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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 18:18

Usée, usée, usée, par ce que la vie m'apporte comme coups du sort. Gravir les montagnes, ça ne me fait pas peur mais quand j'arrive près du but, le destin n'a de cesse de s'amuser avec moi. Aussi, j'en ai marre, même plus que marre.

Certains naissent avec une cuillère en argent dans la bouche, d'autres, pas. C'est toute la différence. Porter sa vie comme on porte un fardeau est parfois lourd. Vous vous demandez certainement pourquoi cet avatar de hamster avec des haltères. C'est un peu l'image que j'ai de moi, de manière métaphorique, face aux événements qui se succèdent dans ma vie. Je ne suis qu'un tout petit bout de femme, avec un coeur gros comme ça, et beaucoup d'allant à me battre pour ne pas chuter. J'avoue avoir une certaine force de caractère, pourtant parfois je me laisse aller dans des larmes, dans des cris ne trouvant pas toujours de réponse à mes questionnements. Parfois aussi, l'envie de tout foutre en l'air me prend, comme un moyen de se débarrasser de tout ce qui me gêne.

Mais non, parce qu'un jour, la roue tourne et que les efforts ne sont jamais perdus, tout aussi dures que soient les épreuves. Même dans le doute, il faut savoir croire en sa capacité de se relever, croire que tout peut être meilleur même si cela nous est difficile. Je l'ai toujours fait jusque-là, il n'y a à priori pas de raison que ça change mais c'est fatiguant. 

La vie est un éternel combat, puisse un jour y trouver un peu de sérénité...

 

 

 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 10:21

Parfois, il y a des choses qui énervent et me font sortir de mes gonds. Je veux parler de la jubilation de certains que je n'appellerais pas journalistes car ils ne méritent pas cet honneur (ce serait dégradant pour les vrais), à vouloir créer le buzz sur internet en se fichant éperdument de certains principes, en se fichant des humains qu'ils lancent en pâture sur la place publique. Pour ceux qui sont sur Twitter, je pense que vous comprenez à quoi je fais allusion, pour les autres, je m'en excuse mais je ne ferai pas de publicité à un homme qui n'en mérite pas.

 

Je crois que le moment est opportun pour vous parler du travail de tous ces magistrats, ou autres professionnels du droit sur le réseau social qu'est Twitter. Au travers de leurs tweets, ils opèrent une démarche véritable de "vulgarisation" du milieu judiciaire en le rendant accessible à tous. Derrière chaque twitto se cache un justiciable qui, pour le coup, s'offre une fenêtre sur ce milieu qu'il méconnaît, et sur lequel il nourrit tant de fantasmes bien souvent erronés. C'est une plus value pour l'institution judiciaire que d'avoir cet interface qui permet bien souvent de ramener le citoyen à la réalité, celle que vivent au quotidien nos magistrats. L'ignorance crée bien souvent des fausses idées nuisibles en accentuant le fossé entre la Justice, et ceux qu'elle sert. Enfermer les magistrats dans ue sorte de tour d'ivoire, c'est les conforter dans ce que beaucoup leur reproche : leur manque d'ouverture. Outre le côté humoristique, il y a un réel travail pédagogique qui est fait quand des justiciables les interpellent sur un sujet précis pour avoir leurs éclairements, ou quand ils réagissent à leurs tweets et se voient donner des explications. Bien souvent, "in real life" (geek jusqu'au bout), ces mêmes personnes n'oseraient pas le faire, et à vrai dire, n'oseraient tout autant pas franchir la porte d'un tribunal.

 

Cela s'applique à tous ceux qui exercent certaines professions (policiers, gendarmes, avocats, médecins, psychologues, fonctionnaires de tel ou tel service etc...). Ces corps de métiers sucitent beaucoup d'interrogations parce que méconnus. Cette méconnaissance nourrit l'imagination des gens qui développent ainsi de fausses idées, ce qui est regrettable. Alors pourquoi ne pas considérer que Twitter a son utilité publique quand il s'agit de donner à la portée de tous, ce qui n'existe pas autrement ?

 

L'humour n'enlève rien au sérieux des personnes qui tweetent. Ca ne remet pas en cause le professionalisme de celles-ci. C'est un moyen comme un autre de servir de soupape. Moi-même, lorsque j'étais gendarme, j'ai pu être amenée à rire, à faire de l'humour alors que nous étions sur une découverte de cadavre. Cela peut paraître incongru au regard de la situation, mais on en est tous là, à un moment, on relâche la pression pour mieux se concentrer sur sa mission, par ce qu'on est humain. Cela ne nous a pas empêcher de faire notre travail comme il devait être fait. Et que dire des tweets que j'écrivais à l'époque ? Je ne me souviens plus exactement de leur contenu, mais me semble bien que certains auraient pu être qualifiés de déplacés si vraiment on s'arrête au premier degré. Pourtant, en faisant cela, je sais aussi que cela a intéressé des gens sur le métier de gendarme et que cela a permis d'ouvrir le dialogue en démystifiant un peu ce corps de métier. 

 

Il faut libérer l'expression ! 

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 14:44

Ce matin, je découvre cet article sur « Les oubliés de la pénitentiaire » dans France Inter. Et là, je bondis ! Quid de l’utilité sociale d’une peine qui ne prend jamais fin, au point de se retrouver avec des personnes si isolées, si oubliées qu’on ne sait plus quoi en faire ? Je ne comprends pas.


J’admets qu’une peine soit quantifiée au prorata de la gravité des actes et en considération de la personnalité du condamné. C’est ainsi que notre société a décidé de fonctionner face aux déviances de ses citoyens. Bien loin est le temps où l’on rendait justice en agissant « œil pour œil, dent pour dent », en coupant un bras au voleur, en dilapidant les déviants ou en les écartelant sur la place publique dans un sinistre spectacle. Encore que, on peut se demander si parfois, à l’esprit de certains, la Justice actuelle ne serait pas censée représenter une forme d’assouvissement de leur propre vengeance, laquelle les inciterait à désirer que les auteurs de crimes ou délits souffrent autant voire plus que leurs victimes.  Est-ce le but ? Quand bien même une peine serait une forme d’expiation, celle-ci ne doit pas se traduire par le fait de rendre la souffrance provoquée initialement à la personne qui en est auteur. Il y a une utilité sociale réelle à la peine, pourvu qu’elle ait du sens. Si elle ne devait se cantonner qu’à punir, alors elle perdrait toute sa mesure.


D’un point de vue général, c’est pour le bien-être de la communauté elle-même que le rôle d’une peine doit être multiple, en ne se cantonnant pas qu’au bannissement. Certains préjudices sont irréparables et ne seront jamais comblés ou remplacés. Lorsqu’il y a mort d’Homme, viol ou autres « joyeusetés » horribles, même une peine si longue soit-elle, ne viendra corriger ce qu’il s’est passé. Je comprends bien que certains y voient une forme d’apaisement pour les personnes victimes ou leurs proches mais est-ce bien le rôle de notre Justice ? Certes, sur le plan purement psychologique, voir son auteur condamné et se faire reconnaître comme victime, est un premier pas dans la reconstruction personnelle, le procès judiciaire faisant office de catharsis. Pourtant, ce n’est pas parce qu’une personne sera lourdement condamnée que la personne qu’il aura lésée se portera forcément mieux. Cela n’a aucun sens. C’est un travail à faire sur soi, indépendamment de ce que vivra l’auteur, ou plutôt condamné, qui lui, devient un enjeu pour la société de demain. Les intérêts de la société ne coïncident pas forcément avec ceux des victimes, et il serait démagogique de le leur faire croire, comme de l’existence du risque zéro.


De nombreux malades mentaux sont incarcérés. L’administration pénitentiaire ne sait comment gérer vraiment cette population « nouvelle » (ou pas…) qui peuple de plus en plus nos prisons. Les personnels ne sont pas formés pour cela et les services médico-psychologiques peinent à fournir. Les prisons sont surpeuplés, et les personnels en sous-effectifs. Les établissements modernes se déshumanisent, les nouvelles technologies ayant pris le pas sur le facteur humain, soit pour des raisons budgétaires, soit pour des raisons de sécurité. Les services pénitentiaires d’insertion et de probation croulent sous la masse des suivis à effectuer.

 

Si l’on considère que la première fonction d’une condamnation est de punir, elle est remplie, en tout cas dans la plupart des cas. Si l’on considère en revanche les autres fonctions qu’elle doit avoir (permettre l’amendement, la réhabilitation, la réinsertion), au regard de toutes ces carences, c’est plutôt un pari audacieux. C’est là, où le bât blesse puisqu’à force de politique répressive, le volet réinsertion est passé quelque peu à la trappe. Il est difficile de trouver un juste équilibre entre les intérêts des victimes, les intérêts du condamné, et les intérêts de la société. Parfois, ceux-ci sont contradictoires, ce qui est un véritable casse-tête pour la Justice dans sa recherche d’équité. L’ère de la victimisation exacerbée n’a rien arrangé à cela.


Aussi est-il intéressant de se préoccuper du sort de ces condamnés que tout le monde a oublié car arrive un moment où la sanction doit laisser place à autre chose. Qu’espérer d’une personne qui a passé les 20, 30, 40 dernières années de sa vie enfermée derrière les murs d’une prison, à sa sortie, si elle n’a aucun suivi, ni de mesure d’aménagement de peine ? Que fait-on de ces hommes qui, parfois, ont l’âge de la retraite et qui, s’ils réintègrent la société, vont s’y voir complètement perdu ? Une peine ne doit-elle pas favoriser le retour à la société dans de meilleures conditions plutôt que d’être déclencheur d’un cataclysme social en lâchant dans la communauté des gens qui en ont été coupés un certain temps. Pour un détenu longue peine, il y a tant de choses à l’extérieur qui sont synonymes d’agression : la foule, le bruit, le contact avec les gens, l’évolution de la société, l’ivresse de la liberté, très vite effacée par la peur, l’autonomie…Une sortie sèche (sortie sans aménagement) est au final assez antynomique du sens dévolu à une peine.


 « Une longue peine, c'est quelqu'un qui doit gérer son temps au mieux ou il finit fou.  »_ Paroles de détenus

 

Conseil de lecture : Longues peines_ Jean TEULE

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 13:17

Ce jour, le non moins célèbre chef de file des apéroïques a tweeté ceci : "le jour de boire est arrivé" .


Et la lumière fut, pour moi, grande inspirée que je suis.

 

Buvons enfants de la Patrie

Le jour de boire est arrivé.

Contre nous de la tyrannie,

Le verre à la main est levé,

Le verre à la main est levé.

 

Entendez-vous, dans nos campagnes,

Sauter ces bouchons endiablés.

Ils viennent jusque dans nos verres,

Les remplir, pour nous les assoiffés.

 

Aux verres, citoyens !

Formez vos bataillons !

Buvons, buvons, qu'un bon vin pur

Abreuve nos gosiers !

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 13:43

Dis-moi, petite fille, d'où viennent ces larmes,

Qui coulent sur tes joues, et nous désarment ?

Quel triste événement est venu ainsi te frapper,

Pour que ton innocence, ait été ainsi brisée?

 

Grelottant sur ton lit dans le noir, l'air hagard,

Tu te demandes quand arrivera ce salopard,

Que pourtant tu aimes tant car c'est ton frère,

Ce frère, avec qui tu es unie par les chairs.

 

Tu ne dis rien car tu sais qu'il va venir.

Tu ne sais pas si un jour cela va finir.

A tes parents, tu préfères ne rien montrer.

A tes copines, tu préfères le cacher.

 

Au départ, tu ne comprenais pas.

Tu pensais qu'il s'agissait d'une sorte de jeu,

Auquel tu participais sans désaveu.

Puis, un jour, tu compris et en fus las.


Tu sus que ce qu'il faisait n'était pas bien.

Tu savais bien que ceci n'était pas ancien.

Mais, tu t'emmurais inexorablement dans le silence

Afin de ne pas rompre cette relation de confiance.

 

Ta confiance, tu la lui as donnée pleinement.

Ton amour, tu le lui avais offert il y a longtemps.

Il le savait, il en jouait, comme il jouait avec toi.

Il avait 13 ans, et toi 7 ans.... d'effroi...

 

Un jour, tes parents découvrirent les faits.

Effondrés, anéantis, ils furent stupéfaits.

Comment pouvaient-ils n'avoir rien vu ?

Sous leur toit,de rien, ils ne s'étaient aperçus.

 

Mais en fait, point tu ne leur en voulais.

Car tu ne désirais, personne blesser, 

Pas même ce frère, que tu chérissais

Malgré son comportement malintentionné.

 

La procédure judiciaire passa par là.

De ton bourreau, tu te trouvas séparée,

Quand, les yeux larmoyants, tu demandas :

"Quand pourrais-je revoir mon frère adoré ?"

 

 

NB : Poème inspiré d'une affaire dont j'ai eu à connaître lorsque j'étais gendarme.

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 10:38

Qui aurait cru qu'un jour, un hamster se rendrait dans la Capitale ? Vous ? Moi ? Nous ? Non, personne ! Et pourtant, l'histoire nous dit que ces faits ont bien eu lieu, un jour du mois de mai de l'an de grâce 2012. Ce petit être attaché à sa terre provinciale de l'Ouest a franchi le cap pour la première fois de sa vie, juste avant de souffler sa trentième bougie, pari qu'elle s'était fixée.

 

Il fût convenu qu'elle y retrouverait un certain nombre de twittos (personnes utilisant Twitter pour les non-initiés). Pour la hamster venue de l'Ouest, c'était un événement : un tout petit être qui allait se perdre  dans la grandeur de la capitale ! 

 

La wonderwoman de la capitale l'attendait de pied ferme, elle, qui attendait depuis si longtemps de rencontrer la hamster musculeuse la plus twittoresque de l'Ouest. Wonderwoman ? En fait, c'est Wondernaddie, mais c'est son pseudo. Elle travaille en sous-marin et son statut de wonderwoman doit rester secret. Alors, chutttt, ne dites rien, je compte sur vous.

 

Balafon75, une autre fille de la Ville, l'accompagne le jour de l'arrivée de Hamstérix. Sur le quai de la gare, leur regard scrute l'horizon. Elles voient une foule arriver avec des personnes qui se retournent sur le passage d'une autre. Des gens prennent des photos. Elles se disent que c'est à cause d'Hamstérix. Un hamster sur le quai d'une gare, ça ne peut qu'attirer l'attention ! Enfin, ça aurait pu être ça mais, non. Vous pensez bien que malgré sa célébrité, Hamstérix ne provoque pas encore de telles réactions. En fait, c'est Mme Geneviève de Fontenay qui est descendue du train : chapeau noir et blanc, vêtements de la même couleur... Quelques minutes plus tard, c'est la rencontre tant attendue !  

 

Le temps de quelques embrassades, et nous voici en route pour sortir de la gare. Ah, enfin ! De Paris, je ne connaissais que la gare Montparnasse et ses lignes de métro pour changer de gare. Jamais, je n'en étais sortie. Cela donne une toute autre impression lorsque l'on se retrouve au pied de la tour Montparnasse. Il ne pleut pas ! (ça, c'est pour éteindre définitivement les rumeurs qui disent que je suis "oiseau de pluie", n'est-ce pas ma chère Cécile <3... ) Un peu de marche nous conduit jusqu'à mon hôtel pour y déposer mes affaires, puis pour aller au restaurant spécialement choisi par Balafon75. Je vous assure que Balafon et Wondernaddie ont des vrais prénoms mais je ne peux divulguer leur identité. Ce n'est pas rien d'être des héroïnes : devoir rester discrète, agir comme des gens normaux, se camoufler...

 

Rassasssiées, il est temps d'aller faire ce que n'importe quelle personne venue de province ferait : du tourisme ! Wondernaddie enfile son bikini et ses bottes (la tenue de wonderwoman quoi...) tandis que Balafon75 s'en retourne travailler. Hamstérix en profite pour faire chauffer ses pattounes car de la marche, il va y en avoir : le métro, la tour Eiffel, le champ de Mars, l'Assemblée Nationale, la place Concorde, l'Hôtel des Invalides, Montmartre et sa butte, LaDurée (pour ses macarons), et les Champs Elysées avec l'arc de triomphe et la flamme du soldat inconnu... J'en oublie peut-être tellement j'en ai vus.

 

Aux Champs Elysées, palampampampam... Aux Champs Elysées, tutututututu... Oups, pardon, je m'égare en chanson.

 

La soirée se passe merveilleusement bien sur ces fameux champs (des champs de bitume, je précise. Cela change des champs de blé ou des prairies provinciales) où ses 30 ans sont arrosés comme il se doit en compagnie d'un autre super-héros : Petitemain du TA. On ne se rend pas compte à quel point il peut y avoir de super héros vivant cachés dans cette ville. Vous ne le savez pas, ils sont partout, ici et ailleurs !

 

Le lendemain, Hamstérix déjeune avec Super poulet plus connu sous le nom de MisterCuve, puis rejoint Mister canard (dit knarre) et Mister Nours (dit arnours) au musée du Louvre. Elle devait y rencontrer également un célèbre marquis, celui de Mussipont qui était sorti de ses terres quelques temps pour s'adonner au tourisme familial. Toutes ces rencontres, Hamstérix les attendait avec impatience. Elle n'eut pas tort car elle en fût enchantée. Le Louvre est, de plus, un lieu mythique et magnifique, chargé d'Histoire. Les gens ne sont pas restés indifférents au fait de voir passer une hamster-dame accompagnée d'un canard et d'un nounours dans un musée. Cela laissera des traces, c'est certain. Une journaliste, du nom de ORTF 2 est même venue la rejoindre avec Mister Canard, le soir venu, après quelques visites de lieux mythiques telle que la cathédrale Notre Dame de Paris, pour dîner et l'interviewer au sujet de son séjour parisien.

 

C'est ainsi que le séjour de notre Hamstérix nationale s'acheva, promettant qu'elle reviendrait !

 

I will be back !

 

 

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 12:47

Certains me disent que vouloir se préoccuper de "voyous, taulards, pourris, monstres, détenus, criminels, ordures" (rayez la ou les mentions inutiles) n'est qu'une pure perte de temps et que je ferais bien mieux d'envisager un tout autre métier au profit des personnes dites "biens". Je note bien leurs remarques mais il faut qu'ils m'expliquent ce qu'est une personne bien. Est-on "bien" parce qu'on ne délinque pas ou au contraire "mauvais" parce qu'on a enfreint la loi ? De prime abord, je connais beaucoup de personnes qui répondraient oui et oui.

 

J'ignorais que tout était si simple, si linéaire dans la vie. Tout ce qui n'est pas noir est blanc, tout ce qui n'est pas blanc est noir. En bref, un monde binaire ! Par essence, la nature humaine est complexe : la raison et l'affect forgent une personnalité, chacun d'eux s'imbriquant l'un dans l'autre avec plus ou moins de force. Aussi, avoir une vision binaire de la société et de ses aléas est réducteur car cela occulte la complexité même de l'être humain. On peut être foncièrement mauvais sans avoir été condamné par la Justice, comme on peut être bon en ayant délinqué parce qu'une fois, l'affect se sera emballé au détriment de la raison. Si l'Homme est doué de raison, il ne faut pas oublier qu'il a une part sentimentale qui peut l'amener à se perdre.

 

Une société juste et équitable, c'est celle qui sait faire face à tous les travers de l'être humain et les prendre en charge. Il n'y a aucun mal, ni honte à vouloir se soucier des personnes placées sous main de justice, bien au contraire. Un détenu ou un condamné n'est pas rayé de la société parce qu'il a fauté. Dans le pire des cas, il est écarté pendant un temps plus ou moins long selon la gravité des faits, mais sachez que la grande majorité ressortira un jour. Aussi, l'enjeu n'est-il pas de faire en sorte que ces personnes, condamnées un jour, ne le soient pas à nouveau en bénéficiant d'un suivi efficace et personnalisé qui leur permette de réintégrer la communauté dans de bonnes conditions ? Il ne faut pas être utopiste non plus. Sur 100% de suivis, il y en a pour qui rien ne fonctionnera, d'autres pour qui il y aura des rechutes, d'autres pour qu'il y aura un nouveau départ. On ne peut pas le prévoir. Sous prétexte de la récidive d'untel, on ne peut pas brimer tous les autres, qui peut-être n'auraient pas franchi ce cap. Cela fait beaucoup de suppositions mais c'est ainsi avec l'être humain. On ne pourra jamais être sûr de tout puisque nous ne sommes pas des machines. Cela me fait bien rire lorsqu'on demande aux magistrats, aux policiers ou gendarmes, ou au personnel pénitentiaire de tout prévoir, anticiper, de manière à ce qu'il ne se passe rien. Le risque zéro n'existe pas, et n'existera jamais. Il faut l'accepter, c'est ainsi. Chercher un responsable à tout ne mène à rien.

 

Au cours de mon expérience de gendarme, j'ai vu beaucoup de choses : des parcours chaotiques, des vies brisées, des personnes en souffrance que ce soit du côté des victimes ou des auteurs, des personnes qui passent à l'acte par colère, d'autres qui ne voient que leur intérêt personnel et financier, des dépressifs, des hommes et femmes souffrant de pathologies mentales, des individus "biens" sous tous rapports (pour reprendre la fameuse expression) qui un jour perdent les pédales, des jeunes cons qui veulent épater les copains ou les copines.... Ces gens-là, ça peut être vous, ça peut être moi, ou vos voisins, ou vos proches. Cela n'arrive pas qu'aux autres. Face aux obstacles, certains sont mieux armés que d'autres, mieux entourés aussi. Avoir été condamné par la Justice ne doit pas être perçu comme une fin en soi, mais comme le commencement d'autre chose.

 

C'est pour toutes ces raisons que je n'ai aucun mal à me projeter dans ce métier tant pour moi il s'agit d'un enjeu important pour une société. On ne reconnaît une véritable civilisation que par la manière dont elle traite ses personnes déviantes. Se préoccuper de leur suivi pendant leur peine et ensuite favoriser leur in-réinsertion est un atout pour l'avenir, certes non-perceptible sur le court terme, mais sur le long terme. De fait, j'ai un engouement certain pour le projet de Christiane TAUBIRA concernant les peines de probation, projet auquel j'adhère pleinement pour autant qu'on donne les moyens de le mener à bien.

 

Je clôturerais ce billet par une citation de Cesare Beccaria  - Des délits et des peines : "L'un des plus grands freins opposés aux délits, c'est non pas la rigueurs des peines, mais l'infaillibilité de celles-ci" . Nous étions en 1764 et déjà, au grand dam de l'UMP encore inexistante à cette époque, il avait compris que ce n'était pas la sévérité d'une peine qui jouait sur le passage à l'acte ou la récidive. Il suffit de regarder au sein des pays où la peine de mort existe toujours (malheureusement) pour en avoir pleinement conscience.

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 10:40

Nota : J'ai écrit ce texte alors que je servais encore dans la grande bleue. Je l'ai un peu repris avant de vous en faire profiter.

 

Il arrive souvent que les avocats nous fassent partager leur malaise quand il se trouvent confrontés à des désastres humains. Normal, vous me direz, ils sont avocats, et lorsqu'ils sont pénalistes, je crois que leur capacité d'indignation est d'autant plus élevée. En ce qui me concerne, j'étais gendarme. Tout devrait donc nous opposer. Pourtant, d'un point de vue humain, c'est semble-t-il moins évident...

 

Quand la justice passe, même si elle se justifie et qu'elle doit, de toute façon, faire son oeuvre, elle ne peut laisser de marbre que l'on soit autorité poursuivante, défenseur, juge ou tout bonnement spectateur. Peut-être ne sommes-nous pas tous si différents ?! Car, dans l'arène judiciaire, même si les joutes sanguinaires ont cédé la place aux joutes verbales, l'aspect dramatique n'en a pas pour autant perdu en intensité. Nous ne sommes résolument, outre nos fonctions respectives, que des êtres humains, faits de chair et d'os, avec une âme, une conscience (belles ou peut-être moins, peu importe, nous les avons...même si pour certains il faut parfois gratter plusieurs couches avant d'en entrevoir la lueur. L'épaisseur humaine dit-on...), et ce sont des vies humaines qui peuvent basculer de manière instantanée, sous nos yeux. 

 

Et toujours, cette étrange sensation oscillant entre le sentiment du devoir accompli par la résolution d'une affaire complexe, la satisfaction d'avoir fait le maximum pour les victimes concernées, et cette sorte d'empathie pour ce prévenu, que l'on conduit devant ses juges, et avec qui l'on vient de passer les 24 dernières heures (ce qui peut être, j'avoue, gavant, pour celui qui vit cette expérience...), me mine. Celui-là même, qui a mis en branle notre flair et notre mordant d'enquêteur (certains « djeuns » nous appellent les chiens, c'est fou ce que cela peut tout à fait convenir, quand cela n'est pas utilisé à titre d'insulte), et qui nous a poussé chaque jour à rassembler le maximum d'éléments, et à poursuivre nos investigations, avec, en prime, l'espoir de pouvoir le confondre, devient de fait moins inconnu, moins distant, un peu plus proche peut-être. 

 

Difficile de l'expliquer, ce sentiment de proximité (un peu d'ailleurs comme celui d'insécurité dont nos chers gouvernants faisaient état à une époque et qu'ils avaient tant de mal à définir....) quand 24 heures ne représentent qu'une goutte d'eau dans le long fleuve de l'existence d'une personne. C'est aussi cela la garde à vue, outre les aspects les plus contraignants qui font la une de l'actualité dès que l'occasion s'y prête : une entrée dans la vie de parfaits inconnus, pour qui nous sommes de parfaits inconnus également, avec un semblant de relation qui se tisse à la fois haineuse, confiante, méfiante, défiante, cordiale ou un peu tout à la fois en même temps.... Ne la cantonner qu'à son aspect le plus rigide serait occulter que nous aussi sommes humains, au même titre que la personne qui se retrouve face à nous. 

 

Cela faisait quelques années que des incendies volontaires étaient commis sur notre circonscription. Et je peux vous le dire, s'il y a bien un fait (même si, après réflexion, ce n'est pas le seul, malheureusement) pour lequel il est difficile d'obtenir des éléments de preuve matériels, c'est bien celui-là : relever des empreintes, rechercher de l'ADN, trouver THE indice (comme la micro-trace de sang qui se situe sur le micro-brin de cheveu qui se trouve caché sous le tapis sur la scène de crime, forcément, c'est toujours ainsi).....C'est bien beau de s'imaginer en Gil Grissom et son équipe à même de résoudre toutes les affaires qui leur sont confiées mais le monde réel en est tout autre. On peut bien sûr trouver trace de produits accélérants, localiser le foyer, recueillir des témoignages de personnes pouvant orienter nos investigations, mais au milieu de tas de cendres parfois transformés en boue ou mélasse suite à l'intervention souvent très arrosée des sapeurs-pompiers, il est ardu de trouver quelque chose d'intéressant même en en furetant comme la plus petite des souris (ou hamster..). Même nourri au Pedigree Pal (sans publicité aucune), un enquêteur peine parfois à user de ses génialissimes qualités olfactives qui permettent de l'aiguiller sur une piste. 

 

Pour l'histoire qui nous concerne, c'est un ensemble de témoignages, de recoupements d'informations, et d'investigations qui nous a permis de mettre un terme à cette vague d'incendies qui déferlaient au gré des pulsions de..... allez, appelons-le Mathieu. Ce dernier était sapeur-pompier volontaire. Je dis « étais » car au jour d'aujourd'hui, il ne l'est plus. Je le connaissais, et le rencontrais de temps à autre sur intervention où nos services étaient conjointement engagés. Malgré les soupçons le concernant, nous ne pouvions que jouer la carte de la discrétion n'étant pas dans la possibilité de « l'accrocher » formellement (à moins de vouloir ouvrir une porte béante à ces vils avocats sans scrupule, qui ne pensent qu'à s'engraisser sur le dos de leurs clients. L'on dit même qu'ils sont enrobés... ) Mais la roue tourne, et ce qui devait arriver, arriva. Mathieu fit des erreurs qui nous mirent en position de pouvoir procéder à son arrestation. Quelle aubaine pour nous enquêteurs ! Dès lors, il ne restait plus qu'à l'interpeller, lui et son complice que j'appellerais David.

 

Mathieu ne s'attendait pas à cette visite matinale, et encore moins du motif de celle-ci. Lorsqu'il nous ouvrit la porte, il se réveillait. Il y a des réveils-matins dont on se passerait bien, surtout en ces circonstances. Avec le collègue, nous lui notifions son placement en garde à vue pour destruction du bien d'autrui par l'effet d'un incendie de nature à causer un danger pour les personnes (ce qui est un délit, alors qu'une qualification criminelle aurait bien pu être retenue pour ces faits) avec les droits  afférents à cette mesure (droit de s'entretenir avec un avocat, de faire prévenir un membre de sa famille, et de se faire visiter par un médecin). Je le sens subitement stressé, perturbé par notre venue. Son amie ne comprend pas, elle non plus, la raison de notre présence. On nous assimile souvent à des oiseaux de mauvaise augure, ce n'est pas faux ! Après quelques discussions, nous entamons la perquisition, qui est plutôt un acte intrusif dans l'intimité des gens, c'est certain. On voit de ces choses parfois même... Au cours de celle-ci, j'observe Mathieu. Il a la tremblotte, ne semble pas serein mais ne dis rien de particulier pour le moment quant aux faits qui lui sont reprochés. D'un côté, je me dis qu'il est difficile de se sentir à l'aise quand deux gendarmes se présentent à son domicile pour ces motifs ; d'un autre côté, je ne peux immanquablement penser qu'il ne se sent pas tranquille et qu'il cache quelque chose. Nous verrons bien par la suite. Nous ne trouvons rien d'intéressant et après quelques mots échangés avec son amie, nous prenons la route vers la brigade accompagnés de Mathieu.

 

Les choses sérieuses commencent. Nous commençons tout d'abord par le questionner sur sa situation personnelle, familiale, et professionnelle, sorte de curriculum vitae en fait. C'est toujours mieux de savoir à qui on a affaire et ça permet de détendre l'atmosphère, d'établir le contact. Dans le même temps, j'apprends que son complice a lui aussi été interpellé et qu'il est en phase d'être conduit à l'unité. J'adore quand un plan se déroule sans accroc (toute ressemblance avec une expression célèbre contenue dans une vieille série télévisée serait bien sûr fortuite...) J'offre un café à Mathieu. C'est le matin, il est tôt, et puisque nous sommes à en prendre un, autant le lui proposer. Il commence à se détendre. L'audition démarre sans anicroche, si ce n'est qu'il se conforte dans ses dénégations. 

 

Comment le lui reprocher, c'est souvent ce qu'il se passe dans ces conditions. Je ne sais comment l'expliquer, comme si l'être humain pris en faute se devait dans un premier temps de la dissimuler : réaction de défense somme toute naturelle ! C'est sans nul doute un moyen de se protéger : mentir aux autres, c'est aussi se mentir à soi-même, et ainsi oublier ses faiblesses. Enfin, tout dépend car il y a des personnes qui, clairement, mentent pour échapper à leurs responsabilités et ceci sans aucun scrupule. Mais revenons-en à lui... J'avais préparé tout mon attirail de tortionnaire : les menottes, l'annuaire afin de lui faire cesser son numéro d'innocent (ben oui, un gardé à vue est forcément coupable non? Euh, je m'égare un peu là, je crois), le regard dur et vide, la matraque, et tout et tout mais bizarrement je n'en ai eu aucune utilité. Les mots sont des armes efficaces quand ils sont employés à bon escient (même s'il arrive qu'ils coûtent chers) et ce fût, ici, le cas. 

 

Mathieu se tortille sur sa chaise. Je le sens de plus en plus gêné à mesure que les heures s'égrènent. Il a de plus en plus de mal à s'expliquer face à nos questions, se contredisant, changeant de version ou n'y trouvant tout simplement pas de réponse. Très vite, il découvre lui-même ses propres limites à fuir la réalité. Et puis, au bout d'un certain temps, ses yeux commencent à  s'humidifier. Une larme coule le long de sa joue, suivie par d'autres jusqu'à ne plus être à même de maîtriser leur flot. C'est l'explosion ! Il craque. Je sais bien que l'un des principaux arguments décriant la mesure de garde à vue est qu'elle met les gens en situation de fragilité psychologique, ceux-ci se retrouvant seuls, sous pression, face à des enquêteurs prêts à tout pour obtenir un coupable – la vérité, mais c'est aussi quelque part, la confrontation avec ses actes qui rend la chose difficile moralement, quand la personne a commis les faits qui lui sont reprochés bien sûr. Sinon, c'est une autre histoire... Nous suspendons l'audition afin de lui laisser le temps de retrouver ses esprits. Avoir un paquet de Kleenex sur son bureau dans ce contexte est nécessaire. J'en ai toujours car son usage est universel. Le même paquet de Kleenex peut tout à la fois servir pour une victime et servir pour un mis en cause, et pourquoi pas, pour le mis en cause des faits dont la victime s'est plainte. C'est fou cette symbolique que peut avoir un simple paquet de Kleenex lorsque l'on creuse !  

 

Il est mal, se sent pris en défaut. Il explique souffrir de ses propres agissements qui lui viennent par pulsions incontrôlables (prétexte tellement facile diront certains). Il nous fait part de la mort d'un de ses collègues pompiers mort au feu il y a quelques années, événement qui l'a marqué au fer rouge. Nous l'écoutons attentivement, le laissant s'exprimer librement, sans autre formalité. Il sera temps d'acter par la suite. Il ne s'arrête plus, pleure comme s'il se délivrait d'un poids si lourd à porter. Il partage son mal-être avec nous, en ayant conscience qu'il a nui, qu'il a provoqué le mal. Il regrette. Jusqu'alors, il n'avait jamais parlé de cette chose qui le ronge et qu'il a du mal à expliquer. Qui a dit qu'il était impossible d'avoir de l'empathie pour un délinquant (au sens qu'il s'agit d'une personne ayant commis des délits)? Je ne sais pas, mais c'est en tout cas loin d'avoir été le cas pour moi à cet instant. Nous décidons donc, au vu de son état, de le faire visiter par un médecin avant de reprendre son audition. 

 

Intérieurement, je me questionne sur le rapprochement entre la mort au feu de son collègue et le fait d'allumer des incendies. Je ne comprends pas. Comment cela a pu entraîner chez lui de telles dérives? N'aurait-il pas dû, au contraire, développer un autre comportement à l'égard du feu ? D'où lui viennent cette fascination et cette forme de soulagement qu'il dit ressentir lorsqu'il se retrouve confronté aux flammes ? N'a t-il pas plutôt agi dans le but de percevoir des vacations ? Mes pensées s'emmêlent... Je pense aux victimes, qui, pour certaines, ont perdu beaucoup dans ces incendies, même s'il n'y a pas eu de dommages corporels. Eh bien, il n'en a pas fini avec les indemnisations car cela se chiffre à des centaines de milliers d'euros. Il n'a que 20 ans... 

 

Le médecin est venu. Il n'a pas émis d'observations particulières. Avec le collègue, nous allons pouvoir reprendre. 

 

Aussi étrangement que cela puisse paraître, Mathieu se sent plus détendu qu'en début de matinée. Ses révélations semblent lui avoir fait du bien même s'il commence à s'interroger sur la suite judiciaire qui sera donnée à son affaire. Huit incendies ayant entraîné de nombreux dommages, sur une période de deux ans, ce n'est pas rien ! Néanmoins, il se livre quand même en totalité. Il s'explique sur les circonstances, sa manière d'opérer ; corrobore certaines choses que nous savions déjà et surtout confirme les propos de son complice qui se trouve dans un autre bureau. Il n'agissait pas toujours seul en effet. Nous voici à présent avec une enquête ficelée ! Cela nous a quand même pris 28 heures complètes (24h prolongé d'un nouveau délai de 24h par le parquet), partagées entre les temps de repos, d'audition, de repas. L'heure est enfin venue de contacter le magistrat du parquet, lequel était régulièrement informé du déroulement des mesures de garde à vue, afin de l'informer du résultat et de recueillir ses directives quant à l'orientation pénale qu'il souhaite donner.

 

Nos deux gars ne sont pas connus de la justice. Les faits sont quand même graves. Nous sommes en flagrance pour le dernier fait, après obtention d'une prolongation du délai d'icelle (lisez des juristes, et à force, leur langage vous contamine) par le Procureur de la République, deux jours avant leur interpellation. 

 

Défèrement devant le Proc, et comparution immédiate ! J'en étais sûre. J'aurais dû parier, j'aurais gagné ! Je sais que cette réflexion peut paraître indélicate car il ne s'agit pas d'un jeu, mais de la vraie vie, mais bon... Il faut bien parfois savoir se détacher de la gravité d'une situation. Ne reste plus qu'à en aviser la famille de Mathieu et David, leurs avocats respectifs, commis d'office pour David, et les victimes qui, si elles le veulent, peuvent se présenter à l'audience de comparution immédiate. La course contre la montre commence. Nous avons rendez-vous à 13h00 au tribunal de grande instance situé à environ 50 kilomètres et il faut : mettre en forme la procédure, tout relire pour s'assurer qu'il n'y ait pas de vice qui traîne, contacter les victimes afin de leur notifier la convocation, manger, faire manger Mathieu et David, faire le trajet.... Il est 11 heures. On s'organise, on se répartit les tâches et finalement nous quittons la brigade vers 12h30. Ca risque d'être tendu pour être à l'heure, mais bon, en empruntant l'autoroute et en usant des avertisseurs sonores et lumineux, cela devrait aller.

 

Au tribunal, le Procureur nous attend. Dès notre arrivée, il s'entretient avec le directeur d'enquête et prend possession de l'ensemble des pièces de la procédure. Le temps qu'il la consulte, nous patientons dans le couloir. L'angoisse commence à se lire sur le visage de Mathieu et David. Ces dernières heures se sont enchaînées à une telle vitesse. Dire que la veille au matin, ils étaient encore tranquillement chez eux ! Ils ne s'attendaient certainement pas à se retrouver aujourd'hui dans un tribunal, à quelques heures d'un jugement qui allait modifier le cours de leur existence. La justice fait peur, et ce à plus d'un titre, tant son action peut réellement tout chambouler. On est loin d'être dans une fête foraine, au stand du chamboule-tout mais le résultat peut y ressembler. 

 

C'est le moment. Nous entrons dans son bureau avec Mathieu. David, quant à lui, est parti accompagné d'autres collègues, voir la conseillère d'insertion et de probation (CIP), formalité obligatoire avant tout jugement en comparution immédiate. Mathieu s'asseoit sur la chaise face au Procureur. Je me place derrière lui avec mon camarade, et lui retire les menottes (car lors de déplacements, il est utile d'en faire usage pour des raisons de sécurité). Il est stressé et se met à pleurer. Le magistrat vérifie son état-civil, recueille ses observations et lui indique qu'il envisage la comparution immédiate, ce à quoi Mathieu ne fait pas obstacle. L'entretien est bref. A l'issue, nous emmenons Mathieu auprès de la CIP afin qu'à son tour, sa situation personnelle soit examinée. L'analyse établie par ce fonctionnaire de l'administration pénitentiaire sert d'aide aux magistrats appelés à juger, notamment en ce qui concerne le choix de la peine.

 

Puis .....vient l'attente ! Car, entre le moment où ces formalités sont accomplies et le moment où l'audience débute, il peut se passer quelques heures, longues, longues.... tout dépend des juridictions. Si le temps est long pour nous, il l'est d'autant plus pour David et Mathieu qui se demandent à quelle sauce ils vont être mangés. Maître Maux (aucun rapport avec Mô mais le jeu de mots était tentant), avocat de Mathieu vient à notre rencontre pour s'entretenir avec lui. Cela se passe dans le couloir. Il y a mieux en matière de confidentialité c'est évident mais semble t-il, il n' y avait pas possibilité de se rendre ailleurs. Et puis, l'audience ne devait pas tarder à commencer (et une heure après, elle devait toujours commencer). Pas de nouvelles de celui de son comparse ! Peut-être est-ce là l'explication de ce retard, si l'avocat commis d'office n'a pu être contacté ou est déjà occupé... Bref, si cela avait duré plus longtemps, je pense bien que j'aurais fini par prendre racine. Ca aurait pu faire un joli pot de fleurs mais bon je refuse,  non vraiment, je risquerais de fâner à force de rester en statique.

 

Durant ces instants de trêve judiciaire, ils s'en passent souvent des choses, notamment d'un point de vue relationnel.

 

J'en profite pour discuter avec nos deux prévenus et avec Maître Maux, et commence à m'interroger sur l'absence de l'avocat commis d'office. On discute, on déconne, on fait des pronostics, on explique, on essaie de rassurer (même si l'on sait que de toute façon, la sanction risque d'être à la hauteur de la multiciplité des faits, de la gravité de ceux-ci, ainsi que du montant du préjudice). Ca a été l'occasion pour moi de discuter avec Maux, des maux de la justice pénale telle qu'elle est aujourd'hui. En me rendant avec lui à l'extérieur du tribunal afin de fumer une cigarette, je croise quelques victimes des faits commis par Mathieu et David. Elles sont satisfaites de les voir comparaître devant la justice et nous remercient, mes collègues et moi. C'est toujours agréable d'entendre ces termes même si je n'attends guère cela. La flamme qui m'anime trouve son origine ailleurs que dans ce genre de considérations. Mais cela fait toujours plaisir ! Elles ne sont pas haineuses ces victimes, mais attendent des explications, et réclament à être indemnisées, ce qui est compréhensible. 

 

Soudain, les agents de sécurité nous font signe. L'audience va commencer (déjà entendu mais bon, là, c'est vraiment le cas). Je m'inquiète car David ne s'est toujours pas entretenu avec son avocat. 

 

La sonnerie retentit, le tribunal fait son entrée dans la salle. Quand, arrive en trombe, une femme portant une robe noire d'avocat. L'avocat commis d'office ! Celle-ci est un peu remontée car elle vient tout juste d'être désignée pour organiser la défense de David. Elle n'est au courant de rien, et n'a pas pu le rencontrer. Avec l'accord du Président, et c'est d'ailleurs une obligation qu'un client puisse avoir vu son avocat avant d'être jugé, elle quitte la salle par le côté, suivie de David et deux gendarmes. Quelques temps plus tard, ils reviennent. L'audience peut, cette fois, s'ouvrir. Le Président lit les préventions et s'assure de l'état-civil des deux prévenus et prend acte des diverses constitutions de partie civile.

 

Ils sont assis tous les deux côte à côte sur leur banc, ces fameux bancs en bois si durs qu'il n'est nullement agréable d'y rester assis des heures durant. Je serais tentée de dire que ça fait mal au c*l, tout comme la plupart des condamnations qui sont prononcées ici, surtout pour ceux à qui elles s'appliquent. Ils sont là, intimidés par les lieux, par l'environnement, par le tribunal, par ce qui est en train de se jouer, un drame sur lequel eux, acteurs de celui-ci, n'ont plus aucune emprise. Ils répondent tour à tour aux questions du Président, qui en vient aux mêmes interrogations que moi quant aux motivations de Mathieu, tiens. Le lien est difficile à faire il est vrai entre le décès de son collègue et l'envie irrésistible de brûler et sentir la chaleur des flammes. De mémoire, ce dernier s'est retrouvé de garde à sa place parce qu'il s'était fait remplacer. Il explique ses problèmes en rapport avec le feu et fait part de son intention de se faire soigner. Il exprime ses regrets et s'excuse auprès des victimes. A la fin, il est en larmes. 

 

David, quant à lui, reste assez impassible. Il explique avoir agi sur commande de son ami, ce qui n'est pas forcément avéré. Il n'a aucun mot pour les parties civiles. Je me dis qu'il aurait au moins pu avoir cette délicatesse là mais bon, peut-être que cela ne lui paraît pas évident. Sa personnalité est résolument très différente de celle de Mathieu. Je n'ai l'ai pas côtoyé au cours de la garde à vue donc il m'est beaucoup moins connu.

 

Avec un collègue, on commence à essayer de deviner ce que seront les réquisitions du parquet. Exercice plutôt difficile ! Je table sur trois ans dont deux avec sursis avec obligations de soins et possibilité d'aménagement de peine, et mon collègue, sur deux ans ferme. On verra si la suite nous donne raison.

 

Les interrogatoires terminés, les avocats des parties civiles prennent chacun la parole pour leur plaidoirie. Ils demandent une application ferme de la loi compte tenu de la nature des faits, qui aurait pu recevoir qualification criminelle. Ils s'appuient successivement sur les préjudices distincts qui, cumulés, risquent d'atteindre les quelques centaines de milliers d'euros. Ils font ressortir les désagréments occasionnés pour leurs clients, et les risques qu'ils auraient pu courir. Je me souviens alors de ce que l'un d'eux m'avait dit plus tôt : un peu de prison ne leur fera pas de mal. J'ai beau penser aux victimes, et souhaiter que justice leur soit rendue (je travaille en ce sens, en quelque sorte), j'ai du mal à partager cette idée, tant il existe d'alternatives à l'incarcération qui permettent souvent mieux de s'amender, et d'effectuer un travail constructif sur soi. Quel est finalement l'intérêt pour la société de désinsérer un individu qui est pourtant inséré, ce qui était le cas au moins pour Mathieu? Cette question, je me la suis posée, et la réponse était pour moi : Non. Je préfère un jeune homme bénéficiant d'un suivi extérieur, qui travaille et qui indemnise ses victimes, plutôt qu'un autre qui végète en prison au contact de personnalités bien plus dures. Enfin, ceci n'est que mon avis....

 

C'est au tour du Procureur de requérir. Ce dernier rappelle que ces faits auraient pu faire l'objet d'une comparution devant la Cour d'Assises, avec la lourdeur des peines qui en découlent. Il s'agit de faits sérieux ayant gravement troublé l'ordre public et ayant occasionné de lourdes conséquences matérielles. Il rappelle que le maximum prévu par la loi pour des destructions ou dégradations de biens d'autrui par l'effet d'un incendie ou tout autre moyen de nature à créer un danger pour les personnes est de 10 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende (Vin Diou !!! Je ne pensais pas la peine maximale si lourde). Il revient sur les motivations de David et Mathieu, en mettant en exergue la notion de plaisir qu'ils auraient pu ressentir face aux flammes. Il requiert la même peine pour les deux : 30 mois d'emprisonnement dont 20 avec sursis  avec obligations de soins et de travail, et d'indemnisation. Je n'étais pas si loin que ça en fait, même plus sévère que lui. Je me retourne vers David et Mathieu, ils sont blêmes. Ils ne comprennent pas trop ce que cela signifie à vrai dire, on le voit bien. Leurs avocats les rassurent discrètement.


 

Maître Maux et sa consoeur plaident enfin pour défendre leurs clients. L'enjeu pour eux est d'éviter le mandat de dépôt et une peine trop lourde. Ils le feront très bien (enfin pour ce que ma petite personne peut en juger, n'étant pas du métier). David et Mathieu n'y ajoutent rien, si ce n'est des regrets et des excuses, de nouveau exprimés par Mathieu. M. le Président clôt alors les débats afin que le tribunal se retire pour délibérer, nous laissant à nouveau dans l'attente (c'est que nous sommes particulièrement entraînés, alors il serait dommage de s'en priver). 

 

Dans la salle d'audience, c'est le calme. 

 

Je profite d'ailleurs de ce moment d'accalmie pour aller prendre l'air. Je rencontre les familles des prévenus qui m'expriment leurs inquiétudes, les victimes qui sont quelque peu rassurées d'avoir vu les personnes qui leur ont nui et surtout par le fait qu'il ne s'agit pas de personnes qui leur en voulaient personnellement, ou les avocats. Les familles des prévenus discutent avec les victimes, se disant désolées des agissements de leurs proches. Tout le monde commente les réquisitions du Procureur, l'attitude de David et Mathieu, leurs explications... 

 

Le rideau va bientôt se lever, sous peu.

 

Et eux, les principaux concernés, où sont-ils? Toujours sur leurs bancs avec l'espoir en tête de conserver leur liberté, ce bien qui nous est si cher ! Ils essaient de sourire, de se détendre mais le coeur n'y est pas vraiment. Leurs proches viennent à leur rencontre. La tension est palpable. Les larmes sont visibles par moment sur leurs visages, peut-être sont-ils déjà à penser à une éventuelle incarcération... Le temps s'est comme arrêté dans ce tribunal. Il y a comme un flottement dans l'air, un peu comme le calme avant la tempête. 

 

Drinnnnnnnnnnnng ! Cette sonnerie résonne comme un coup de tonnerre. 

 

Le tribunal, veuillez vous levez !

 

David et Mathieu retiennent leur souffle. Ils vont savoir... 

 

Le tribunal, après en avoir délibéré, vous déclare coupable des faits qui vous sont reprochés et vous condamne à la peine de 36 mois d'emprisonnement, dont 21 avec sursis, et placement sous mandat de dépôt. L'audience sur les intérêts civils est renvoyée à une date ultérieure après chiffrement précis des montants des préjudices. 

 

Sur le banc des prévenus, c'est la consternation. Mathieu et David viennent de se faire expliquer par leurs avocats ce que cela signifient réellement et ils réalisent que ce soir, ils dormiront en prison. Si David ne se montre pas trop perturbé par ce verdict, il en est tout autrement pour Mathieu qui se met de nouveau à pleurer. Derrière lui, dans la salle, son père, lui aussi, est en larmes. La soeur de David, pleure elle aussi. Ca me crève le coeur ! Et pourtant, je vais devoir appliquer cette décision de justice, en conduisant l'un et l'autre à la maison d'arrêt au sein de laquelle ils seront incarcérés. Je ne peux m'empêcher d'y être sensible malgré tout, même s'il fallait qu'ils soient condamnés pour leurs actes de toute façon car on ne peut agir de la sorte en toute impunité. Mais bon quand même... Sous mon uniforme, se trouve mon humanité, et je ne peux pas la renier quoiqu'il arrive. 

 

Nous nous avançons près du Président avec nos deux futurs détenus. A l'issue des formalités de paperasserie, celui-ci nous remet la fameuse fiche qui a été précédemment remplie concernant la prévention des suicides et la détection des cas des personnes susceptibles de pouvoir attenter à leurs jours. Sur celle de Mathieu, la case « risque suicidaire » (enfin, je ne sais plus trop si c'est formulé comme tel) est cochée.  Après quelques étreintes avec leurs proches, les voici en route vers ce qu'on pourrait appeler leur nouvelle demeure, façon de parler.

 

L'ambiance est pesante dans le véhicule qui nous amène à la maison d'arrêt. Mathieu repense à ces dernières heures passées en garde à vue et réalise doucement que dans quelques temps, il sera en détention, avec les méchants, comme les enfants les appellent. Il s'abreuve des paysages qui défilent sous ses yeux en se disant que dès ce soir, il n'en profitera plus. Il nous remercie pour la manière dont il a été traité tout au long de son « séjour » avec nous. Je le regarde, quelque peu émue, en essayant de trouver les bons mots. Je lui dis de s'accrocher, de s'investir dans une activité en détention, de ne pas se laisser entraîner, et que rien n'est fini. Au contraire, tout est à commencer ! Il m'écoute, me remercie, et me dit qu'il fera tout pour s'en sortir, se soigner. C'est terminé pour lui. Il pense déjà à la manière dont il va s'organiser pour indemniser les victimes. Je le sens stressé, normal, comment peut-il en être autrement.

 

L'arrivée à la maison d'arrêt est une découverte pour lui. Cet univers qu'il ne connaît pas, il va devoir y vivre au moins pour quelques mois. Compte-tenu de la possibilité d'aménagements de peine pour les peines ou reliquats de peines égaux ou inférieurs à un an (deux aujourd'hui), il en a au moins pour trois mois minimum, s'il se tient bien.

 

L'univers carcéral est vraiment quelque chose de particulier : ces grandes portes, ces bâtiments gris (mais pourquoi cette couleur franchement), ces barreaux, ces cris de détenus communiquant entre eux par les fenêtres, ces portes barreaudées, ces bruits de clés. 

 

Nous remettons la fiche au personnel pénitentiaire et laissons Mathieu, et David qui avait été emmenés par une autre équipe, là. Nous leur disons au-revoir et quitttons les lieux. 

 

Un dernier regard en arrière avant de partir, j'aperçois Mathieu en cellule d'attente, avant de passer à la fouille. Son regard a perdu de sa lumière et c'est un torrent de larmes qui se déverse sur ses joues, comme si elles provenaient d'un puits sans fond dont la source est intarissable.

 

Finalement, moi, non plus, je ne peux pas avec le mandat de dépôt, tout au moins humainement. C'est une forme de violence que de retirer instamment la liberté d'une personne, sans autre préparation. C'est d'ailleurs pour cette raison que les diverses privations de liberté sont très encadrées par les lois. D'un autre côté, une peine appliquée au plus vite permet d'en accroître le sens et laisse l'opportunité au condamné d'envisager et préparer l'avenir de manière plus certaine. Et que dire des victimes, qui elles, attendent souvent leurs procès afin de pouvoir tourner la page. Que penser ?

 

On peut exercer des professions à vocation bien différente, ne pas se prénommer Mô, et souffrir malgré tout des mêmes maux. Mais là, je crois que l'on parle d'Humain et non de profession. Et c'est certainement là que se trouve l'essentiel. La vie ressemble parfois à une sorte de pièce de théâtre où chacun joue un rôle. On endosse un costume noir, bleu, rouge, vert, orange ou jaune. On embrasse des principes et des convictions, des règles d'exécution. Mais sans lui, que reste t-il ? Un Homme dans son plus simple appareil (le nu de Mô, homme avec un petit « h » bien qu'il se dit qu'il est très grand, a d'ailleurs fait sensation en ces lieux :D .....). 

 

Nous ne sommes résolument que des Hommes, avec toutes les faiblesses, les qualités, les vices que cela comporte. 

 

Addendum : Quelques temps après l'incarcération de Mathieu, nous avons reçu une lettre de sa part à l'unité, nous remerciant de l'avoir stoppé dans ses exactions d'une part, et d'autre part, de l'avoir bien traité lors de sa GAV. Il est sorti sous bracelet électronique au bout de 3 mois et travaille aujourd'hui en continuant à indemniser ses victimes.

 

1 :  C'est qui nous brûle avec ses récits terribles. A en avoir mal à l'âme parfois...Aussi, je lui rends la pareille...

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 17:10

Nous sommes en 2012 après Jésus-Christ, la pluie a envahi toute la France. Toute ? Non ! Une région subsiste encore et toujours aux aléas de la météo en conservant le soleil dans leur ciel. D'ailleurs, il pourrait nous le prêter ces égoïstes m'enfin...

 

Revenons à notre histoire... Tout a commencé dans une petite ville Bretonne (j'insiste ! ) au mois d'avril de l'an 2012. Hamsterix préparait ardemment ses vacances qui devaient se dérouler dans le pays Gascon. Mal lui en a pris,Taranis, Dieu des morts et du ciel, lui fit obstacle en frappant dans la famille de l'ami qu'elle devait aller voir. Désappointée, elle dû annuler son périple en rongeant son frein. Elle fit part de son malheur aux druides du village twittox. Ils invoquèrent Toutatis et Esus qui illuminèrent l'esprit de florentus et de cecilius, éminents twittox originaires de Provence. 

 

Devant le désoeuvrement d'Hamsterix en quête de bol d'air, ils lui proposèrent de venir les rejoindre loin, loin, là-bas dans le Sud-Est, pays du soleil et du rosé. L'offre ne pouvant être refusée car tombant à point nommée, Hamsterix acquiesca. 

 

Elle confia sa vie au chemin de fer qui devait lui faire traverser toute la France pour arriver à destination. Le périple fût long. Hamsterix n'en pouvait plus de tourner en rond dans cette cage roulante. Il lui tardait d'aller se dégourdir les pattounes dans une contrée nouvelle. Taranis y apporta encore son grain de sel en l'accompagnant, mais surtout en lui apportant la pluie afin que petite Hamsterix ne se retrouve pas dépaysée. A son arrivée dans la ville de Axus en Provençus, Hamsterix fût accueillie par Dame Cecilius qui pour l'occasion avait sorti son plus beau carosse : Une RENAULT Clius. 

 

Aant de continuer, vous ai-je parlé des Provençaux ? Non ? Eh bien, ce sont des personnes avec un accent pas comme chez Hamsterix. Ils ont tendance à accentuer les "e" genre "à tableuh", mettre des "g" à la fin de mots comme "putaing" et utilisent un dialecte que seuls eux connaissent : cagole, arapède... Leur peau est généralement un peu plus tannée, normal avec le soleil. Enfin, sont pas tous comme ça, non, non. Il y en a des tout à fait normaux quoi, enfin je me comprends. Qu'est-ce que la normalité ici-bas ?... Leurs boissons favorites sont roses et jaunes : Pastis ou Rosé. Ah tiens, des couleurs chaudes, ça doit être encore rapport avec le soleil ça. Ils ont beaucoup de difficultés à circuler normalement avec leurs charriottes qu'ils n'hésitent pas à garer en pleine voie. Le Code de la Route est valable partout sauf ici parce c'est le Sud hein, sans déconner, faut pas leur demander de conduire comme des Bretons.

 

Mais retournons aux pérégrinations d'Hamsterix autrement appelée la Maharanée par Florentus. Quand je vous dis qu'ils ne font jamais rien comme tout le monde là-bas ! D'ailleurs,où en étais-je ? Ah oui, la RENAULT Clius. Ben c'est un carrosse métallique à quatre roues qui va sur les routes goudronnées du Grand Sud. Euh, et puis, oh zut, je sais plus. J'en perds tout mon latin, ou mon breton. Où qu'il est mon breton ? Où qu'il est ? Pffff ça doit être l'émotion de vous relater cet événement. Alors donc... Arf, non, ça ne vient pas. 

 

Vous pourriez faire un effort pour m'aider, je n'entends personne me souffler la suite de l'histoire. Je vais changer de souffleurs, vous êtes mauvais ! Alors allez lire  ? Vous saurez tout. :-D

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 10:17

J'ai entendu cette question pas plus tard qu'hier. Aussi, l'envie m'a prise de rédiger un petit billet sur le sujet. L'idée n'est pas de vous faire une dissertation mais de vous livrer ma perception de la chose, laquelle a évolué à mesure de mon utilisation.

 

Après avoir longtemps traîné mes pattounes sur divers blogs, un ami, @Mussipont (on twitter et ailleurs) m'a invité à venir rejoindre ce réseau social. C'était il y a plus d'un an. J'étais assez sceptique et avais une préférence certaine pour l'expression en plusieurs phrases. Je me suis donc lancée. Au départ, je trouvais l'outil intéressant pour la mine d'informations qu'il apporte. Moi-même, je partageais beaucoup sur le sujet justice, prison, droit, thématiques qui me tiennent à coeur. C'est rapide, instantané et pratique lorsque l'on se pose des questions auxquelles on souhaite avoir une réponse. Très vite, j'ai creusé mon trou parmi certains "influents", comme on dit, en apportant la titetinotino touch ! Cela a de fait élargi mon cercle de followers ou faux-lovers selon les cas. 

 

Le temps passant, j'ai découvert via ce réseau social beaucoup de personnes, dont certaines sont à présent de véritables amis qui, même si la distance nous sépare, ont une place réelle dans ma vie. N'oublions pas que derrière un pseudo, il y a une personne. Si l'écran d'ordinateur, ou de téléphone portable, nous séparent physiquement, cela n'altère en rien les relations qui peuvent naître. J'en ai pris la pleine mesure lors de la fin de mon service gendarmerie, période noire durant laquelle je me suis vue soutenue par de nombreux twittos qui m'ont apporté beaucoup, je dois dire.

 

Chaque fois que j'avais un entretien d'embauche, tous ces gens dans mon téléphone (au moins c'est pratique, ça prend moins de place que de tous les emmener physiquement...) m'envoyaient des messages d'encouragement, de soutien qui me donnaient à chaque fois un peu plus d'allant. (@Bip_Ed, @Wondernaddie, @CecileRodriguez, @sexyalkoboy, @Proc_Gascogne, @Maitre_Eolas, @jugedadouche, @jjalmad, @MisterCuve, @Japipok, @Decleec, @Mussipont évidemment, @Ausa92, @Immaterielle, @flo_fae, @eblacksheep, @leloupphoque, @PJ_Un_Jour, @roseourenard, @OlEB555, @Homogenevensis, @kindiafi, @lordclancharlie, @_musgrave_, @Kdet_Rousselle, @switz_fr, @claiiireb, @baggout, @legrugru .... et la liste est longue encore....)  Je les en remercie du fond du coeur. Si on m'avait dit que je vivrais cette expérience lorsque je suis arrivée sur twitter, je ne l'aurais pas cru. En effet, je ne voyais ce média que comme une source d'informations, de débats et d'échanges ironiques, de jeux de mots, d'humour.

 

Force est de constater que je ne le vois plus ainsi, en tout cas, au vu de mon utilisation. Parmi mon bric-à-brac d'infos, qui parfois n'existe même plus selon les jours, je tweete aussi apéro, vernis, photos, coups de gueule, coup de coeur, visites, dialogues de filles, dialogues à la con... Je ne me cantonne plus à l'utilisation que j'en faisais initialement. Et c'est tant mieux, je serais passée à côté de tant de choses. Il arrive même que des twittos-colis se balladent dans toute la France parfois, du nord au sud, d'est en ouest avec de spécialités locales, ou des crèmes solaires, ou des posts-its... C'est aussi ça l'esprit twitto ! 

 

Je pourrais aussi vous parler des mes dernières vacances en avril et en mai de cette année mais cela fera certainement l'objet d'un autre billet. Là encore, l'esprit twitto a surpassé tout ce que je pouvais imaginer et surtout, j'ai fait de magnifiques rencontres qui m'ont permis d'asseoir certains liens d'amitié nés sous le sceau de Twitter. 

 

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