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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 11:24

Cela peut vous paraître anodin mais c'est tellement important. En effet, ne pensez jamais que le corps et l'esprit sont deux entités totalement séparées qui n'interagissent aucunement entre eux, vous vous leurreriez !


J'ai 31 ans et je suis spasmophile, ou plutôt je le suis devenue à la suite de la perte d'un emploi qui m'était cher. Cela peut vous sembler curieux mais en fait, quand on y réfléchit pas tant que ça. Vous savez, on porte tous sur ses épaules le poids de son enfance, le poids de l'héritage familial que l'on nous a transmis. On croit tout surmonter en se forgeant une carapace, qui devient de plus en plus épaisse à mesure du temps qui passe. On croit pouvoir faire face en se disant que la vie est devant soi, pas derrière ; que malgré les carence familiales, on est plus fort que ça. On avance pour s'éloigner d'un schéma familial toxique qui se reproduit de génération en génération (alcool, problèmes psy, carences affectives, délinquance etc...) On se protège comme on peut. On évite de se plaindre car ce n'est pas dans la plainte, ni dans un fonctionnement victimaire que l'on trouve son salut. On encaisse les coups, on envie les familles dites "normales" en s'en inspirant, en se disant que c'est cela que l'on veut transmettre plus tard, à ses enfants. On évolue et on ne baisse pas les bras.


Puis, un jour, alors que vous pensiez être costaud, vous perdez l'emploi qui vous avait apporté un cadre et une protection, au delà d'une situation professionnelle satisfaisante. Même si psychologiquement, vous tenez bon et vous vous dites qu'il ne faut pas vous laisser abattre, , votre corps commence à dérailler. Crampes musculaires, palpitations, maux d'estomac, vertiges, sensations d'oppression, fourmillements dans les membres, angoisse... Là, vous ne comprenez pas. Ce n'est pas la fin du monde, ce n'est juste qu'une perte d'emploi. Mais était-ce vraiment cela la source de ces manifestations physiques ? Au jour d'aujourd'hui, je peux vous dire que non. On peut toujours lutter, se battre mais arrive toujours un moment où le corps nous ramène à ce que nous avons de plus profondément enfoui en nous. On ne se sort pas d'un milieu ultra carencé en tout sans dommage sur le plan de sa construction personnelle. Le corps vient nous rappeler à quel point nos souffrances et blessures sont importantes, et que même si nous ne les verbalisons pas, elles existent. On pourrait s'arrêter là, se dire qu'il faut composer avec. Certes oui, mais il faut surtout prendre son courage à deux mains et aller regarder son enfance, son développement personnel et en analyser les compmosantes, quitte à réveiller une immense souffrance, celle de l'enfant perdu qui était et qui a eu de la peine à se construire, celle de l'adulte face à la réalité de sa famille et du mal que certains proches ont pu lui causer, consciemment ou non. Cela ne se fait pas tout seul, ni du jour au lendemain. Cela implique également de se retrouver complètement à terre, de se retrouver les jambes coupées car l'on vient casser notre construction pour commencer une re-construction. C'est une démarche longue et coûteuse sur le plan émotionnel mais c'est à ce prix que l'on peut se permettre d'envisager un avenir plus serein, et certainement plus équilibré, surtout si l'on veut casser ce schéma inter-générationnel qui fait que les situations et les problèmes se reproduisent d'une génération à l'autre sans que les gens ne s'en rendent compte, en tout cas, en soient conscients.


Ce travail de longue haleine perturbe fatalement notre vie au quotidien car il nous fragilise. Nous, qui nous pensions forts, nous voyons à présent comme une personne démunie, une personne totalement ébranlée qui entame sa renaissance. Accepter cela est très dur car c'est admettre que l'on est bien plus fragile que ce que l'on voulait admettre. Cela nous rend bien plus sensible aux changements, au stress, et ce d'autant plus en étant spasmophile, qui est un état d'hyperexcitabilité neuro-musculaire. Cela provoque des désagréments gênants avec lesquels il faut composer, surtout en cas de situations stressantes où les réactions normales liées au stress sont alors démultipliées. On peut vouloir le contrôler, se battre contre ça pour ne plus en ressentir les effets mais peut-on lutter vraiment contre son corps ? Ce serait mettre face-à-face "soi à soi" et je doute que cela aboutisse à un résultat positif. Je pense qu'au contraire, il faut accepter que notre corps s'exprime car il fait ressortir le trop-plein présent en nous. Il faut considérer cela coimme une période de sa vie, comme une étape avant autre chose et se donner le temps de la vivre tout en continuant le travail entamé sur soi. C'est long, fastidieux et lassant parfois, mais il faut avoir confiance en soi, en ses ressources et en la vie. Et, quand on a un entourage amical qui nous soutient (dédicace à ceux qui se reconnaîtront et que je remercie), cela permet de mieux traverser ce passage.


"Aie confiance en toi-même, et tu sauras vivre !" - Goethe

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Published by tinotinoblog - dans Réflexions
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Aragon 01/09/2013 12:56


Remarque : vous savez dire les choses, et bien. C'est déjà beaucoup. Quand on ne sait pas, c'est pire.

Aragon 01/09/2013 12:55


«fastidieux et lassant parfois» : ah, des fois, j'aurais envie de dire à mon corps : « oui bon, j'ai compris,
tu pourrais pas un peu arrêter là ? ».


Merci pour ce billet, et bon courage même si c'est sans doute un peu une belle jambe.

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