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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 19:58

Je sais bien qu'il est plutôt d'usage de converser au sujet de l'éducation des enfants. Je laisse le soin de le faire aux personnes concernées. Parlons plutôt de ce qui me concerne de près et peut, peut-être un jour (je ne vous le souhaite pas) vous concerner : l'éducation de votre maman, ou de vos parents en général. Cela peut paraître abscons mais non, ne rigolez pas, cela peut arriver.

 

Tout d'abord, vous l'enfant tant désiré, tant aimé, devez démontrer et faire accepter que vous êtes un adulte capable de penser et de s'exprimer par lui-même. Le petit bébé qui chouine, qui réclame son biberon et qui est totalement dépendant, c'est bel et bien fini ! Vous n'êtes pas le prolongement de vos parents mais une entité à part entière, et, à ce titre, n'êtes pas dans l'obligation de leur ressembler. (ouf... ) Ne vous sentez pas redevables de ce qu'ils vous ont donné. Ils vous ont voulu et ont donc accepté le principe même de donner la vie à quelqu'un pour qu'il s'épanouisse et réussisse sa vie. On a un enfant à "soi" mais pas pour "soi" ! C'est peut-être ce qu'oublient certaines personnes...

 

Apprendre à dire non ! C'est la première règle. "Tu peux m'acheter ceci, tu peux m'acheter cela, tu peux me faire ceci et me faire cela..." Combien de fois ai-je entendu ces paroles ? Je n'aurais pas assez de mes mains et de mes orteils pour compter. Eh bien, non ! Je ne suis pas née pour servir ma mère en toutes circonstances. C'est un risque à se faire bouffer toute entière si je cède. Loin de moi l'idée qu'il ne faut pas lui faire plaisir. Il faut simplement que mon plaisir passe avant le sien. Je lui donne ce que j'ai envie de donner, pas ce qu'elle veut. Ce n'est pas pour cela qu'elle ne va plus m'aimer ou me renier. Je suis sa fille, est-il besoin d'en rajouter !

 

Ne pas céder au chantage affectif ! Cette deuxième règle découle de la première. Les "tu me déçois", "t'es vilaine", "je ne t'ai pas éduqué comme cela", ou "je ne t'aime plus", ça ne fonctionne pas. Jouer sur la corde sensible, c'est vil et malsain et pourtant certains s'y adonnent à coeur joie sans pour autant s'en rendre compte. Rentrer dans ce jeu, c'est se faire prendre au piège dans un engrenage dont on ne sort jamais. On en finit par s'oublier et ne penser qu'à l'autre. C'est un exercice difficile mais il faut apprendre à se détacher. Il en va de votre bien-être et du bien-être de la personne concernée.

 

Ecouter ses problèmes mais lui faire comprendre que vous avez les vôtres aussi, qui ne sont pas moins importants ! Elle a son passé, vous, le vôtre. Le dialogue, c'est 90 % d'écoute. C'est compliqué lorsque vous êtes face à quelqu'un qui n'est tourné que vers sa personne. Il faut lui faire accepter de vous écouter aussi, ce qui est parfois mission impossible. Si tel est le cas, tant pis, il y a tellement de personnes autour de vous sur qui vous pouvez compter.

 

Accepter qu'elle ne changera pas ! Elle a un âge certain et a sa vie plus derrière elle que devant. Pour vous, c'est le contraire ! Si elle n'a jamais fait de travail sur elle, ou ne s'est jamais remise en question, elle ne le fera pas maintenant. Il faut parfois apprendre à faire le deuil de certaines choses, et des relations que vous auriez pu avoir. C'est comme cela, mais ça ne vous empêchera pas de vous construire. On se fait plus de mal à vivre dans l'attente de choses qu'on n'aura pas. 

 

Demander lui de s'exprimer clairement plutôt que de suggérer les choses ! Elle est là, vous regardant avec ses yeux doux, en vous disant : "Oh zut, l'ouvre-boîte ne fonctionne plus. Il faudrait en acheter un..." Quelqu'un qui ne connaît pas l'oiseau pourrait ne pas y prêter attention, mais quand on a des années de pratique, on sait très bien ce que cela veut dire. Eh oui, mais non, cela ne fonctionne pas.

- Hein, quoi ? Qu'est-ce que tu veux dire ? 

- Il faut un ouvre-boîte.

- Oui, et ?

- Ben j'irais en acheter un demain.

- Ah, je comprends mieux comme ça. 

Ce petit dialogue ne signifie peut-être pas grand chose pour vous mais il veut en fait dire tellement. Entre dire, "il faut un ouvre-boîte" et "je vais acheter un ouvre-boîte", cela n'a pas le même sens dans sa tête. Plutôt que de rester sur un non-dit suggestif de quelque chose, je préfère lui faire expliciter clairement pour qu'elle comprenne que je perçois bien sa manière de faire. 

 

Ne pas se sentir affectée par sa jalousie pas vraiment dissimulée ! Vous venez de passer un super week-end, ou de superbes vacances, et quand vous rentrez, vous avez le droit aux habituelles jérémiades : je ne me sens pas bien, je suis fatigué, j'ai mal ci, j'ai mal ça... Oui, elle a des problèmes de santé mais bon, cela ne doit pas vous empêcher de prendre du bon temps et de vous faire plaisir. Variante : vous allez partir et elle ne se sent pas bien. Partez quand même sauf si les signes de détresse vitale sont évidents mais généralement, ce n'est pas le cas, évidemment. 

 

Savoir lui faire plaisir tout en se faisant plaisir ! Il n'est pas question de se conduire comme une peau de vache avec sa mère tout de même, le tout c'est que chacune y trouve son compte à l'instant T. Mais, dans ce cas de figure, c'est vous qui avez décidé, ce qui n'est pas pareil.

 

Bref, aimer les autres, c'est aussi savoir imposer des limites. Ce n'est pas parce qu'on laisse à une personne le droit de tout, qu'on montre qu'on l'aime, bien au contraire. Cette situation n'est pas forcément saine dans le sens où les rapports sont sensiblement inversés mais en s'imposant un cadre, on se préserve.

 

Comme on dit : "Aide-toi, et le ciel t'aidera !"

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 17:46

Ô toi ma muse, de moi, tu t'amuses.

De volte en soubresauts, tu fais battre

Mon coeur... Oui, je sais, tu en abuses

Jusqu'à ce qu'il devienne écarlate.

 

Sans Dieu, ni maître, pourtant il te suit

Las, échaudé, par le temps qui passe.

De cendres, il n'en restera que de la suie

Que d'un seul coup de main j'efface.

 

Par monts et par vaux, par delà les océans,

J'irai où le soleil m'éclairera.

D'un léger halo de lumière naissant, 

Poindra la renaissance de ton aura.

 

Mais ceci est une toute autre histoire

Parsemée d'ombres, de lumière et d'espoirs,

Qui s'écrit mot après mot, page par page,

Le tout agrémenté de jolies images.

 

Dans mes songes, tu me joues de ces accords

Dont seul toi, appréhendes la portée.

Tu dessines tes notes avec dextérité,

Malgré tous tes instruments retors.

 

Mais quelle est notre destination ?

Je ne le sais pas, tu ne le sais pas.

Sas nul doute, l'avenir nous le dira,

Mais laissons voguer notre embarcation.


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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 15:55

1- Si le choix s'offre à vous, allez vivre en immeuble surtout s'il date des années 60 ou avant. Si vous n'avez pas le choix, dommage pour vous ! En zone rurale, le voisinage apporte des joies moins fréquentes mais qui peuvent être très intenses. Qui n'a jamais rêvé de pouvoir passer devant son voisin en panne de voiture sur une route déserte en lui faisant un bras d'honneur ? Quand il pleut, c'est encore plus jubilatoire.

 

2- Lorsque vous arrivez en territoire inconnu, prenez le pouls, apprenez à connaître votre nouvel univers. Parmi tous les énergumènes qui se trouvent autour de vous, il peut (ou pas) y en avoir un voire plusieurs qui pourront devenir des ennemis jurés ou des alliés précieux pour mieux pourrir la vie des autres. Cela peut toujours être utile pour agrémenter votre vie si vous voulez lui donner du piment.

 

3- Soyez le casse-bonbons de service. Il y en a partout. Le ciel soit loué, vous n'êtes pas considéré comme une espèce en voie de disparition. Imprégnez-vous de la capacité d'adaptation de l'espèce "casse-bonbons" qui peut vivre aussi bien en ville qu'en campagne. Ne faiblissez pas à la tâche dès qu'une occasion se présente, mêlez-vous en, faites-vous entendre. Le monde doit savoir que vous êtes là.

 

4- Alliez-vous à Mme Michu qui est à l'affût de la moindre chose se déroulant dans son quartier. Elle s'amuse à observer la vie autour d'elle, à la commenter, et à le colporter en y ajoutant sa petite touche personnelle. Ne manquez surtout pas ses histoires et à votre tour, distillez-les autour de vous en les modifiant. N'hésitez pas à y ajouter des critiques sur les gens, c'est mieux pour que prenne la mayonnaise. Bien entendu, dès que vous apprenez quelque chose de gênant pour vos voisins, confiez-le immédiatement sous le sceau du secret à Mme Michu. Elle ne sera que plus empressée à le répéter à tous.

 

5- Pour pourrir vos relations avec le voisinage, rien de tel que de les inviter chez vous pour faire connaissance. Enfin, c'est ce que vous leur dites pour les attirer, mais dans les faits, ça ne vous servira qu'à flatter votre ego et alimenter vos intentions malsaines. Rien ne sert de prévoir quelque chose de particulier, invitez-les même si c'est Hiroshima dans votre logement. Mettez du Offspring en fond sonore. Si ce sont des personnes âgées, jamais elles ne reviendront, soyez-en sûrs. Veillez à ce que votre petite sauterie soit la plus ennuyeuse possible, ils ne la ramèneront plus chez vous. Ne manquez pas de noter leurs faits et gestes. Cela vous donnera du grain à moudre pour se moquer d'eux auprès des autres.

 

6- En cas de dispute familiale, criez pour que tout le monde vous entende. Après tout, il n'y a pas de raison qu'ils n'en profitent pas. Cela fera plaisir à Mme Michu qui alimentera sa chronique. N'hésitez pas non plus à inclure des personnes dans votre conflit, ça créera un climat explosif dans votre environnement.

 

7- Si vous êtes sous anxiolytiques ou anti-dépresseurs, ne prenez pas vos cachets. Vous parlerez seul ou crierez, mais qu'importe ! Cela attirera l'attention vers vous. Votre voisin, espion envoyé par la NASA, hésitera ainsi à venir vous importuner. D'ailleurs, ce sont les autres qui sont de grands malades, pas vous. Ils ne se rendent pas compte de la propagation des espions et des extra-terrestres dans le monde, pauvres inconscients qu'ils sont.

 

8- Si vous avez un chien, laissez-le tout le temps tout seul. Il aboiera jusqu'à n'en plus finir, mais vous vous en fichez, ce n'est pas vous qui le supporterez. Il faut bien qu'il s'exprime de toute façon. Si des gens se plaignent, ils n'ont qu'à déménager.

 

9- C'est le soir. Vous êtes tendrement enlacés dans les bras de votre amour d'un soir ou perpétuel et désirez vous adonner à quelques ébats. Lâchez-vous, exprimez-vous ! Il est important que les gens sachent que vous prenez un plaisir monstrueux. Qui sait, un jour peut-être jouerez-vous dans un Dorcel, autant s'entraîner.

 

10- Profitez de l'espace qui se trouve devant votre domicile pour vous réunir avec vos amis. Faites du bruit et égosillez-vous. On vous regardera et alors ? C'est vous la star du quartier, on doit vous voir et savoir que vous avez une vie sociale.

 

11- Rensignez-vous sur les horaires de repos de chacun des habitants. Passez l'aspirateur ou la tondeuse lorsqu'ils font la sieste, c'est l'idéal pour vous faire prendre en grippe par ceux-ci. Sinon, pour les adeptes du bricolage, vous pouvez vous rabattre sur la perceuse ou la meuleuse, la méthode est efficace.

 

12- Vivant en appartement, vous aurez à coeur de faire le grand déménagement chaque jour. Vos meubles ont besoin de bouger et ils ne vous plaisent plus dans la configuration actuelle. Osez le changement, faites-les traîner au sol en les déplaçant. Cela fera rager vos voisins qui ne supporteront plus d'entendre ces bruits intempestifs.

 

13- Vos voisins sont étranges. Vous, vous le savez, mais pas eux. Personne ne s'en rend compte. Il y a des terroristes, des nazis, des chamans noirs, des dames qui portent des crucifix, des jeunes à casquette, des gens qui portent des petits chapeaux en forme de dôme. Ils vous font peur et vous les rejetez, car ils ne sont pas comme vous. Grand bien vous en prenne, fuyez-les ! Restez enfermé chez vous, ils vont vous manger ou vous faire participer à je ne sais quel sacrifice occulte dont ils connaissent le secret.

 

14- Ne les invitez jamais à vos soirées et ne les avertissez pas de leur organisation. Ils n'ont pas à être au courant de votre vie. S'ils estiment que la musique est forte, offrez-leur des boules Quiès ou dites-leur de s'en aller.

 

15- Draguez la femme ou le mari de votre voisin (e). Cela fera fureur dans le quartier et vous assurera des mauvaises relations pour un moment.

 

16- Dès que l'occasion se présente, critiquez à tout va toute personne qui vous en donnera le prétexte. Avec le nombre de cons qui vivent autour de vous, il y a de quoi faire.

 

17- En cas de conflit, ne cherchez pas à discuter, ce serait une perte de temps. Jouez des poings, c'est comme cela qu'on impose sa loi.

 

18- Guettez la place de parking de la personne que vous n'aimez pas et stationnez votre véhicule dessus chaque fois que cela vous est possible. Vous passerez pour un héros auprès des autres casse-bonbons.

 

19- Dans tous les cas, faites votre place, imposez-vous et faites-en sorte que l'on parle de vous. Je vous assure qu'on ne vous oubliera pas.

 

Point Bonus : Assigner votre voisin à tout va ! Il vous adorera, surtout son avocat ! (point Eblacksheep)

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 18:45

Je ne sais s'il vous arrive de profiter de nos bois et forêts. Cela m'arrive souvent. J'adore m'abreuver du spectacle offert par Dame Nature, et m'enivrer de ses douceurs sauvages. Elle met tous nos sens en éveil dès que l'on s'approche d'elle : la vue afin de se noyer dans sa beauté; l'ouïe afin de se laisser porter par ses chants; l'odorat afin de s'imprégner de son parfum; le toucher afin de surfer sur ses vagues et le goût pour se délecter de ses saveurs. À elle seule, elle est à même de mettre à contribution notre entière personne. 

 

Le soleil se lève sur la forêt en ce jour printanier. Ses rayons se frayent un chemin entre les cimes pour illuminer ce microcosme de la vie. Tout se réveille, s'active, reprenant son cycle. Les oiseaux entonnent leurs chants matinaux habituels faisant profiter de leurs vocalises tous ceux qui se trouvent en ces lieux. Telle la radio qui peut accompagner au réveil, ils apportent un peu de douceur musicale. Parmi les animaux, il y a ceux pour lesquels cela signifie le retour au bercail, et ceux pour lesquels cela sonne le début de la journée. C'est un village entier qui se met en branle.

 

Tranquillement, les arbres étirent leurs branches en agitant leur feuillage après une longue nuit de sommeil. La rosée matinale leur a permis de se rafraîchir et de se toiletter. Chacun essaie d'être le plus beau pour être considéré comme le roi de la forêt. Le bon voisinage n'est pas toujours aisé entre tous ces grands qui aimeraient s'imposer à la vue de tous. D'ailleurs, certaines espèces subissent malheureusement ces guéguerres et se tapissent à leurs pieds afin de ne pas les froisser. Elles restent dans l'ombre mais sont bien là. Elles participent également à la vie en collectivité, à leur manière.

 

Ça discute beaucoup dans le quartier. Dame Fougère se plaint de Pin Parasol qui lui fait trop d'ombre. De sa hauteur, il ne l'entend pas. Il n'en a que faire en même temps, lui, le pestiféré. Que fait-il là au milieu de feuillus? Il entend souvent ses voisins le dénigrer parce qu'il est différent. Il n'a pas de feuilles mais des aiguilles. Cela suffit à provoquer la méfiance et la réticence des autres qui ne le comprennent pas. Il se sent seul et peine à s'intégrer dans ce paysage qui ne lui ressemble pas. Il aimerait qu'on l'écoute, qu'on l'accepte mais ses voisins de chemin lui mènent la vie dure.


- Pourquoi n'est-il pas comme nous ? Il vient d'où en fait ? - s'interrogent Chêne et Frêne. 

- C'est une pauvre pomme, ce Pin ! renchérit Hêtre. Heureusement qu'il est seul, car quand il y en a un ça va, mais quand il y en a plusieurs cela pose des problèmes. Ça colle partout la résine ! 

- Ouais c'est vrai, tu as raison. En plus, il a tellement de grandes branches que j'ai parfois l'impression qu'il nous surveille. Allez savoir s'il n'est pas un espion envoyé par la DCRI. Il y a des micros dans ses aiguilles, j'en suis sûre.

- Tu es folle ma belle Fougère ! Arrête les champignons, ou prend tes cachetons, je ne sais pas, mais fais quelque chose ! - dit Chêne.

- Tu te fiches de moi en plus... En même temps quand on ne produit que des glands, on ne peut être qu'un imbécile, voilà ce que tu es.

- Il n'y a qu'à l'emprisonner ou mieux l'expulser, pour qu'il retourne dans sa pinède. - dit Frêne.

- Wow ! Oh !  Ce n'est pas un peu fini vous trois, s'exclame Châtaignier. Arrêtez de vous disputer sinon je commence la distribution de marrons. Laissez-le tranquille ce Pin, il ne vous a rien fait. Il n'est pas si différent de vous. Certes, il vient d'ailleurs mais ça aurait pu vous arriver. On ne choisit pas sa nature, on vit avec. Il ne va pas se transformer en feuillu pour vous plaire, il ne peut pas se renier. Je suis sûr qu'il pourrait vous apprendre des choses. Votre attitude me peine...

- Tu n'es pas d'accord pour dire que tous les arbres ne se valent pas?

- Non ! Ses racines sont plongées dans la même terre que nous. Il respire le même air aussi. Et si vous regardez bien, même différent, il nous ressemble parce que nous sommes frères d'espèces. Son être s'est adapté à son environnement, comme nous au nôtre. Il n'est ni moins bien, ni meilleur que nous. Nos différences font la richesse de notre forêt !

- Tu es un grand sage cher Châtaignier. Tu as sans doute raison...

- Je ne suis pas convaincu. Il essaie de prendre notre place. J'ai peur de voir notre espace rempli de pins, un jour. On ne pourra même plus vivre en paix.

- Mon bon Frêne, la tolérance, sais-tu ce que c'est? 

- Je sais oui merci ! On ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Cela va perturber notre équilibre végétal, lequel est déjà fragile.

- Ah? Quels changements y’a-t-il eus depuis qu'il est là ? Tu ne te nourris plus ? Tu ne profites plus du soleil ? Les promeneurs ne s'arrêtent plus devant toi ? Les oiseaux ont quitté tes branches ?

- Mais non, pfff, vous ne comprenez rien...


Ainsi s'achève cette discussion. Du haut de sa cime, Pin se rassure en se disant que rien n'est perdu. Il écoute ses camarades se quereller en espérant que la sagesse les gagne tous un jour. Il esquisse un sourire quand il entend Fougère se plaindre du bruit provoqué par les crissements de branches de Frêne. Décidément, elle ne sait que râler ! Il repense aux divers commérages que celle-ci colporte dans toute la forêt. Elle n'en loupe pas une à se mêler de ce qui ne la regarde pas et raconter des âneries. Elle est souvent à côté de ses racines la pauvre.


 Vivre ensemble en harmonie dans son habitat n'est pas facile. C'est en renforçant la cohésion sociale entre les individus et non en accentuant les clivages que cela s'envisage.

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 20:10

Nous sommes enchaînés dans nos vies.

Et malgré tous nos pleurs et nos cris,

Il est ardu de briser les chaînes,

Celles, qui toujours nous retiennent

 

Est-ce que son destin est écrit

A la manière d'une poésie?

Romans d'amour ou d'aventure

Tout n'est que question d'écriture

 

Ma liberté, je veux y veiller

Bien plus que l'un de ces trésors cachés

Que dans notre enfance, nous chérissons

Parfois même jusqu'à la déraison.

 

Elle est un bien des plus précieux

d'une valeur inestimable à mes yeux !

Et tout comme pour l'oiseau en cage,

Elle n'est pas forcément qu'un mirage.

 

Cultiver son sens de l'esprit

Est avant tout un sacré défi

Qu'il nous faut sans cesse relever

Afin de ne pas se laisser enfermer.

 

Ainsi préserve t'on son intégrité

en préservant son originalité.

Libre pensée, tu dois t'exercer,

Libre pensée, tu dois rester.

 

Laisse le vent te porter au loin

Entre les nuages, la maligne tu fais moins.

Mais tu sauras trouver le chemin

Dans ton périple qui n'a pas de fin.


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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 16:00

Je m'interroge parfois sur les raisons qui m'ont fait autrefois embrasser la vocation de gendarme, puisque c'est ainsi que je la considère, ou autrement dit comme un sacerdoce. Cette question a beau tournoyé dans mon esprit, il ne m'est pas aisé d'y trouver une réponse de manière claire et précise. Est-ce pour le sens du service d'autrui, ou pour la sensation d’œuvrer pour un idéal de justice qui peine un peu à se grandir en ces temps assez agités, ou bien pour la gloire d'arborer fièrement cet uniforme que je portais au quotidien, même si point de gloire il n'y a ? Est-ce simplement de la fierté, chose que je ne saurais juger déplacée eu égard à certaines composantes de ma vie ? Cette vie qui aurait pu, dans mon enfance, me réserver un tout autre destin. Le destin...


Sommes-nous destinés à, ou sommes-nous seulement dans des dispositions qui font que certains choix de vie s'imposent à nous, sans pour autant nous enfermer dans ceux-ci ad vitam eternam ? Vaste question à laquelle toute réponse péremptoire semble fragilisée face à la complexité de l'existence ! On ne dira jamais assez que la nature humaine est une chose complexe, partagée entre moultes tendances se retrouvant parfois aux antipodes l'une de l'autre ; alors essayer de résumer la vie, une vie, en un volet simpliste est une pure perte de temps. Je souhaite bien du courage à ceux qui s'y essaient, au risque de se voir affublés de splendides œillères restreignant ainsi leur champs de vision de manière inéluctable.

 

J'avoue qu'il m'est arrivée de perdre la flamme qui m'animait récemment, dans le cadre de la perte de l'emploi qui était pour moi ma vocation. Le destin... Pourtant, elle est toujours là. C'est elle qui a continué à m'éclairer et qui m'a dirigée vers le nouveau métier que j'exerce. Lorsque l'on tombe de cheval, il faut remonter en selle, et tout de suite, sans attendre, sinon la crainte et l'appréhension se lient au doute et vous font descendre lentement vers des profondeurs capables de vous engloutir. Si vous ne vous raccrochez pas aux solides branches de l'arbre enraciné en vous, vous chutez. Cette flamme brûle toujours en moi. Elle continue d'être bien vivante, même si elle subit des variations d'intensité à mesure des événements jalonnant mon histoire. Le roman de sa vie, chacun l'écrit, soit de son propre fait, soit de manière subie, mais les pages continuent à se remplir, inexorablement. Pourtant, quand j'y repense, rien ne me prédisposait forcément à évoluer dans ce sens. C'est fou ce que peu de choses arrivent à faire la différence.

 

Si je devais me référer à mon ancien jargon professionnel, je n'ai rien à envier à ceux qui sont qualifiés de «cas sociaux», loin de là. Comprenez qu'il s'agit d'un terme générique usité pour désigner des familles en difficulté, de manière générale, ceux chez qui, les services de police ou de gendarmerie interviennent bien souvent pour des différends de couples, de voisinage ou tout autre problème lié à la sphère familiale. Autant dire que c'est un univers que je connais plutôt bien, ayant eu moi-même à vivre dans ce contexte de longues années. Etais-je une sorte d'OVNI, parmi ce florilège de personnes, qui semble plutôt préservé de certaines turpitudes...Je n'en sais rien, je ne suis certainement pas un cas unique. Tout le monde porte en soi son propre fardeau. A l'heure actuelle, je suis encore au contact de ce genre de personnes mais de manière différente.

 

Quand j'avais cinq ans, une partie de moi s'est envolée avec ce père, qui préférant fuir les tensions conjugales, en a occulté le simple fait que sa présence aurait pu être bénéfique pour sa chair, mais en a-t-il eu seulement conscience, ou peut-être a-t-il senti qu'il en serait mieux ainsi. Longtemps je suis restée dans mes questionnements, dans mes doutes, dans mes craintes.. Et si? si c'était dû à moi. Sa dernière visite m'était dédiée et je n'ai su en profiter à l'époque tant ma douleur était immense de vivre cette situation conflictuelle. Il était responsable de la douleur ressentie par ma mère puisqu'après tout, il l'avait quittée. Il était responsable du fait de nous laisser seuls. Je n'ai alors pas voulu le suivre chez lui, et il ne m'a pas emmenée. J'avais beau avoir cinq ans mais déjà, à cette époque ce caractère que j'ai pu avoir à regretter par la suite. C'est ce ressenti qui m'a habité quand le temps passant, l'âge se faisant sentir, j'y repensais. Il n'a plus donné signe de vie, hormis de manière financière par le paiement de la pension alimentaire, après ce jour. Aussi, j'ai pris cela pour moi, quand bien même j'étais loin de maîtriser l'ensemble des choses afin de les appréhender plus justement. L'on est aveugle lorsque l'on se borne dans une vision unique, sans possibilité d'ouverture. 

 

Il et vrai que la vie avec ma mère et mes frères était loin d'être simple. Seule, sans travail, avec quatre enfants, elle nous a élévés malgré les problèmes de santé à répétition, les problèmes financiers à foison. Elle faisait ce qu'elle pouvait, avec les bases qu'elle avait. Et pour cela, autant dire que pour certaines choses, elles étaient solides malgré tout, notamment sur l'aspect éducatif : hors de question de rater ce qui forgera l'avenir de ses enfants. Pour elle, enfant de l'assistance publique, retirée à sa famille en raison de parents alcooliques, rien ne comptait plus que ses enfants, avec en ligne de mire, l'objectif qu'eux ne vivent pas ce qu'elle avait vécu. Pourtant elle avait bien rencontré celui qui fût son mari en hôpital psychiatrique alors qu'elle était soignée pour dépression, et lui pour son alcoolisme. Elle, qui rejetait l'alcool, avait fini par tomber amoureuse d'un homme présentant les travers qui la rebutaient. Ah le destin, toujours prêt à nous jouer des tours celui-là, même si en filigrane, une chose les rapprochait, il avait lui aussi été retiré à ses parents ! Elle s'était mise en tête de le faire changer, de l'aider mais peut-on vraiment aider quelqu'un contre lui-même? Je suis convaincue du contraire. Aussi, peut-être que la façon dont s'est terminée leur histoire était prévisible. Allez savoir... La vie avec un alcoolique n'a rien d'enviable et cela grave en mémoire des scènes qu'il serait préférable d'oublier, ou en fait non, ne surtout pas les occulter pour les garder à l'esprit afin de s'en servir utilement pour l'avenir.

 

Bref, une chose est sûre, c'est que les services sociaux, malgré tout ce qu'on peut leur reprocher ont fait leur travail. Je ne saurais jamais assez remercier cette assistante sociale qui nous a suivis de près, tout comme cette assistante familiale, ou encore ces aides ménagères. Je n'oublie pas non plus tous ces voisins, qui à leur façon, nous ont chacun apporter ce petit plus qui fait toute la différence. Cela réconforte et aide à redresser la tête. Ainsi, je n'ai, pour ainsi dire, jamais connu ces magasins de mode vers lesquels les jeunes filles accourent. Ma marque à moi, c'était emmaüs, la croix rouge, U ou de simples dons. J'étais habillée correctement, et tout de même, n'est-ce pas là l'essentiel? Je le juge ainsi bien que je fus l'objet d'innombrables moqueries. Les enfants sont durs entre eux, peut être bien plus durs que les adultes car ils n'ont pas conscience de certaines choses. Néanmoins, parmi les personnes dites mûres, on ne peut pas dire qu'elles brillent toutes par leur intelligence, loin de là. Quelle est cette chose bizarre, chez qui il s'est produit des événements que je ne connais pas? Pourquoi donc sa mère fait sans cesse des malaises? T'as vu, son père, c'est celui que l'on voyait tout le temps bourré, il a même défoncé le muret de chez lui avec sa voiture. Paraît que leur tante a tué leur oncle et qu'elle est en prison, paraît aussi qu'il y en a une autre qui est folle et une autre prostituée....et tu ne sais pas, il y a aussi un oncle qui a été tué quelque temps après s'être évadé d'un hôpital psychiatrique, ah, et y'en a un autre qui est très bien connu de la justice, et puis aussi, le petit frère, lui il a été renversé par une voiture quand il avait 8 ans, il est handicapé...

 

Blablabla, je ne sais pourquoi les gens adorent tant se régaler du malheur d'autrui, ou ne se lassent pas de le commenter, en y apportant leur touche, leurs pseudo-explications... Cela doit leur passer le temps ! Moi-même, je m'en préserve. Quoiqu'il en soit cela apporte toujours et encore plus d'eau à leur moulin pour se faire des jugements hâtifs sans les pousser au-delà. C'est d'un triste. Résumer une personne à ce qui gravite autour d'elle est petit, simpliste, et ne porte que peu de considération pour ce qu'est réellement un être humain, un être complexe. Cela a le don de m'exaspérer au plus haut point. Non, tout n'est pas simple, linéaire... Il ne suffit pas de voir la partie émergée de l'iceberg pour se faire une idée d'une personne.

 

La preuve, durant toute ma jeunesse, je m'étais forgée des idées bien arrêtées sur mon père, toutes plus négatives les unes que les autres. Normal, il était absent, après tout, les absents ont toujours tort ! Pourtant, la maturité m'a fait prendre en considération des aspects que j'ignorais jusqu'alors. Peu à peu, le désir de le revoir me gagna, avec à l'idée d'avoir peut-être une discussion, des mots, un échange, dans le calme, et sans amertume. Je crois que ma rancoeur avait cédé sa place à autre chose de plus constructif. Cette idée fit son chemin un moment avant que je puisse la concrétiser et quand il fut temps, le destin y apporta son côté malicieux. Mon père, que je n'avais pas vu depuis au moins 20 ans, était atteint d'un cancer, qui l'emporta 4 mois plus tard. Saloperie de maladie, saloperie de destin !!! J'ai eu beau enragé, cela n'a rien changé malheureusement. Pourquoi? Ce n'était pas le moment. Je venais juste de retrouver ce que j'avais perdu il y a si longtemps.

 

Alors, durant ces 4 mois, j'ai croqué chaque instant à pleines dents, en ayant en tête que l'instant vécu serait peut-être le dernier, sorte de course contre la montre, en espérant que celle-ci ne s'arrête pas trop tôt. Pourtant 4 mois après, c'est arrivé et j'avais au fond de la gorge, un arrière goût doux et amer. La pilule était trop grosse et elle restait coincée : pourquoi avais-je attendu tout ce temps, punaise ? Peut-être simplement que je n'y étais pas prête, certainement même, mais quel gâchis au final ! Il s'est avéré que celui que je haïssais le plus avait rudement changé, même si cela ne l'excusera jamais d'avoir laissé derrière lui, sans se retourner, ses enfants. Il faut parfois savoir se forcer, se bousculer pour passer outre ses jugements de valeur, avancer, et y gagner. Je suis  aujourd'hui heureuse d'avoir pu faire ce choix, même si l'issue en fut malheureuse, d'autres ne l'auront jamais. Dans le fond, je préfère conserver le bon côté des choses, en me disant que peut-être jamais je n'aurais vécu cela, et que je serais passée complètement à côté.


Ne jamais regretter, ne pas se retrouver en position de l'être, sacrée devise, difficilement tenable en toutes circonstances, mais quand même bien présente. 

 

Toujours est-il qu'aujourd'hui, la perception que j'ai de mon parcours professionnel, l'approche que je peux avoir à l'égard des personnes que je rencontre, sont fortement liées à mon vécu. C'est peut-être cela la clé de mes questionnements. Il n'y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas et aucune barrière, aucun col n'est définitivement infranchissable. C'est sans doute cela que j'ai voulu chercher, ou prouver au vu des événements passés dans mon cercle familial. Je me le demande...

 

"Le destin mêle les cartes et nous jouons" - Arthur Schopenhauer

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 18:55

Quel grand mot barbare pour en fait désigner un comportement propre à beaucoup de personnes ! Peut-être l'êtes-vous?

 

L'autre jour, alors que je promenais mon fidèle compagnon à quatre pattes dans la forêt, mon attention a été attirée par une dame qui s'adonnait à la même activité. La forêt est en effet ce point de rencontre vers lequel êtres vivants de tous poils et de toutes espèces convergent afin de se délasser. Son chien, un petit Shi tzu, avait fière allure. Je ne dis pas cela parce que cet animal est un noble cousin Tibétain de mon poillux non non, enfin quoique.. Il y avait de quoi en même temps : une belle petite tête au port altier, un beau poil abondant couleur sable avec une once de noir, une queue bien touffue en panache, des yeux vifs et brillants. Il répondait au nom de Stitch (une fan du dessin animé, je présume), de quoi ravir ceux dont l'image passe aussi par leur chien. D’ailleurs, ça me fait penser que l’on prête régulièrement des ressemblances entre chiens et maîtres lorsqu’on s’y attarde un peu. C’est flagrant comme parfois l’animal reflète tout à fait le maître, même jusque dans les détails physiques.

 

Je l'ai constaté une fois chez le vétérinaire où un bouledogue attendait son tour. Je peux vous dire qu'il ressemblait à son maître qui avait la même bouille. (un peu moins frippé quand même). En effet, il est vrai qu'il y a des propriétaires de compagnons à quatre pattes qui en possèdent afin de satisfaire leur ego. Il en résulte d'ailleurs ce que l'on sait lorsque l'on se rend dans les divers refuges animaliers où ces petits êtres payent l’inconscience de leurs humains et pour lesquels ils sont devenus résolument trop encombrants. Par ailleurs, c'est un fait que l'on a tendance à choisir un chien selon sa personnalité, selon son carcatère quand ce n'est pas lui tout simplement qui nous choisit, comme pour faire vivre un mariage susceptible de durer quelques années. Un chien n'est pas une peluche, ni un objet que l'on prend par effet de mode pour ensuite le jeter comme l'on se débarrasse de ses effets usagés. Je ne suis pas Brigitte Bardot, je ne suis pas non plus l’une de ces extrémistes de la condition animale, mais je m’accorde à dire que tout être vivant doit être respecté non pas comme un objet, bien qu’au niveau juridique il s’agisse d’un bien, mais comme un être.

 

Je m'arrête donc discuter avec cette personne qui m'expose fièrement les derniers résultats de son animal préféré en exposition canine. Un vrai champion semble-t-il, à ses dires : plusieurs fois primé, plusieurs fois félicité. Une pro de l’expo ! Elle me raconte les divers soins : shampoings, brossages, vernis, parfums, ce plusieurs fois par semaine, voire même par jour selon les périodes. Il adore qu'on s'occupe de lui me dit-elle. Est-ce lui qui adore ou simplement mémère qui adore chouchouter son chien? Je pense que le problème se pose plus dans ce sens-là à mon sens. En me retournant, j'aperçois son "chéri" commençant à jouer avec le mien. Il court, batifole et fait le foufou. Et là, malheur, il se roule. Mon Dieu, horreur, et son beau pelage si bien peigné ! Le drame ! Éclats de voix de madame qui hurle sur son Stich ! J'ai eu envie de rire et j'ai ressenti de la tristesse pour ce chien qui, subitement, se faisait brimer par sa maîtresse pour une petite roulade. On se demande bien ce qu'elle faisait alors en forêt, endroit propice à toute sorte de rencontres, de jeux, mais surtout espace de promenade fort agréable pour nos amis à quatre pattes. Peut-être n'a-t-elle pas lu le "mode d'emploi" quant à la vie qu'ont les chiens de manière générale. Eh oui, c'est un scoop, ils se roulent, et de préférence, quand l'occasion se présente, dans tout ce qui est odorant, c'est tellement mieux. À cet instant, ce n'était pas le cas, cela faisait juste partie d'une séquence de jeu avec mon chien. Madame, horrifiée, a vite repris son loulou dans les bras, ajoutant qu'elle avait gros à faire pour rattraper tout ça. Je l'ai vue repartir, Stitch dans ses bras, les petits yeux rivés sur ma boule de poils, résigné peut-être. Mais c'est pour son bien, bien sûr....

 

Paraître beau, toujours bien peigné, pomponné, il n'y a bien que nous les humains pour s'en soucier. Le chien s'en contrefiche, mais il adore tellement faire plaisir à ses maîtres qu'il accepte tout d'eux même ce qui est contraire à sa nature.

 

La plus belle preuve d'amour que l'on peut offrir à son animal est de l'accepter tel qu'il est, avec les caractéristiques propres à son espèce. C'est une entité à part entière. C'est à nous de le comprendre et non l'inverse. Lui donner des aspirations humaines, c'est le renier dans ce qu'il est, un être à part, qui est heureux lorsqu'on lui permet de vivre une vie de chien.

 

Rendons aux chiens ce qui est aux chiens ! (Valable également pour l'ensemble des animaux...)

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 20:13

La nature est d'une beauté sans pareille,

S'exposant dans son plus simple appareil.

Sans avoir besoin d'artifice,

Elle se délivre sous ses meilleurs offices.

 

C'est toujours un spectacle.

De nos rêves, elle en est le réceptacle.

Humant ses parfums satinés,

Nous nous y laissons emmener.

 

Quelle douce sensation !

Forçant ainsi notre imagination

A découvrir des sensations

Toutes plus emplies d'émotion.

 

Face à toute cette technologie,

Qui envahit inexorablement nos vies,

Elle nous ramène à l'essentiel

A ce qui est existentiel...

 

L'air, l'eau, le feu, la terre, le vent,

En sont ses cinq éléments constants.

Leur pinceau, manoeuvré avec dextérité,

Se joue de tout principe arrêté,

 

Nous offrant des délices oculaires

Telles des oeuvres aux plaisirs séculaires,

Que nous ne pouvons cesser de mirer

De l'aube au crépuscule de notre vie.

 

Ô toi Dame Nature, ô ma déesse

Sous tes grands airs de noblesse

Se cache toute ton humilité

Face aux affres de l'humanité..

 

Tu fais montre parfois de tes tourments

Avec violence et force... Désarmant !

Pour nous, petits êtres minuscules

Perdus au milieu de cette vaste péninsule.

 

Source de vie et d'infini,

Ou, quand sonne l'hallali,

Source de larmes et de désespoir

Ainsi est écrite ton histoire...

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 15:15

Ah la prison ce sujet objet de tous les fantasmes partagés entre ceux qui voudraient qu'elle soit un lieu d'expiation des péchés, et ceux qui se battent pour au contraire l'humaniser afin qu'elle ne soit que synonyme de privation de liberté, qui est en soit une lourde punition. 

 

 La liberté n'est-elle pas le bien le plus précieux que l'Homme a à chérir ? La liberté d'aller et venir, la liberté d'expression, la liberté d'opinion, la liberté de penser, la liberté d'entreprendre ce que l'on veut... Ne nous sentirions-nous pas comme des oiseaux en cage si tour à tour celles-ci nous étaient retirées une à une, nous dépouillant de ce qui nous est le plus cher, sans en détenir la clé pour en sortir? 

 code prison

Hormis les "no life" pour lesquels la seule présence d'un ordinateur suffit à les satisfaire pleinement sans avoir à sortir, qui pourrait prétendre pouvoir passer aisément des jours, des semaines, des mois enfermés en vase clos, dans un monde où tout s'exacerbe de part la promiscuité, de part le personnalité des gens qui l'occupent, de part la rencontre de gens de milieux différents présentant diverses pathologies ou non ? Qui? 

 

Aussi, il faut prendre en considération cette sanction comme violente en elle-même. Nul besoin d'en rajouter, ni de souhaiter le retour du bagne tant son usage n'a vraiment pas convaincu de son bienfondé dans la lutte contre la récidive ou encore même la prévention du passage à l'acte. D'ailleurs, ce n'est pas tant la sévérité de la sanction qui dissuade mais la certitude d'être sanctionné. Là est toute la nuance ! Rappelez-vous gamin, lorsque vous envisagiez de braver l'interdit. Ah mais vas-y c'est bon, on ne se fera pas avoir, personne n'en saura rien. Et hop, allez, en douce, on fait. Vous aviez beau savoir que vous n'aviez pas le droit, mais vous l'avez quand même fait, pour le fun, pour la sensation de gloire que retire cette mini-victoire sur le monde des adultes, pour être de pair avec vos camarades.

 

Ces principes sont valables également lorsqu'une personne enfreint la loi. A l'instant T, elle ne pense certainement pas à la sanction ni aux conséquences. Combien disent simplement qu'ils se sont laissés aller, qu'il ont pété les plombs, qu'ils ont avant tout penser à la manne financière que produirait leur délit, ou encore qu'ils ne pensaient pas aller jusque là? D'autres diront qu'ils n'en ont rien à fiche. Cest ainsi, tous domaines confondus, il y aura toujours des irréductibles pour lesquels les solutions seront toujours difficiles voire même impossibles. Je ne parle même pas de ceux souffrant de pathologies pour qui le principe de sanction non accompagnés de soins paraît dérisoire. Vouloir traiter un problème en n'en traitant que les conséquences, c'est se tirer une balle dans le pied, car il repousse comme le chiendent et en s'enracinant de plus en plus.

 

Je ne suis pas pessimiste, ni reac, mais notre société est de plus en plus malade. Le stress, le rendement, la misère sociale, l'intolérance, la crise, le chômage, les inégalités, le sentiment d'être des oubliés du système et le développement de l'individualisme rendent l'équilibre de certaines personnes assez précaires. L'autre jour, je discutais avec un psychiatre d'une équipe mobile patrouillant dans les rues qui me faisait part de son inquiétude. Il y a de plus en plus de gens souffrant de pathologies dans les rues. Je le constate également dans le cadre de mon métier mais plus largement lors de conflits de voisinage où l'on se rend compte que là aussi, la pathologie prend une place importante. Sommes-nous tous malades de ce monde qui va trop vite et qui écrase un peu plus chaque jour le collectif sous le poids de l'individualisme? Je l'ignore. Je me pose des questions. Le stress est tellement un facteur déclenchant de nombre de névroses... (Vous avez compris, il faut cultiver la zenitude !) Peut-être suis-je simplement trop altruiste et pas assez égoïste... Ou peut-être suis-je simplement un peu fleur bleue, mais loin d'être innocente cependant.

 

Une chose est sûre, c'est que je me dis que personne n'est à l'abri de chuter un jour et de re retrouver dans les méandres carcérales. Parfois, tout va si vite ! Il suffit d'un événement, d'une faiblesse, d'une lente descente ou au contraire d'une descente brutale pour se voir emporter par les côtés les plus vils de l'être humain. Je ne dis pas que cela arrive forcément. On a tous eu une éducation, bonne ou pas, tous eu des principes, bons ou pas, encore que, certains ne disposent même pas de ces cartes-là pour affronter la vie. On fait tous plus ou moins preuve de libre-arbitre mais parfois celui-ci se heurte à certaines barrières qui s'imposent d'elles-mêmes. Alors? Comment ne pas être sensibilisée sur ce qu'aujourd'hui, dans une société comme la notre, la prison doit avoir comme place? On le sait, les prisons françaises sont surpeuplées. Les conditions de vie et surtout de réinsertion ne sont pas conformes à ce qu'on pourrait en attendre.


On nous promet de grandes et belles prisons avec toujours plus de places. Peut-être aurez-vous la vôtre, ou moi la mienne, qui sait. Je suis vraiment heureuse qu'on se préoccupe de mon éventuel futur hébergement, mais j'aimerais tellement mieux, pour moi, pour nous, pour vous ou nos/vos enfants. Victor Hugo partait du principe suivant : "Qui ouvre une école, ferme une prison" . Je crois qu'on en est rendu à la démarche inverse : "Qui ferme une école, ouvre une prison". Toutes ces lois toujours plus sécuritaires n'ont pas endigué l'évolution de la délinquance, loin de là. On le voit bien. Leur empilement successif n'a fait que désservir la Justice qui à chaque fois, oeuvre dans l'urgence avec le peu de moyens qu'on lui accorde. A quoi rime de proposer une loi à chaque fait divers? A rien. Mais cachez-moi cette misère que je ne saurais voir ! On préfère agiter des épouvantails dès que possible. Ca fait un responsable, tant mieux, on aime ça taper sur la tête d'une personne qui n'y peut rien. (Cf affaire de Pornic... ) A l'heure où règnent les concepts du risque zéro et du principe de précaution, on ne saurait tolérer qu'il y ait la moindre petit  proéminence qui fasse office de tâche sur une grande "oeuvre".

 

Mais dans la réalité, on veut mais on ne donne pas les moyens. Il serait bon d'envisager les choses à moyen et à long terme en se départissant de la chose politique qui évolue en fonction des désirs de l'électorat, et de l'émotionnel qui provoque des réactions plus ou moins excessives. Le sujet est beaucoup trop grave pour être traité comme un vulgaire appeau à électeurs. 

 

La Finlande l'a fait. Pourquoi ne serait-ce pas envisageable en France?



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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 19:41

Les collègues restent jusqu'à 5 heures du matin à proximité du site. M Frap n'a toujours pas bougé de son domicile. D'ailleurs la lumière du salon est allumée. Il a dû s'endormir aussi sec s'il en tenait une bonne couche. Il y a un étui de calibre 12 devant la porte du garage, probablement celui restant suite au tir en direction du véhicule de Madame, enfin les gars verront. Allez on lève le camp, les autres viendront à 6 heures, il n'y aura pas plus de mouvement maintenant.

 

Le soleil ne vient pas de se lever, ce n'est pas encore l'heure de l'ami Ricoré, mais il est quand même l'heure de se lever. Ahh il est trop tôt ! Pas assez dormi... Quand il faut y aller, il faut y aller. 5 heures, la bonne heure pour avoir une bonne tête dans le pâté. Non, je ne ferais pas ma tête de cochon, fais rillette ma grande allez, la France a besoin de toi ! A la douche, et ensuite, café ! J'écoute les infos, rien de particulier aujourd'hui si ce n'est qu'ils prévoient une belle journée, pas pour tout le monde me dis-je, mais ça c'est une autre histoire. Une demie-heure après, me voilà revêtue de mon habit de lumière, à préparer le café, cet allié incontournable dans la vie d'une brigade. Certains collègues sont là, d'autres pas encore. Le Proc a été avisé hier soir des faits, il est donc au courant de l'interpellation prévue ce matin. Ma première ! Ca y est je suis dans la vraie vie de gendarme, même adjoint, c'est pareil, le palpitant commence à monter.

 

Tout le monde est à présent là, on est une dizaine plus les gars de la brigade des recherches et le TIC. Lors du briefing, le gradé explique le dispositif et rappelle les consignes de sécurité. Je serais côté sud-est avec un collègue en couverture. Dans la mesure où l'on sait que M. Frap est armé et qu'il a vraisemblablement fait usage de son arme hier soir, la prudence est de mise, même s'il a certainement décuvé. Perception du gilet pare-balles, un dernier café, un dernier soupir, c'est l'heure. Euh, on est un peu en retard sur l'horaire prévue mais il est tôt quand même : 6h45. Il fait presque jour et déjà le soleil montre le bout de son nez. Heureusement que tu es là toi, ça fait du bien.

 

Tout le monde monte dans les voitures. On se sépare à l'entrée du quartier afin que chaque équipe rejoigne son poste : 4 devant, 4 derrière, 2 de chaque côté et les gars de la BR en appui devant. Il y a du monde dans le bourg ! Le quartier n'étant constitué que de 4 maisons, ça ne fait pas trop de remue ménage. En place avec mon collègue, j'observe la scène. Je ne vois pas ce qu'il se passe devant le domicile, étant située derrière le mur d'enceinte située sur les arrières. Puis, j'aperçois, les collègues passer derrière l'habitation. Qu'est-ce qu'ils fichent ? Deux autres sont à l'entrée d'un cabanon en bois situé sur le côté de la maison. C'est ce qui sert de garage. Ils ouvrent la porte puis font signe aux autres qui nous interpellent. Ah, quoi? C'est fini ? Bon ben on y va. Alors que je m'approche du reste de l'équipe en me demandant ce qu'il se passe, j'entends l'adjudant dire : "Il a perdu la tête !" Ah oui merci, ça je le savais. Pour tirer sur la voiture de sa femme il ne faut pas être frais. Mais encore?

 

- Je te le dis tout de suite Miss, tu débutes, si tu n'as pas envie de voir, ne t'approche pas. Fais comme tu le sens!

- Heu, quoi? 

- On ne sait pas ce qui lui est passé par la tête mais il n'en a plus.

- Ah non, pas ça ! Sympa, merci, pour le 1er mort que je vais voir, il en manque une partie. Quelle joie ! Je ne sais pas, je vais voir.

- De toute façon, pour le moment, seul le TIC et un gars de la BR sont dans la pièce, tu pourras y aller ensuite. Et puis, il faudra bien que tu t'y habitues malheureusement.

 

C'est ainsi que le chat noir commença à me coller à la peau. Il ne m'a jamais quitté de toute ma carrière gendarmerie, parfois même il se transformait en panthère. J'avais beau le brosser dans le sens du poil, non, il n'arrêtait pas de me faire des misères.

 

Prends ton courage à deux mains et lance-toi, tu n'en as pas fini avec ce genre de choses, ce n'est que le début. Je m'avance doucement vers la porte. Je croise les collègues qui savent tous que c'est mon premier cadavre. Le médecin est là afin de délivrer le certificat de décès. Je resterai là quelques temps à déconner avec les collègues afin de me changer les idées, de m'aérer l'esprit. Qu'il était bon le temps où j'étais innocente, loin loin de tout ça ! Bizarrement, là d'un coup, j'ai plutôt envie d'aller voir ailleurs. L'adjudant me fait signe. Je crois que c'est le moment. Voyons voir comment je vais réagir. C'est glauque. L'ambiance est mortifère. Je regarde partout dans la pièce, un bric à brac d'objets, de matériels divers. Une odeur bizarre est perceptible dans l'atmosphère. Mon attention est attirée par des petits trucs collés au plafond près de l'ampoule. J'essaie de distinguer ce que c'est mais j'ai du mal. En baissant les yeux, je le vois, lui, Tristan Frap, gisant sur le sol, un fusil se trouve là. Le TIC et l'enquêteur de la BR sont à ses côtés. Il y a du sang au niveau du haut du corps, sous sa tête. Je blanchis d'un coup et je sors prendre l'air. L'adjudant revient me voir en rigolant :

 

- Ben alors, ça ne va pas?

- Si si mais bon, hein, doucement. Je reprends mes esprits.

 

Un peu d'air frais fait beaucoup de bien dans ce cas, je vous l'assure. Deux trois grandes respirations et j'y retourne. L'un des collègues me tend un bloc-notes en me disant de noter tout ce qu'il dit. Je m'exécute et puis l'esprit occupé, on vit toujours mieux les choses. Je le suis partout dans la pièce en essayant d'éviter de regarder M. Frap puis à mesure que l'on s'approche, que je m'imprègne des lieux, j'y jette un oeil puis deux puis trois. Ah tiens, il lui reste une dent ! C'est complètement crétin comme réaction mais dans ces conditions, on essaie de se détacher de la gravité de la situation au maximum afin de ne pas se laisser enfoncer émotionnellement. Je lève la tête et réalise que ce que je voyais accroché au plafond, c'était des bouts de cervelles. Hum, ça alors, c'est très goûtu, ça donne envie de manger ce midi. Miam ! Il lui manque en fait toute la face, le reste ayant volé en éclats, enfin sauf cette fameuse dent qui tient par la force du Saint Esprit. C'est une ambiance particulière. D'après le médecin, la mort remonte à la veille au soir. Il pose un obstacle médico-légal s'agissant d'une mort violente. On suppose qu'il est passé à l'acte après le départ de sa femme, et avant l'arrivée des collègues, ces derniers n'ayant pas entendu de coup de feu. Brrr, ça fait froid dans le dos. 

 

On passe la matinée sur site : faire les constatations, le voisinage, enlever le corps, alerter Mme Frap qui ne s'attendait certainement pas à ce que nous l'informions du décès de son compagnon. Elle est effondrée et se considère comme un peu responsable de ce qui est arrivée même si dans les faits, elle n'y est pour rien. Il lui aurait été difficile d'agir autrement en de pareilles circonstances. Les premières constatations déterminent bien l'absence d'intervention de tiers extérieur, donc il s'agit bien d'un suicide. Même si tout y laisse penser, il y a systématiquement enquête de toute façon, on ne sait jamais.

 

Je n'oublierais jamais, et encore moins le restaurant du midi où je me suis trouvée à manger une bavette de boeuf bien saignante dans un restaurant. Je peux vous assurer qu'elle a eu une saveur particulière celle-là.


 


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