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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 12:15

 

Cela fait longtemps que je n'ai rien écrit ici, aussi, je vais corriger cette carence de ce pas. En revanche, je vais aborder un thème un peu différent de ceux dont vous avez eu à connaître jusque-là.

 

En effet, qui n'a jamais ressenti un jour son coeur battre à cent à l'heure, en ayant l'impression qu'il allait sortir de sa poitrine, en situation de stress ? Ce réflexe est naturel en cas de danger réel. C'est une réaction de défense de l'organisme face à un événement, qui lui permet de provoquer une réaction adaptée de notre part. Jusque là, tout est normal. Ce qui ne l'est pas, c'est quand ces réactions se produisent face à des situations non-dangereuses, où le danger ne se situe que dans l'inconscient et dans la peur d'avoir peur.

 

C'est un peu ce qu'il m'arrive depuis que j'ai quitté la gendarmerie... On n'a pas idée de ce que certains événements peuvent provoquer dans le subconscient d'une personne. Pour ma part, je n'avais jamais eu à connaître de tels troubles auparavant. Cela a commencé quand ma situation professionnelle au sein de l'institution s'est dégradée. Un jour, alors que je prenais l'autoroute pour rentrer chez moi après un week-end passé dans ma famille, j'ai senti mon coeur s'emballer, mes bras et mes jambes se raidir, mon cou aussi, avec la sensation que j'allais faire un malaise alors que je conduisais. Je me suis arrêtée sur la bande d'arrêt d'urgence pour reprendre mes esprits, ne sachant ce qu'il m'arrivait. Après un retour au calme, et de grandes inspirations, j'ai repris la route sans que cela ne se reproduise. Puis, à mesure, que le temps passait, à mesure que la fin de mon contrat approchait suite au non passage de carrière, ces crises se sont intensifiées, intervenant à chaque fois sur le trajet entre mon lieu de repli et mon lieu de vie (de travail aussi), d'abord au retour, puis à l'aller également. Dès que je prenais l'autoroute, c'était la croix et la bannière. J'ai même fini aux urgences une fois à cause de cela car j'étais alors en pleine crise de panique et incapable de contrôler quoi que ce soit. J'ai très vite pu en identifier les causes. L'angoisse n'était pas liée au fait de prendre l'autoroute mais à mon avenir dont je perdais le contrôle, ne sachant de quoi il serait fait. Ces crises sur l'autoroute n'étaient en fait qu'un symptôme de mon malaise "psychologique". Quitter la gendarmerie a été une épreuve douloureuse qui m'a confronté à beaucoup de choses refoulées depuis mon enfance. Aujourd'hui, ça je l'ai compris mais ces attaques de panique n'ont pas décidé de me lâcher pour autant.

 

En effet, l'été dernier, alors que je partais en vacances en voiture en prenant l'autoroute, cela m'a repris, alors que je n'en avais pas eu depuis 6 mois. Je remercie mon inconscient de m'avoir rappelé cela, non mais vraiment, je vous jure. C'est simple, si à la base, l'autoroute n'était pas un problème, elle l'est devenue par le simple fait que lors du premier épisode, ces crises m'ont donné la trouille. Pour le coup, dans mon cerveau, cela fait TILT : autoroute = crise = peur = peur d'avoir peur = crise . Triste constat que j'ai encore eu l'occasion d'expérimenter hier alors que je me rendais aux épreuves d'un concours. J'ai eu à emprunter une portion d'autoroute. Un début de crise m'a gagnée mais comme aujourd'hui je sais ce que c'est et pourquoi cela arrive, j'arrive plus ou moins à contrôler et gérer. No panique ! On respire, on se dit qu'on a le droit d'avoir peur, que ce n'est rien et que notre corps ne fait qu'exprimer ce que l'on a au plus profond de soi. Il est fort probable que le stress du concours y ait eu un effet cela dit. (Rassurez-vous, ça ne m'a pas déconcentré pour un sou !) A moi de déconditionner mon cerveau à présent, et c'est encore un nouveau combat.

 

Car il serait trop simple, vraiment, que les causes ne soient dépendantes que de moi. J'ai la chance, ou plutôt la malchance, d'avoir une maman souffrant de sérieux troubles agoraphobes depuis sa jeunesse. Elle ne le reconnaît pas et bien sûr, ne fait rien pour y pallier. Pour elle, tout est danger à l'extérieur. Faut faire attention à tout, on pourrait se faire agresser, violer, tuer, voler, dilapider parce que les gens sont tous méchants et que le monde va mal les amis. Elle arrive à sortir de chez elle mais pas plus loin que les lieux connus. Dès qu'il s'agit d'aller en ville ou d'aller voyager pour voir du monde, elle n'est plus là. Elle trouvera toujours un prétexte pour éviter la situation. Avec l'un de mes frères, on a voulu lui offrir des billets de train pour qu'elle aille voir un membre de sa famille, retrouvé il y a peu, elle n'y est pas allée... Quand je pars en voyage... Et puis non, je vous passerais tout ce qu'elle peut me sortir tellement c'est énorme. Toujours est-il que si je l'écoutais, j'aurais dû être agressée dix milliards de fois.

 

Et voilà, à force de vivre dans un tel schéma, je vous laisse imaginer ce que ça peut laisser comme trace, sauf que moi, je fais ce qu'il faut pour prendre le dessus et avancer. D'ailleurs, il n'y a que le fait de prendre l'autoroute en voiture qui me provoque des sensations bizarres, je suis loin d'être une ermite. Ma foi, si mon corps veut s'exprimer, qu'il le fasse, je composerai toujours avec lui, et pas contre lui. Il faut parfois du temps pour panser des blessures profondes trouvant leur source dans la plus tendre enfance et si, parfois le cerveau feint d'oublier, c'est le corps mêlé au subconscient qui le rappelle.

 

 

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Published by tinotinoblog - dans Réflexions
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Decleec 02/02/2013 23:59


"C'est pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur, Momo" comme dirait Romain Gary. Il est probable que quand ta situation pro sera stabilisée le reste suivra, je te le souhaite cher
namster. :-)

tinotinoblog 13/02/2013 15:33



Je n'en doute pas une seconde ! Le corps et l'esprit sont un tout et s'expriment parfois ensemble, ou pas...



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