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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 10:21

Parfois, il y a des choses qui énervent et me font sortir de mes gonds. Je veux parler de la jubilation de certains que je n'appellerais pas journalistes car ils ne méritent pas cet honneur (ce serait dégradant pour les vrais), à vouloir créer le buzz sur internet en se fichant éperdument de certains principes, en se fichant des humains qu'ils lancent en pâture sur la place publique. Pour ceux qui sont sur Twitter, je pense que vous comprenez à quoi je fais allusion, pour les autres, je m'en excuse mais je ne ferai pas de publicité à un homme qui n'en mérite pas.

 

Je crois que le moment est opportun pour vous parler du travail de tous ces magistrats, ou autres professionnels du droit sur le réseau social qu'est Twitter. Au travers de leurs tweets, ils opèrent une démarche véritable de "vulgarisation" du milieu judiciaire en le rendant accessible à tous. Derrière chaque twitto se cache un justiciable qui, pour le coup, s'offre une fenêtre sur ce milieu qu'il méconnaît, et sur lequel il nourrit tant de fantasmes bien souvent erronés. C'est une plus value pour l'institution judiciaire que d'avoir cet interface qui permet bien souvent de ramener le citoyen à la réalité, celle que vivent au quotidien nos magistrats. L'ignorance crée bien souvent des fausses idées nuisibles en accentuant le fossé entre la Justice, et ceux qu'elle sert. Enfermer les magistrats dans ue sorte de tour d'ivoire, c'est les conforter dans ce que beaucoup leur reproche : leur manque d'ouverture. Outre le côté humoristique, il y a un réel travail pédagogique qui est fait quand des justiciables les interpellent sur un sujet précis pour avoir leurs éclairements, ou quand ils réagissent à leurs tweets et se voient donner des explications. Bien souvent, "in real life" (geek jusqu'au bout), ces mêmes personnes n'oseraient pas le faire, et à vrai dire, n'oseraient tout autant pas franchir la porte d'un tribunal.

 

Cela s'applique à tous ceux qui exercent certaines professions (policiers, gendarmes, avocats, médecins, psychologues, fonctionnaires de tel ou tel service etc...). Ces corps de métiers sucitent beaucoup d'interrogations parce que méconnus. Cette méconnaissance nourrit l'imagination des gens qui développent ainsi de fausses idées, ce qui est regrettable. Alors pourquoi ne pas considérer que Twitter a son utilité publique quand il s'agit de donner à la portée de tous, ce qui n'existe pas autrement ?

 

L'humour n'enlève rien au sérieux des personnes qui tweetent. Ca ne remet pas en cause le professionalisme de celles-ci. C'est un moyen comme un autre de servir de soupape. Moi-même, lorsque j'étais gendarme, j'ai pu être amenée à rire, à faire de l'humour alors que nous étions sur une découverte de cadavre. Cela peut paraître incongru au regard de la situation, mais on en est tous là, à un moment, on relâche la pression pour mieux se concentrer sur sa mission, par ce qu'on est humain. Cela ne nous a pas empêcher de faire notre travail comme il devait être fait. Et que dire des tweets que j'écrivais à l'époque ? Je ne me souviens plus exactement de leur contenu, mais me semble bien que certains auraient pu être qualifiés de déplacés si vraiment on s'arrête au premier degré. Pourtant, en faisant cela, je sais aussi que cela a intéressé des gens sur le métier de gendarme et que cela a permis d'ouvrir le dialogue en démystifiant un peu ce corps de métier. 

 

Il faut libérer l'expression ! 

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Published by tinotinoblog - dans Réflexions
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CoralieF 01/12/2012 19:46


Entièrement d'accord avec ton billet, comme avec le commentaire précédent. Je voudrais juste ajouter deux précisions, comme journaliste:


- Twitter est précieux pour nous, comme le sont tous les échanges informels qui permettent de comprendre une institution/situation. Il est de plus en plus dur pour la presse de recueillir une
parole qui ne passe ni par le filtre officiel ni par le filtre syndical (les deux sont fort légitimes mais restent des filtres). Or c'est cette variété de points de vue qui permet d'affiner
ses questions, de chercher dans la bonne direction, de percevoir les nuances...


Je donne un exemple: avec des infos officielles, on peut décrire la réforme de la garde à vue et retracer sa genèse. Mais pour analyser ses conséquences ? Comprendre dans quelles affaires
l'impact est majeur ? Ou comment les petits barreaux peuvent s'organiser ? L'abondance de témoignages est irremplaçable.


- Symétriquement, déterminer quels propos on cite dans un papier est une question centrale pour les journalistes (et l'était bien avant Internet). Les relations de confiance en dépendent. Dans
mon média, le critère est: cette personne s'exprime-t-elle dans un contexte public ? Si ce n'est pas le cas, accepte-t-elle clairement d'être citée ?


Ce n'est pas à entendre au sens juridique, et c'est là que l'honnêteté intellectuelle du journaliste intervient (ou pas... ): avec un politique ou une personnalité habituée aux médias, la conscience du caractère public est présumée, sauf si votre
interlocuteur demande le "off". Avec quelqu'un d'autre, surtout s'il est astreint à un devoir de réserve ou que votre papier lui fait courir un risque (salarié non protégé témoignant sur son
employeur), la prudence s'impose.


Lorsque deux magistrats qui se connaissent échangent des plaisanteries, ça n'a pas le même sens que de live-twitter une audience "à la cantonade". Techniquement les deux sont publics, bien sûr.
Mais la moindre des choses aurait été de faire sentir la nuance dans l'intention, et de rappeler la teneur générale des tweets des deux intéressés, souvent pédagogues et visiblement investis dans
leur métier. A mon sens, et faute d'enquête administrative préalable à l'article, il aurait surtout fallu s'abstenir de créer une polémique de toutes pièces...

VyGER91 30/11/2012 20:21


Je suis complètement d'accord avec toi.


Je suis des twittes, des blogs et sites de policiers, gendarmes, juristes et médecins car je m'intéresse à ces professions et que cela permet d'en avoir une vision "vu de l'intérieur" et "au jour
le jour". Si j'en avais le temps, je suiverai avec plaisir plusieurs autres domaines / professions.


Une succession de "tranches de vie" donne une bien meilleure impression de l'ambiance générale qu'une description académique. Et les "tranches de vie" ça va immanquablement couvrir toutes ces
petites choses qu'on fait, dit ou pense et qu'on aurait pas du faire, dire ou penser ... mais on est des humains, pas des machines.

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