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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 18:55

Quel grand mot barbare pour en fait désigner un comportement propre à beaucoup de personnes ! Peut-être l'êtes-vous?

 

L'autre jour, alors que je promenais mon fidèle compagnon à quatre pattes dans la forêt, mon attention a été attirée par une dame qui s'adonnait à la même activité. La forêt est en effet ce point de rencontre vers lequel êtres vivants de tous poils et de toutes espèces convergent afin de se délasser. Son chien, un petit Shi tzu, avait fière allure. Je ne dis pas cela parce que cet animal est un noble cousin Tibétain de mon poillux non non, enfin quoique.. Il y avait de quoi en même temps : une belle petite tête au port altier, un beau poil abondant couleur sable avec une once de noir, une queue bien touffue en panache, des yeux vifs et brillants. Il répondait au nom de Stitch (une fan du dessin animé, je présume), de quoi ravir ceux dont l'image passe aussi par leur chien. D’ailleurs, ça me fait penser que l’on prête régulièrement des ressemblances entre chiens et maîtres lorsqu’on s’y attarde un peu. C’est flagrant comme parfois l’animal reflète tout à fait le maître, même jusque dans les détails physiques.

 

Je l'ai constaté une fois chez le vétérinaire où un bouledogue attendait son tour. Je peux vous dire qu'il ressemblait à son maître qui avait la même bouille. (un peu moins frippé quand même). En effet, il est vrai qu'il y a des propriétaires de compagnons à quatre pattes qui en possèdent afin de satisfaire leur ego. Il en résulte d'ailleurs ce que l'on sait lorsque l'on se rend dans les divers refuges animaliers où ces petits êtres payent l’inconscience de leurs humains et pour lesquels ils sont devenus résolument trop encombrants. Par ailleurs, c'est un fait que l'on a tendance à choisir un chien selon sa personnalité, selon son carcatère quand ce n'est pas lui tout simplement qui nous choisit, comme pour faire vivre un mariage susceptible de durer quelques années. Un chien n'est pas une peluche, ni un objet que l'on prend par effet de mode pour ensuite le jeter comme l'on se débarrasse de ses effets usagés. Je ne suis pas Brigitte Bardot, je ne suis pas non plus l’une de ces extrémistes de la condition animale, mais je m’accorde à dire que tout être vivant doit être respecté non pas comme un objet, bien qu’au niveau juridique il s’agisse d’un bien, mais comme un être.

 

Je m'arrête donc discuter avec cette personne qui m'expose fièrement les derniers résultats de son animal préféré en exposition canine. Un vrai champion semble-t-il, à ses dires : plusieurs fois primé, plusieurs fois félicité. Une pro de l’expo ! Elle me raconte les divers soins : shampoings, brossages, vernis, parfums, ce plusieurs fois par semaine, voire même par jour selon les périodes. Il adore qu'on s'occupe de lui me dit-elle. Est-ce lui qui adore ou simplement mémère qui adore chouchouter son chien? Je pense que le problème se pose plus dans ce sens-là à mon sens. En me retournant, j'aperçois son "chéri" commençant à jouer avec le mien. Il court, batifole et fait le foufou. Et là, malheur, il se roule. Mon Dieu, horreur, et son beau pelage si bien peigné ! Le drame ! Éclats de voix de madame qui hurle sur son Stich ! J'ai eu envie de rire et j'ai ressenti de la tristesse pour ce chien qui, subitement, se faisait brimer par sa maîtresse pour une petite roulade. On se demande bien ce qu'elle faisait alors en forêt, endroit propice à toute sorte de rencontres, de jeux, mais surtout espace de promenade fort agréable pour nos amis à quatre pattes. Peut-être n'a-t-elle pas lu le "mode d'emploi" quant à la vie qu'ont les chiens de manière générale. Eh oui, c'est un scoop, ils se roulent, et de préférence, quand l'occasion se présente, dans tout ce qui est odorant, c'est tellement mieux. À cet instant, ce n'était pas le cas, cela faisait juste partie d'une séquence de jeu avec mon chien. Madame, horrifiée, a vite repris son loulou dans les bras, ajoutant qu'elle avait gros à faire pour rattraper tout ça. Je l'ai vue repartir, Stitch dans ses bras, les petits yeux rivés sur ma boule de poils, résigné peut-être. Mais c'est pour son bien, bien sûr....

 

Paraître beau, toujours bien peigné, pomponné, il n'y a bien que nous les humains pour s'en soucier. Le chien s'en contrefiche, mais il adore tellement faire plaisir à ses maîtres qu'il accepte tout d'eux même ce qui est contraire à sa nature.

 

La plus belle preuve d'amour que l'on peut offrir à son animal est de l'accepter tel qu'il est, avec les caractéristiques propres à son espèce. C'est une entité à part entière. C'est à nous de le comprendre et non l'inverse. Lui donner des aspirations humaines, c'est le renier dans ce qu'il est, un être à part, qui est heureux lorsqu'on lui permet de vivre une vie de chien.

 

Rendons aux chiens ce qui est aux chiens ! (Valable également pour l'ensemble des animaux...)

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Published by tinotinoblog - dans Réflexions
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commentaires

tschok 12/03/2012 13:12


@ Tinotino,


 


Qu'est ce que ça veut dire "fausser les rapports"? Qu'est ce que ça veut dire "aller à l'encontre de sa nature"?


 


Le désir d'authenticité est complètement humain, votre cheval, lui, s'en fout. Il n'intellectualise pas. Et sa nature, je ne sais pas ce que c'est.


 


je vais vous raconter une histoire, celle d'un cheval de ferme, il y a bien longtemps. Ce cheval était attelé à une cariole et employé pour les travaux de la ferme, mais il était maltraité par
son cocher, un garçon de ferme poivrot et violent, qui lui en faisait voir de toutes les couleurs, bien qu'on le lui interdise.


 


Un jour, le garçon de ferme a positionné son attelage le cul face à une porte de grange fermée, pour faciliter le déchargement. Il est descendu de la cariole pour aller ouvrir la porte. Alors
qu'il était derrière l'attelage, le cheval a enclenché la marche arrière. L'autre a rien vu venir et s'est retrouvé coincé entre la porte et l'attelage, bloqué par le plancher de la cariole au
niveau du thorax. Tout le monde s'est précipité pour faire avancer le cheval, mais personne n'a rien pu faire: ni les coups ni les cris n'y ont rien changé et le cheval n'a pas bougé d'un
centimètre tant que le mec était pas crevé.


 


Parait qu'au moment où il a poussé son dernier soupir le cheval a avancé d'un pas, tranquillement, comme s'il savait que l'affaire était réglée. Elle l'était d'ailleurs: le mec était raide mort.


 


Des histoires paysannes comme ça, il en existe. Celle là me vient de mon grand père. La bête n'était pas connue pour être vicieuse, mais à un moment elle en a eu marre, faut croire. Des cochers
sadiques piétinés par leur cheval ou écrasés par leur attelage, ça existe, on a des témoignages multiples dans la littérature ou autre.


 


Les chevaux, faut pas leur souffler dans les naseaux trop longtemps, parce qu'il leur vient comme des envies de meutre et qu'ils ont une puissance que nous on n'a pas.


 


Alors, c'est quoi la nature d'un cheval? Vous dites que c'est un animal proie, moi je veux bien, mais ça se discute.

tinotinoblog 14/03/2012 18:17



Historiquement, ça l'est. D'ailleurs, face au danger, un cheval préférera toujours prendre la fuite, c'est un fait avéré. Je ne l'invente pas. Je l'ai constaté depuis le temps que je côtoie des
chevaux. C'est d'ailleurs en pensant à cela qu'on le comprend et qu'on l'appréhende mieux. Le cheval a longtemps été chassé par des prédateurs, puis par l'Homme. L'évolution a fait qu'il a été
domestiqué mais on ne retire pas certains aspects qui sont inscrits dans ses gènes.


J'entends bien votre anecdote qui ressemble à celle d'autres paysans. Je veux bien croire que le fait de côtoyer les humains puisse modifier le comportement animal mais comme vous le dites, il
n'intellectualise pas. Le désir de vengeance est typiquement humain, pas animal. Par nature, un animal n'est pas méchant mais il peut se transformer au regard de ses relations avec les humains.
Tuer par sadisme n'existe pas dans le règne animal.



tschok 12/03/2012 12:41


@ VyGER91,


Ce qui tombe plutôt bien dans mon cas, puisque je ne suis pas scientifique.


 


Il ne faut pas vivre sous le diktat l'anthropomorphisme-c'est-mal. C'est juste pas la bonne méthode quand on est scientifique et qu'on étudie les animaux. Mais quand on vit avec, c'est pas si
idiot que ça.


 

VyGER91 09/03/2012 23:27


@tschok: Vous justifier l'anthropomorphisme par ... l'anthropomorphisme. Je vous confirme que ce n'est pas une approche scientifique du comportement animal.

tschok 05/03/2012 11:12


Bonjour Tinotino,


 


Ah! Je ne sais pas si je suis d'accord avec vous là dessus. Certes, on comprend bien que ce chien est devenu l'objet des passions de sa mémère et que ce n'est certainement pas la meilleure façon
de l'aimer.


 


Mais d'un autre côté, nous communiquons avec les animaux et ça marche dans les deux sens: les animaux domestiques eux-mêmes réclament qu'on leur prête des sentiments humains. Ils reproduisent des
situations sociales de leur propre initiative, par leur propre créativité. Ils miment des comportements humains, ils sont capables d'anticipation, et donc de stratégie, et sont demandeurs
d'affection.


 


L'anthropomorphisme est d'abord un comportement animal. Au contact de l'homme, l'animal domestique perfectionne ses processus intellectuels primitifs pour les faire évoluer. On pourrait dire que
le niveau intellecuel des animaux domestiques monte au contact de l'homme, parce qu'il les place dans des situations plus complexes que celles dans lesquelles la nature peut les placer. Donc,
l'animal s'adapte en apprenant de l'être humain.


 


Du coup, par symétrie, l'anthropomorphisme devient un bon mode de communication avec l'animal. C'est après tout la récompense qu'il attend. Je ne vous dis pas qu'il faut en faire une méthode
scientifique d'approche de l'intelligence animal, mais en tout cas c'est un bon mode de communication.

tinotinoblog 07/03/2012 16:06



Bien sûr que l'intelligence animale évolue au contact de l'homme ! C'est évident. Ceci étant, il faut veiller égalment à ne pas lui prêter d'aspirations humaines qui pourraient fausser les
rapports entretenus avec lui et aller à l'encontre de sa nature.


 


Je vais vous donner un exemple. Le cheval, par nature, est un animal-proie. Il préférera toujours prendre la fuite en cas de danger ou de peur. La domestication, l'imprégnation font qu'il peut
surmonter certains obstacles. Cependant, il ne faut jamais renier ce qu'il est car cela conditionne beaucoup de ses réactions. Je m'explique. En ballade, un jour, un enfant s'est mis à crier
subitement. Le cheval que je montais a eu peur et afait un écart : réaction normale pour lui au vu de sa nature, réaction pouvant être jugée stupide pour nous humains.


 


C'est en ce sens que je parle d'anthropomorphisme. C'est un peu dans le même genre que lorsque vous éduquez un chien. Il faut s'adapter au comportement canin et à ses réactions. On ne dit pas au
revoir à un chien par un grand cérémonial lorsqu'on s'en va même si l'on trouve cela normal. Pour lui, c'est synonyme de stress. On ne lui vernit pas les ongles comme on mettrait du vernis à une
poupée. En plus, cela peut être néfaste pour sa santé s'il lèche. 



VyGER91 04/03/2012 19:50


On peut même se demander dans quelle mesure ce n'est pas de la cruauté envers les animaux de compagnie.

tinotinoblog 05/03/2012 22:55



Cruauté peut-être pas encore que... mais de l'excès, ça oui ! D'ailleurs, au pays de l'oncle Sam, ils ont de moins en moins de limites face au business que représente celui des animaux de
compagnie.



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