volontaire comme son père et son grand-père. Sa famille était stable et ne rencontrait pas de difficultés particulières hormis quelques aléas qui touchent tout à chacun. Un soir, il devait être de garde pompier. Il ne pouvait pas car il devait aller à une fête avec des amis. Alors, il s'est fait remplacer par Marc. Marc est mort au feu ce soir-là. Dès cet instant, la vie d'Olivier a basculé. Sans que personne ne puisse vraiment déterminer pourquoi, il s'est mis à allumer des feux : des petits, puis des plus gros. Cela a causé beaucoup de dégâts, lésé de nombreuses personnes en plus de mobiliser à de nombreuses reprises ses collègues pompiers avec tous les risques que cela comporte. Deux ans après, il est interpellé au terme d'une enquête longue et minutieuse. Il est allé en prison.

 

La prison, ça n'arrive pas qu'aux autres...

 

Marcelle, 45 ans, vivait avec son concubin, Christian, depuis des années. C'était une nouvelle vie, un nouveau démarrage pour eux deux qui s'étaient séparés de leurs conjoints respectifs pour vivre ensemble. Christian travailait, pas Marcelle. Il avait des bons côtés mais il buvait, beaucoup trop. Il devenait violent lorsque l'alcool avait raison de lui. Marcelle l'aimait, donc elle restait avec lui malgré les coups, les disputes, et les reproches. Elle n'osait pas le quitter et avait peur de se retrouver seule. Elle se disait qu'il changerait. Il n'a pas changé. Des années passèrent... Puis, un jour, Marcelle, prise de désespoir et ne supportant plus la situation, eut un coup de folie. Elle prit un fusil, alla dans la chambre où dormait Christian et tira. Il a été tué sur le coup. Elle est allée en prison.

 

La prison, ça n'arrive pas qu'aux autres...

 

Lucie, 17 ans, vivait dans une famille bourgeoise où elle ne manquait de rien, sauf peut-être de la présence réelle de ses parents à ses côtés. Elle avait bénéficié d'une bonne éducation et travaillait bien à l'école. Elle avait un petit côté rebelle mais après tout, à 17 ans, âge de l'adolescence, c'est dans la normalité. Elle sortait beaucoup et fit de mauvaises rencontres qui lui firent découvrir les "plaisirs" vicieux des drogues. Elle y goûta, et en devint accroc. Il n'y avait plus que ses relations amicales qui comptaient, oubliant peu à peu sa famille. Elle mulitipliait les aventures sexuelles et très vite, franchit le pas de la prostitution. Elle s'est prostituée pour de l'argent. Elle s'est prostituée parce que ses "amis" la donnaient au plus offrant. Elle s'est prostituée parce qu'elle était trop défoncée. Elle fut impliquée dans des histoires sordides de vols. Elle s'est enfoncée malgré les divers rappels à l'ordre du Juge des Enfants, les placements en foyers, en famille d'accueil. Elle fuguait. Elle est allée en prison.

 

La prison, ça n'arrive pas qu'aux autres...

 

Thomas, Antoine et Jérémy avaient 20 ans. Ils respiraient la joie de vivre. Ce soir-là, ils avaient décidé d'aller en boîte pour aller draguer les filles. Eh oui, une discothèque est un super terrain de chasse pour des jeunes comme eux. Antoine avait l'habitude de porter un couteau sur lui. Il ne savait pas trop pourquoi mais il se disait que de cette manière, s'il se faisait agresser, il pourrait se défendre. Ils passèrent une bonne soirée, plutôt bien arrosée, voire même trop. Ils rencontrèrent de jolies filles dont une plaisait particulièrement à Antoine. Il passa à l'attaque pour la séduire. Il comptait bien finir la soirée avec elle. C'était sans compter sur ce gars qui à priori, avait les mêmes plans que lui. Ils s'accrochèrent dans la boîte, sur la piste de danse. Antoine se prit un coup de poing, il ne put répliquer car l'alcool faisait qu'il avait du mal à réagir. Il sortit sur le parking pour ruminer sa colère, bientôt rejoint par ses amis. Son rival sortit à son tour. Une dispute et une bagarre éclatèrent entre les deux. Antoine sortit son couteau et le planta à deux reprises dans la poitrine de l'autre garçon qui mourrut des suites de ses blessures à l'hôpital. Il est allé en prison.

 

La prison, ça n'arrive pas qu'aux autres...

 

Gilles avait 50 ans. Il était chauffeur. Il aimait bien boire un petit coup avec ses collègues ou ses amis quand l'occasion se présentait. Il avait une bonne descente et supportait bien l'alcool. Pour lui, cela ne le gênait pas de conduire ensuite. Il trouvait qu'il avait toujours les mêmes réflexes alors qu'on sait très bien que cela est faux. Il ne craignait pas d'avoir un accident mais de se faire contrôler par les gendarmes et de se faire retirer son permis de conduire. Son permis, c'était son métier, sa vie. Il se fit contrôler. Il était positif à l'alcool. Il fut condamné et fut l'objet d'une suspension de permis. Mais il ne voulut rien entendre. Il continua à conduire, à boire plus que de raison quand il mettait le nez dedans. Il fut à nouveau arrêté, condamné avec une annulation de permis mais il ne comprenait toujours pas. A force, il est allé en prison.

 

La prison, ça n'arrive pas qu'aux autres...

 

Nino, 19 ans, a passé son enfance et adolescence à errer entre foyers et familles d'accueil. Sa mère était toxicomane, son père, un braqueur, qui était incarcéré. Il était fils unique et vivait très mal cette situation. Il voulait vivre avec ses parents mais ceux-ci étaient bien incapables de s'occuper de lui. Ils ne le voulaient pas et ne le pouvaient pas de toute façon. D'ailleurs, avant qu'il soit retiré de sa famille, on ne peut pas dire qu'il se trouvait dans un climat propice à son bon développement moral entre sa mère qui se défonçait et son père qui ne vivait que dans le délit. Il avait développé beaucoup d'instabilité et manquait de repères. Il se fit très vite entraîner par d'autres jeunes sur la voie de la délinquance. Il s'était dit qu'il ne finirait pas comme ses parents et pourtant... Vols, deal de stups, bagarres, outrages, rébellions furent son lot quotidien. Il est allé en prison.

 

La prison, ça n'arrive pas qu'aux autres...

 

Hervé avait 46 ans. Il vivait à la rue depuis qu'il avait tout perdu : emploi, femme, logement. En fait, il n'avait pas su faire face quand il s'était retrouvé au chômage. Sa femme ne travaillait pas et pour lui, l'homme de la maison, c'était dénigrant que de ne pas subvenir aux besoins de son foyer. Il avait beau chercher, il ne trouvait pas de nouvel emploi durable. Il devenait invivable à la maison et sa femme finit par le quitter. Ce fut comme un coup de massue pour lui, un de plus. Alors, il se mit à boire, boire pour oublier. Peu à peu, le peu d'argent qu'il gagnait partait dans la boisson. Il ne pouvait plus payer ses factures et s'endettait. Il se fit expulser après des mois de procédure. Il ne gérait plus rien, se laissait descendre. Une fois à la rue, l'alcool ne lui suffisait plus pour se soulager. Il découvrit l'héroïne. Cela lui faisait du bien, pensait-il, car au moins, quand il était stone, il ne pensait plus à rien. Il en devenait dépendant et lui en fallait toujours plus. L'argent qu'il récoltait en faisant la manche ne suffisait pas alors il volait. Il volait pour s'acheter sa dose, il volait pour s'acheter de l'alcool ou des cigarettes, il volait pour manger. Il est allé en prison.

 

 

Alors non, la prison, ça n'arrive vraiment pas qu'aux autres. On a beau se sentir protégé, ou essayé de se sentir protégé, il faut bien reconnaître que personne n'est à l'abri d'aléas qui un jour, peuvent tout faire basculer dans sa vie ou celle de ses proches. Penser que ça n'arrive qu'aux autres, c'est aussi, en quelque sorte, vouloir se cacher cette part d'ombre de l'humanité dont on n'aimerait jamais souffrir, ou qu'on n'aimerait ne pas sentir proche de nous, un peu comme lorsqu'on croise des SDF dans la rue et qu'on détourne le regard pour ne pas voir. Mais ne pas voir ne veut pas dire que cela n'existe pas...

 

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 09:52

Si j'étais Garde des Sceaux, je ferais en sorte que le budget alloué à la Justice soit digne de ce nom.

Si j'étais Garde des Sceaux, le personnel aurait enfin les moyens humains et matériels de mener à bien ses missions.

Si j'étais Garde des Sceaux, les délais de jugement et d'application de ceux-ci seraient raisonnables.

Si j'étais Garde des Sceaux, je mettrais en oeuvre une politique pénale respectueuse des droits de chacun, prévenus, condamnés, parties civiles, en accordant une place non-négligeable au volet réinsertion, ceci contribuant à la prévention de la récidive.

Si j'étais Garde des Sceaux, les prisons seraient enfin à la hauteur d'un pays dit civilisé : plus de matelas au sol, plus de locaux insalubres, plus de surpopulation, plus de conditions de détention indignes...

Si j'étais Garde des Sceaux, je veillerais à ce que l'individualisation des peines soit la règle.

Si j'étais Garde des Sceaux, la prison ne serait plus la référence en matière de peine, puisque nous aurions d'autres alternatives bien plus efficaces et bien plus utiles.

Si j'étais Garde des Sceaux, J'essaierais d'innover en misant sur des programmes qui ont fait leur preuve ailleurs tels que ceux portant sur la justice restaurative.

Si j'étais Garde des Sceaux, la France ne serait plus condamnée par la CEDH.

Si j'étais Garde des Sceaux, l'indépendance de la Justice serait vraiment respectée.

Si j'étais Garde des Sceaux, la récidive serait exceptionnelle.

Si j'étais Garde des Sceaux, enquêteurs, magistrats, greffiers et avocats marcheraient main dans la main pour une Justice plus juste.

Si j'étais Garde des Sceaux, ce serait le monde merveilleux des bisounours, où tout va bien, où rien ne dysfonctionne, où tout le monde est heureux.

Si j'étais Garde des Sceaux, j'éviterais de garder des sots dans nos rangs.

Si j'étais Garde des Sceaux..

Si j'étais Garde des Sceaux...

Si j'étais Garde des Sceaux...

 

Mais je ne suis pas Garde des Sceaux... Triste non ?

J'en ai assez d'entendre de beaux discours sans que rien ne change ; assez d'attendre des choses qui ne viennent pas ; assez de croire au changement qui n'arrive pas...

 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 13:03

Tu pourriras l'ambiance au sein de l'équipe car il n'y a que dans ces conditions que l'on travaille bien.

 

Se tirer dans les pattes, tu feras. Cela améliorera les relations entre collègues.

 

Tu ne communiqueras pas sur les affaires encours, cela nuira à la résolution de celles-ci.

 

Tu insulteras les usagers, histoire de les calmer cinq minutes.

 

Tu inciteras les gens se crêper le chignon pour rien. Il faut bien qu'ils se défoulent.

 

Tu les conduiras à aller porter plainte au commissariat de police, l'amiable c'est le mal.

 

Tu ne prendras pas le temps d'écouter leurs paroles puisque tu as piscine et que tu as une vie en dehors de ton travail, et qu'ils n'ont pas de temps à te faire perdre.

 

Tu les laisseras se dépatouiller de leurs ennuis. Est-ce que tu vas les voir lorsque tu en as toi ? Non ? Ben alors...

 

Tu n'iras pas voir les sans domicile fixe. Ils sont très bien dans la rue. Et si tu peux les cacher de la vue du public, ce sera encore mieux.

 

En cas de crise de démence ou de pathologies particulières, à l'écart, tu resteras. Tu n'es pas psychologue, ce n'est pas à toi de t'en occuper.

 

 

Amen...

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 12:15

 

Cela fait longtemps que je n'ai rien écrit ici, aussi, je vais corriger cette carence de ce pas. En revanche, je vais aborder un thème un peu différent de ceux dont vous avez eu à connaître jusque-là.

 

En effet, qui n'a jamais ressenti un jour son coeur battre à cent à l'heure, en ayant l'impression qu'il allait sortir de sa poitrine, en situation de stress ? Ce réflexe est naturel en cas de danger réel. C'est une réaction de défense de l'organisme face à un événement, qui lui permet de provoquer une réaction adaptée de notre part. Jusque là, tout est normal. Ce qui ne l'est pas, c'est quand ces réactions se produisent face à des situations non-dangereuses, où le danger ne se situe que dans l'inconscient et dans la peur d'avoir peur.

 

C'est un peu ce qu'il m'arrive depuis que j'ai quitté la gendarmerie... On n'a pas idée de ce que certains événements peuvent provoquer dans le subconscient d'une personne. Pour ma part, je n'avais jamais eu à connaître de tels troubles auparavant. Cela a commencé quand ma situation professionnelle au sein de l'institution s'est dégradée. Un jour, alors que je prenais l'autoroute pour rentrer chez moi après un week-end passé dans ma famille, j'ai senti mon coeur s'emballer, mes bras et mes jambes se raidir, mon cou aussi, avec la sensation que j'allais faire un malaise alors que je conduisais. Je me suis arrêtée sur la bande d'arrêt d'urgence pour reprendre mes esprits, ne sachant ce qu'il m'arrivait. Après un retour au calme, et de grandes inspirations, j'ai repris la route sans que cela ne se reproduise. Puis, à mesure, que le temps passait, à mesure que la fin de mon contrat approchait suite au non passage de carrière, ces crises se sont intensifiées, intervenant à chaque fois sur le trajet entre mon lieu de repli et mon lieu de vie (de travail aussi), d'abord au retour, puis à l'aller également. Dès que je prenais l'autoroute, c'était la croix et la bannière. J'ai même fini aux urgences une fois à cause de cela car j'étais alors en pleine crise de panique et incapable de contrôler quoi que ce soit. J'ai très vite pu en identifier les causes. L'angoisse n'était pas liée au fait de prendre l'autoroute mais à mon avenir dont je perdais le contrôle, ne sachant de quoi il serait fait. Ces crises sur l'autoroute n'étaient en fait qu'un symptôme de mon malaise "psychologique". Quitter la gendarmerie a été une épreuve douloureuse qui m'a confronté à beaucoup de choses refoulées depuis mon enfance. Aujourd'hui, ça je l'ai compris mais ces attaques de panique n'ont pas décidé de me lâcher pour autant.

 

En effet, l'été dernier, alors que je partais en vacances en voiture en prenant l'autoroute, cela m'a repris, alors que je n'en avais pas eu depuis 6 mois. Je remercie mon inconscient de m'avoir rappelé cela, non mais vraiment, je vous jure. C'est simple, si à la base, l'autoroute n'était pas un problème, elle l'est devenue par le simple fait que lors du premier épisode, ces crises m'ont donné la trouille. Pour le coup, dans mon cerveau, cela fait TILT : autoroute = crise = peur = peur d'avoir peur = crise . Triste constat que j'ai encore eu l'occasion d'expérimenter hier alors que je me rendais aux épreuves d'un concours. J'ai eu à emprunter une portion d'autoroute. Un début de crise m'a gagnée mais comme aujourd'hui je sais ce que c'est et pourquoi cela arrive, j'arrive plus ou moins à contrôler et gérer. No panique ! On respire, on se dit qu'on a le droit d'avoir peur, que ce n'est rien et que notre corps ne fait qu'exprimer ce que l'on a au plus profond de soi. Il est fort probable que le stress du concours y ait eu un effet cela dit. (Rassurez-vous, ça ne m'a pas déconcentré pour un sou !) A moi de déconditionner mon cerveau à présent, et c'est encore un nouveau combat.

 

Car il serait trop simple, vraiment, que les causes ne soient dépendantes que de moi. J'ai la chance, ou plutôt la malchance, d'avoir une maman souffrant de sérieux troubles agoraphobes depuis sa jeunesse. Elle ne le reconnaît pas et bien sûr, ne fait rien pour y pallier. Pour elle, tout est danger à l'extérieur. Faut faire attention à tout, on pourrait se faire agresser, violer, tuer, voler, dilapider parce que les gens sont tous méchants et que le monde va mal les amis. Elle arrive à sortir de chez elle mais pas plus loin que les lieux connus. Dès qu'il s'agit d'aller en ville ou d'aller voyager pour voir du monde, elle n'est plus là. Elle trouvera toujours un prétexte pour éviter la situation. Avec l'un de mes frères, on a voulu lui offrir des billets de train pour qu'elle aille voir un membre de sa famille, retrouvé il y a peu, elle n'y est pas allée... Quand je pars en voyage... Et puis non, je vous passerais tout ce qu'elle peut me sortir tellement c'est énorme. Toujours est-il que si je l'écoutais, j'aurais dû être agressée dix milliards de fois.

 

Et voilà, à force de vivre dans un tel schéma, je vous laisse imaginer ce que ça peut laisser comme trace, sauf que moi, je fais ce qu'il faut pour prendre le dessus et avancer. D'ailleurs, il n'y a que le fait de prendre l'autoroute en voiture qui me provoque des sensations bizarres, je suis loin d'être une ermite. Ma foi, si mon corps veut s'exprimer, qu'il le fasse, je composerai toujours avec lui, et pas contre lui. Il faut parfois du temps pour panser des blessures profondes trouvant leur source dans la plus tendre enfance et si, parfois le cerveau feint d'oublier, c'est le corps mêlé au subconscient qui le rappelle.

 

 

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