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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 10:37

Le dégoût... Un sentiment? Un état d'esprit ? Un peu des deux peut-être voire même sûrement !

 

Que pensez d'une institution que vous aviez à coeur de servir et pour laquelle vous aviez tant investi quand celle-ci n'a d'autre retour que de vous remercier gentiment parce que vous ne rentrez pas dans les cases fonction d'un seul critère? (courir) Il y a de quoi rendre les gens aigris et écoeurés. L'injustice de la justice administrative ! Réserviste, gendarme adjoint puis sous-officier, tout ceci ne représente rien face à la rigidité des textes qui décrètent que tel ou tel autre critère fasse office de barrière insurmontable afin de poursuivre une logique de carrière commencée 10 ans plus tôt. Bienvenue dans ce monde où peu importe votre manière de servir, peu importe que l'on vous ait félicitée, peu importe que l'on vous considère comme un bon élément.

 

Certaines voies sont impénétrables...


La flamme progressivement s'éteint, la bougie s'est entièrement consumée, laissant entrevoir l'obscurité et ses affres.

 

Un navigateur, pour garder le cap, se sert de ses instruments de bord, d'une boussole, d'une carte et du gouvernail de son embarcation. Il doit atteindre un objectif, et sans eux, n'y parviendrait certainement pas. En transposant cela dans d'autres domaines, il s'avère que ce principe se retrouve dans chaque chose. Sans idée directrice, sans but à atteindre, ni moyens, difficile est la route. Parfois, un changement de cap impose de replanifier tous ses projets ainsi que les moyens à mettre en oeuvre pour y arriver. Cependant, le sens du vent, les marées et les divers courants imposent des contraintes qu'il ne peut maîtriser. Il doit sans cesse s'adapter, être vigilant et essayer de s'imposer face à Dame nature qui se joue bien de lui. Il lui faut garder la tête froide et rester humble sans jamais pourtant faiblir. Et, un jour, il y arrivera finalement, parce qu'il l'a voulu et a su garder la tête sur les épaules. Il se rappellera de ses aventures en se remémorant ses galères et se dira que cela en valait bien la peine et que ce qui devait être, a été. Pour l'heure, il se bat contre les éléments, en essayant de ne pas se laisser emmener pas la déferlante de colère qui semble vouloir mener son navire. Un jour, il profitera du calme lorsque la tempête aura fini de faire son office.

 

Il en est de même dans la vie de tous les jours : il y a ce que l'on veut, ce qu'on l'on maîtrise, et ce que l'on ne maîtrise pas. Le destin se joue bien de nous à l'image de la grande bleue face au navigateur. Il nous impose de nous remettre en question à chaque instant, nous astreignant à vivre des moments parfois difficiles, parfois heureux. Il nous déstabilise parfois aussi, faisant de nous de parfaits équilibristes, ou jongleurs. Serait-on dans un cirque? Se donne-t-il pour mission de nous divertir en mettant un peu de piquant dans nos vies ? Comme un fauve tournant dans sa cage, il nous faut le dompter, apprendre à le connaître, éviter ses morsures ou les parer. Il se joue de nous, jouons avec lui. Méfions-nous de lui, mais acceptons-le tel qu'il est.

 

Et de l'obscurité renaîtra la lumière...

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 09:20

Cela faisait à peine trois semaines que j'étais affectée au sein de cette unité où j'ai exercé ensuite presque trois années. Lorsque l'on débute une carrière de gendarme, même sous le statut de gendarme adjoint, on s'attend un peu à tout, à rien. On s'imagine des choses puis on en découvre d'autres mais au fond, nous ne sommes jamais vraiment trop conscients que c'est en fait une grande aventure humaine qui s'ouvre à nous, une immersion dans la diversité de l'Humanité si complexe à appréhender. La vie en noir ou blanc n'est qu'une pure utopie qui ne peut exister tant ce serait une insulte pour celle-ci.

 

Bref, je ne pense m'être jamais préparée à ce que j'allais voir ce jour-là. J'étais jeune, presque innocente pour ainsi dire, assez loin d'une certaine forme de violence qui allait m'envahir l'esprit. Je crois que l'on peut appeler cela un "dépucelage" en règle. De permanence avec un collègue, une femme se présente au portail de la brigade en pleurs. Elle vient d'avoir une altercation assez houleuse avec son mari qui est alcoolisé. C'est le COG qui nous avertit car il est 21 heures, en dehors des horaires d'ouverture de la brigade. Galère, galère ! J'avais terminé mon service à 19 heures. Quand il faut y aller, faut y aller ! Etant d'astreinte, à chaque sollicitation du CORG, il faut se bouger et vite. J'éteins ma télévision, quitte mes chaussons et m'active. Allez ! Mon pantalon d'intervention, mon polo, ma polaire, mes rangers, mon ceinturon euh quoi d'autre, merde, de quoi noter. Bouge tes fesses ! C'est un peu ça lorsque l'on doit partir en intervention. On est chez soi, tranquille à vaquer à ses occupations et d'un coup, d'un seul, dès que la sonnerie du téléphone retentit, tout s'accélère et tant pis s'il y avait quelque chose à cuire sur le feu. Dans la mesure où je n'ai qu'à traverser la cour pour arriver au bureau, la question du temps de trajet ne se pose pas trop. Quelle joie de vivre matin, midi et soir, au travail, en repos ou en vacances avec ses collègues ! C'est certes pratique pour le service mais c'est un peu pesant question vie privée. On dit souvent que le gendarme est marié à la gendarmerie avant tout... Je vous laisse saisir la portée de cette phrase.

 

Arrivée au bureau, je suis rejointe par mon collègue qui lui aussi était chez lui. Il avait invité des amis. Aïe ! Ne jamais mais jamais inviter de personnes lorsqu'on est d'astreinte, sous peine de les voir condamnées à profiter de votre absence plutôt que de votre présence ! On s'échange deux-trois mots puis nous nous dirigeons vers l'accueil afin d'ouvrir la brigade à cette femme venue solliciter nos services. Elle fait les cent pas devant l'entrée et pleure. Elle est blonde, mince, de taille moyenne, et semble avoir la quarantaine. Un long manteau noir la recouvre des épaules jursqu'aux pieds comme si elle essayait de se dissimuler sous ses vêtements. On sent tout de suite que cette femme est perturbée et sous le choc. J'ouvre la porte, et la fait avancer. Elle s'approche timidement en nous remerciant d'être là pour elle. Elle a peur, très peur et ne sait comment faire. S'agissant d'une femme probablement battue, d'après les premières informations que nous avons, je m'en occupe sans me poser de questions, le collègue masculin restant de lui-même en retrait. La prise de contact est sans nul doute le plus important dans ce genre de situation et il ne faut pas en rajouter au regard de sa détresse psychologique. 

 

- Il a voulu me tuer, il a voulu me tuer ! Je n'en peux plus, il est encore ivre. Ca ne peut plus durer. Aidez-moi s'il vous plaît, je vous en supplie, je ne sais plus quoi faire, je suis perdue.

 

Mme Frap est en larmes. Elle bafouille, ses phrases sont saccadées. Elle vide son sac en enchaînant tout ce qui lui passe par la tête, comme si le fait de se trouver face à une personne extérieure lui otait le couvercle de cette cocotte minute enfouie en elle. Je l'écoute attentivement en la faisant asseoir et la laisse parler. Le dialogue, c'est avant tout 90% d'écoute. Elle m'explique que son mari boit depuis qu'il est au chômage. Au début, c'était ponctuellement mais à mesure que le temps passe, la situation s'aggrave. Il rentre régulièrement ivre à la maison et est agressif dans ces cas-là. Une fois, elle a reçu une gifle mais ce n'est pas quelque chose qu'elle considère comme grave. Ce sont plus les violences verbales répétées qui lui brisent le moral. Là, ce soir, c'est allé plus loin. Comme il était saoûl, ils se sont disputés pour une broutille et ça a dégénéré. Il l'a bousculée, secouée puis a pris son fusil de chasse et l'a mise en joue. Elle est partie en courant de la maison pour sauter dans sa voiture, une RENAULT Laguna, et fuir, fuir loin de son mari qui venait de la menacer avec une arme. Ce n'est pas rien, elle ne comprend pas, et crie de douleur. Au moment où elle est partie, il a tiré sur son pare-brise arrière. Elle n'a rien eu, n'est pas blessé mais la lunette est criblée d'impacts de plombs. Elle me montre sa voiture garée sur les places de parking tout en m'expliquant les faits. Elle craque ! Elle a eu la frousse de sa vie et ne s'attendait pas à ce déchaînement de violence de la part de l'homme qu'elle aime, ou a aimé puisqu'elle ne sait plus où elle en est. Je prends des notes tout en l'écoutant. Mon collègue est parti lui chercher un verre d'eau afin qu'elle reprenne ses esprits en buvant un coup. Il en profite également pour contacter le médecin de garde car elle est dans un tel état de stress qu'il est préférable qu'elle en voit un. Et puis, on ne sait jamais, peut-être présente t'elle des marques de violence, ce qui est intéressant à savoir dans l'optique d'une procédure judiciaire. Je la rassure en lui disant que c'est fini, qu'elle est en sécurité à présent. Il ne peut rien lui arriver. 

 

Je lui demande si elle sait si son mari est toujours présent au domicile. Elle l'ignore. Elle n'a pas pris le temps d'y prêter attention. En revanche, elle ne pense pas avoir été suivie par ce dernier jusqu'à la brigade. Ils ont une deuxième voiture, une AX blanche, et elle ne l'a pas vue bouger. Ceci dit, tout s'est passé tellement vite... Elle ne pensait qu'à une chose : PARTIR, sans demander son reste au vu des circonstances. Au cours de la discussion, je vois qu'elle se calme. Cela lui fait manifestement un bien fou de parler. Elle en profite pour me parler de son mari, Tristan Frap dont elle est tombée amoureuse il y a 5 ans. Il était divorcé, comme elle, et ensemble, ils se reconstruisaient une vie. Tout allait très bien jusqu'au jour où le chômage frappa à leur porte, il y a 2 ans. Le chômage, cette saleté de chômage ! Il a tout fichu en l'air... La boîte où travaillait M. Frap a fermé. Il a donc perdu son emploi involontairement alors qu'il était à fond dedans. Il ne l'a pas supporté et a commencé à passer du temps avec son nouvel ami Alcool afin d'éponger son chagrin. Mégane Frap ne l'a pas vu tout de suite. Elle se disait que c'était une mauvaise passe, que la situation allait s'arranger, qu'après tout Alcool ne ferait qu'un court passage dans la vie de son mari, lui qui n'était pas alcoolique. Seulement, Alcool sait s'imposer partout où il commence à s'installer, vilement, doucement mais sûrement. Et ça non, Mégane, ne pouvait se résoudre à y penser. Elle a vu cet ami se taper l'incruste au sein de son foyer, un peu, puis beaucoup, et puis plus souvent. Elle avait beau vouloir le chasser mais non, il revenait toujours à la charge, emmenant Tristan avec lui. Elle l'aimait et voulait l'aider mais Alcool faisait barrage à chaque fois. Quand il était sobre, il n'y avait aucun problème mais seulement quand il l'était; le reste du temps, il était agressif et s'en prenait à elle pour un oui ou pour un non. Elle résistait de toutes ses forces mais ce soir, n'en pouvant plus, elle avait osé le lui dire en posant les choses. Elle voulait prendre l'air, s'éloigner un peu afin de faire le point et réfléchir à son avenir, leur avenir. Il ne l'a pas accepté, d'où sa réaction emprunte d'une violence qu'elle n'avait jamais perçue jusque là. 

 

En l'écoutant, je sens que cette femme est à bout. Elle vit véritablement l'enfer au quotidien avec son mari qui lui préfère la compagnie d'Alcool, ce sinistre personnage venu s'immiscer dans leur vie. Elle ne veut plus vivre cela. Cette fois, il est allé trop loin. Il ne se rend même plus compte de ce qu'il fait, lui tirer dessus avec un fusil, non mais ça ne va vraiment plus. Elle veut porter plainte. Jusqu'alors, elle n'envisageait jamais de faire cela, quitte à supporter les débordements de Tristan. Mais le point de non-retour est atteint, il est temps qu'elle réagisse même si elle l'aime, et c'est aussi pour l'aider quelque part. Elle espère que l'intervention de la Justice pourra mettre un frein à la dérive de son compagnon, qu'il prendra alors conscience de ses actes, au moinjs pour qu'il puisse avancer. Quant à elle, elle ne sait pas vraiment si elle sera encore capable de le regarder tant son traumatisme est grand. Assises sur une chaise dans le hall d'accueil de la brigade, nous discutons ainsi un bon moment. Je lui explique qu'il va falloir recueillir son audition et qu'elle pourra s'exprimer autant qu'elle veut lors de celle-ci, concernant les faits, mais aussi concernant sa vie conjugale afin de donner à la Justice le maximum d'éléments sur sa situation et celle de Tristan. Ce petit aparté lui a permis de retrouver ses esprits et de faire tomber le stress, ce qui est déjà bien dans le cas présent. Parfois, il faut aussi savoir sortir du cadre de la procédure en agissant d'abord comme une personne face à une autre personne afin de la mettre en confiance, avant toute ébauche d'une quelconque paperasse. Je me suis toujours dit que si je venais de me faire agresser, j'aurais du mal à m'asseoir sur une chaise derrière un bureau à raconter mes malheurs à quelqu'un que je ne connais même pas et qui est en train de taper à l'ordinateur en même temps. Il y a mieux comme prise de contact c'est évident. 

 

J'invite Mme Frap à s'installer dans un bureau où le médecin de garde l'attend. Extra ! Il n'a pas traîné le doc, tant mieux. Nous les laissons tous deux pour la consultation. Mon collègue Max m'interpelle :

 

- T'as vu la tronche de la voiture ?

- Non ! Je discutais avec Madame

 - Sérieux, il est complètement allumé le gars ! Il y a des impacts de plomb sur toute la lunette arrière et un peu sur le coffre. J'ai pris des photographies du VL. J'ai appelé l'OPJ et le gradé de permanence. Ils arrivent. A mon avis, on ne devrait pas tarder à voir la cavalerie débarquer.

- Elle est mal en tout cas la pauvre. Quant à la cavalerie, ça serait bien car on ne sait pas s'il est toujours chez lui le type et vu dans l'état qu'il est à priori, il ne faudrait peut-être pas qu'il aille traîner je ne sais où avec son fusil.

- Non mais c'est bon, j'ai appelé les PAM 2 (si vous avez lu le texte plus bleue la vie, vous savez ce que c'est). Ils vont à son domicile, enfin pas loin afin de guetter. Vu l'heure qu'il est de toute façon, 21h20 on ne peut pas rentrer chez lui. En plus, il est bourré. Donc s'il ne bouge pas, on va le laisser décuver.

- J'espère bien qu'il va aller se coucher tiens. Une chose est sûre, elle au moins, est en sécurité et il n'y a personne d'autre là-bas, donc pas de risques pour des tiers.

- Ouep ! Tu me prends l'audition en flag s'il te plaît, je vais faire le topo aux gars et contacter le TIC de permanence pour la voiture. On va la rentrer dans la cour pour la mettre à l'abri en attendant. Je vais voir ça avec la dame après sa consultation.

- Pas de souci, ça roule ! Je mets ton nom pour l'audition ! (Hé oui, un gendarme adjoint agent de police judiciaire adjoint ne peut normalement pas prendre de plaintes puisqu'il n'est pas habilité, donc il ne peut mentionner son nom, ou en assistance uniquement. En pratique, ben c'est autre chose puisqu'on n'est pas encore à l'époque où lorsqu'on tape dans un placard, dix gendarmes en sortent)

Comme on dit : Go !

 

Madame a fini avec le médecin. Il lui a prescrit des calmants qu'elle devra prendre avant d'aller dormir. La consultation est à ses frais, la Justice ne le prend pas en charge, enfin pas à cette époque. Aujourd'hui, c'est à l'UML que les victimes de violences se rendent.

 

Alors, que nous dit le certificat médical : pas de lésions graves, présence d'ecchymmoses récentes aux avant-bras, un hématome à la cuisse droite, syndrome post-traumatique, ITT de 5 jours. Je n'y ai jamais rien compris à ces ITT aléatoires surtout quand c'était les médecins traitants qui délivraient les certificats médicaux, entre ceux qui mettaient des jours d'ITT pour rien et d'autres qui n'en mettaient pas alors qu'il y avait des blessures. Heureusement que maintenant tout se passe à l'UML avec des médecins légistes, même si en province campagnarde, ce n'est pas pratique. Certains plaignants renoncent d'ailleurs à y aller à cause du trajet - sic.

 

Je m'avance dans le bureau. Mme Frap est là. Elle présente mieux qu'à son arrivée. Je pense que cela lui a fait du bien de parler, de voir un médecin, d'être écoutée. Je vais enfin pouvoir recueillir sa déclaration afin de tout acter. Elle m'explique précisément ce qu'il s'est passé après avoir fait un exposé de sa situation avec Tristan. Ce soir, vers 20 heures, elle rentre du travail. Tristan est là. Il est un peu éméché et est vautré dans le canapé à regarder la télévision. Il y a football et dans ce cas, il ne faut absolument pas le déranger en grand passionné qu'il est de ce sport. (Encore un ignare qui n'a pas compris que le rugby, ça c'est un vrai sport) Elle s'affaire dans la cuisine pour ranger les courses et préparer le repas sans lui adresser la parole. Elle sait que ce n'est pas le moment. Alors qu'elle préparait une salade de carottes, André pénètre dans la cuisine. Il ouvre le frigo et se rend compte qu'il n'y a plus de bière. Ce n'est pas dramatique en soi mais pour lui c'est la fin du monde. Il commence à crier sur Mégane en l'invectivant, en lui demandant pourquoi elle n'en a pas ramenée. Elle se défend en lui répondant qu'elle l'ignorait. Ca ne lui plaît pas, sa bière il la veut et tout de suite ! Mégane se sent désarmée. Elle a bien vu la bouteille de muscadet vide sur la table basse. Elle ne souhaite pas qu'il continue à tutoyer Alcool. Elle essaie de lui faire comprendre qu'il en a assez mais il fait la sourde oreille. Elle explose et lui confie son désir de quitter le domicile quelques temps pour faire le point ce qu'il ne supporte pas. C'est inaudible pour lui alors il s'énerve, tape du pied puis la pousse. Elle ne réplique pas et essaie d'esquiver sans succès. Il se rapproche et la saisit par le bras. Elle se débat et arrive à reculer en se cognant contre le coin de table. Elle a beau essayer de le raisonner, il ne se calme pas. Il ne veut absolument pas qu'elle parte. Il ne peut pas rester seul, ce n'est pas possible. Elle est épuisée de partahger sa vie avec Alcool mais il ne veut rien savoir. De toute façon, il n'est pas en état de comprendre. 

 

Prenant son courage à deux mains, elle ose sortir de la pièce pour s'éloigner de lui afin de pouvoir prendre ses affaires qu'elle avait posées dans sa chambre : son sac à main et puis quelques changes au cas où, car ce soir, c'est décidé, elle ne dort pas là. Lorsqu'elle revient dans le couloir, elle se retrouve nez à nez avec Tristan tenant son fusil de chasse. C'est le fusil de chasse de son grand-père. Il l'a récupéré à son décès. A sa vue, elle sursaute, laissant échapper un cri de peur. Il lui dit qu'il est hors de question qu'elle quitte les lieux en pointant son fusil sur elle. Elle pleure et essaie de discuter avec lui bien que la situation n'y soit pas propice. Elle le raisonne en lui demandant de se calmer. Elle a la trouille mais il faut qu'elle fasse face, elle ne sait même pas si le fusil est chargé. Tristan continue son délire, il est hors de lui. Finalement, Mégane cède. Non, elle ne partira pas. Elle va rester avec lui car elle l'aime. Elle ne veut pas qu'il lui arrive quelque chose. Il finit alors par redevenir un peu plus calme baissant son arme en pleurant en ajoutant qu'elle est tout pour lui. Il s'excuse mais recommence à lui reprocher cette carence de bière. Il est vraiment perturbé. Dans sa tête, Mégane essaie de garder son calme. Elle ne veut pas lui montrer qu'elle n'est pas rassurée mais comment faire, comment ne pas hurler face à cet homme qu'elle ne reconnaît plus. Puis, profitant d'un moment d'inattention de Tristan, elle court au bout du couloir pour accéder au garage et sortir dehors. Sa voiture est garée devant. Elle court aussi vite qu'elle peut ne se retournant pas. C'est maintenant ou jamais Mégane, vite, vite ! Il la poursuit mais ayant un train de retard, il ne la rattrape pas. Au moment où il sort, elle est déjà dans sa voiture, moteur en route. Là, il se met à tirer alors qu'elle a démarré et qu'elle s'engage dans la rue. Elle entend du bruit provenant de l'arrière mais elle ne s'arrête pas, non, ce n'est pas le moment. Elle hurle mais continue. Il faut qu'elle trouve du secours, un endroit pour se réfugier. Il est devenu complètement fou. 

 

Elle prend son temps pour me relater les faits. Je lui fais préciser chaque détail, dans la mesure où cela peut avoir son importance pour la suite de la procédure. Par moments, je vois les larmes couler sur ses joues. Cela lui est pénible mais en même temps lui fait du bien d'en parler une nouvelle fois. Je pense qu'elle a besoin de se libérer tant la pression fût énorme. A la fin de l'audition, je lui fais relire et signer, et lui remets le récipissé de dépôt de plainte. Je lui parle de l'association "SOS Nanas" qui peut lui apporter du soutien dans cette épreuve. Je lui demande si elle sait où dormir. Elle me répond qu'elle a contacté sa mère. Elle va venir la chercher. Elle dormira chez elle. Elle ne veut surtout pas rentrer chez elle, ce qui est compréhensible. En plus, ce n'est pas vraiment le moment pour ça, son ami s'y trouvant. Ce serait complètement déplacé et dangereux surtout. Elle pourra l'attendre à la brigade. Je lui offre un café qu'elle accepte volontiers.

 

Max de son côté a fait son petit compte-rendu aux collègues. Le TIC est venu faire les constatations sur le véhicule. Ce qui est bien dans ces cas-là, c'est qu'il nous fait un super dossier. Ils sont au top en matière de constatations et de planches photographiques. On a l'air miséreux à côté avec nos pauvres appareils photos de dotation. Chacun sa spécialité comme on dit. Tout le monde est d'accord pour procéder à l'interpellation de Tristan Frap le lendemain matin à 6 heures, quand celui-ci aura décuvé. En attendant, les gars vont passer une longue nuit à surveiller son domicile au cas où il en sortirait. Enfin, ils ont quand même prévu de lever le dispositif au petit matin après s'être assurés que Monsieur Frap se soit couché.  L'Ax est toujours devant et il y a de la lumière dans le salon. Il n'a pas bougé de chez lui depuis les faits.

 

La mère de Mégane Frap arrive à la brigade. Max en profite pour l'entendre afin de savoir si elle était au courant des divers problèmes rencontrés par sa fille. Mais non, elle ne lui en avait jamais parlé. Pour elle, tout avait l'air de bien se passer dans le couple et elle n'a jamais cherché à se mêler de ce qui ne la regardait pas. Elle est légèrement abasourdie et a peur pour sa fille. Elle va l'héberger le temps qu'il faudra mais ne souhaite pas qu'elle retourne là-bas. On peut la comprendre, il ne s'agit pas de faits anodins. Après avoir signé son audition, elle retourne à l'accueil où je me trouve avec sa fille. Elle la prend dans ses bras, la rassure comme une mère peut le faire. Elles me disent au revoir et nous demandent de les tenir au courant de la suite. Je les regarde s'éloigner bras dessus bras dessous, serrées l'une contre l'autre. Que d'événements en une soirée pour elles ! 

 

Tristan n'est pas connu de nos services, ni de ceux de la police. Le Maire, alerté par la mère de Mégane, ne le connaît pas défavorablement. Il était au courant de la situation de Tristan, son penchant pour l'alcool, ses problèmes liés au chômage mais n'imaginait pas que le climat était si dégradé. Il trouve cela inquiétant. 

 

Il est minuit et demie, l'heure d'aller se reposer avant d'enquiller sur l'interpellation de Tristan prévue à 6 heures. Ca ne fera encore pas beaucoup d'heures de sommeil tiens ! Parfois l'envie de mettre du papier carbone sous l'oreiller pour avoir l'impression d'avoir deux fois plus dormi nous prend.

 

A suivre ...



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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 23:42

A toi, qui n'étais jamais là
Pour me serrer dans tes bras
A toi, si proche mais si lointain
De tous mes tourments quotidiens

A toi, que j'ai pu tant haïr
A en vouloir te détruire
A toi, qui m'as fait tant souffrir
Au point de vouloir en mourir

Quand, l'amour et la haine, mêlées
Bouleversent toutes mes pensées...
Entends-tu les hurlements de mon coeur ?
Car oui, à présent celui-ci pleure.

Vagues de larmes, torrent de pleurs,
Mais pourquoi donc arrive ce malheur ?
Notre existence nous a éloignés
Puis rapprochés et..... séparés...

La vie a son lot d'injustice
Que même les meilleurs auspices
Ne sont pas à même de prévoir,
Nous laissant ainsi dans le noir.

Pourtant, il n'y a point de regret
Peut-être un peu d'amertume
Qui, par moment m'embrume
Mais, ce qui devait, a été fait.

Non, ne cultivons pas les regrets
Mais plutôt, semons des projets
Afin d'embellir ce beau jardin
Que représente notre destin

Car passer de vie à trépas
Tous, nous y passerons, par là
Ce n'est qu'une question de temps
Avant d'nous rejoindre au firmament.

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 22:27

 

Le bleu est une couleur que j'affectionne particulièrement, non pas parce que c'est celle qui enjolive ma vie quotidienne dans l'exercice de mes fonctions, mais tout simplement parce qu'à mes yeux, je la trouve belle dans toutes ses nuances, que ce soit de la plus claire à la plus foncée. Le bleu, couleur de l'horizon (à la réflexion, tout dépend bien sûr des affres météorologiques), couleur de l'océan, cette immensité, calme ou déchaînée selon les turpitudes de la nature. Ahhhh, que je l'aime !

J'apprécie également beaucoup les petits schtroumpfs, vous savez, ces petits bonshommes bleus qui ont bercé mon enfance, pas si lointaine quoique tout est relatif, et celle de bien d'autres, du schtroumpf grognon, au schtroumpf farceur, au schtroumpf à lunettes, au grand schtroumpf....en passant par la fameuse schtroumpfette. Et j'en suis d'autant plus fan qu'ils arborent ma couleur favorite. 

Pour la symbolique, il se dit qu'il symbolise la paix, le calme, la volupté, la fraîcheur et la pureté. Il nous rappelle le ciel et invite à l'évasion spirituelle. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Wikipédia, c'est dire... 

Comment? Serais-je traumatisée ou obnubilée? Il est vrai que je suis de nature frileuse, et que j'ai à subir, lorsque les températures se font moins clémentes, des réactions physiques dont semblent souffrir certains avocats du Nord (c'est-à-dire qu'ils sont bleus, un peu à l’image du blog de Mô le Lillois d’ailleurs lol).

Comprenez surtout, à présent, que lorsque je me lève le matin et que je revêts mon habit de lumière (un polo, un pantalon, une polaire, des chaussures d'intervention, un ceinturon garni de divers objets dont l'arme de service, les menottes – ah fantasme de certains, blague à part -, le bâton de protection télescopique – ce qui fait qu'en fin de journée, vous êtes finalement content de vous délester d'un poids........eh non, désolée pour les fans de Corine TOUZET, oubliez la jupette qui est réservée aux cérémonies), que je me sente parfaitement à mon aise. En effet, bleue est ma vie, parfois à outrance, au gré des événements inhérents à ma modeste mission de protection des biens et des personnes, et ma contribution au respect de l'ordre et de la loi. Vastes missions qui englobent des prérogatives aussi diverses et variées que je pourrais me vanter, moi comme d'autres, de pouvoir exercer sous une seule même étiquette, des fonctions aussi diverses que : assistante sociale, médiatrice, psychologue (version allégée tout de même), assistant médical pour les hospitalisations d'office, gardien de vaches et autres charmants animaux de ferme ou sauvages qui peuplent nos verts pâturages ou forêts, et qui pensent que l'herbe est toujours plus verte ailleurs, même sur le bitume de nos routes, garde champêtre, agent des eaux et forêts, agents de la circulation, taxi pour la justice (ceci n'ayant pas de valeur péjorative....amis magistrats ayant à coeur de rendre une justice juste, humaine et équitable, n'y voyez rien de belliqueux, mon coeur de métier est assez large pour admettre que cci nous incombe également), conseillère matrimoniale ou d'éducation, pot de fleurs, enquêteur (ah? mais c'est donc pour cela qu'on trouve des agents ou des officiers de police judiciaire), et ... gendarme un peu quand même ! Cela représente beaucoup, mais on n'en fait jamais trop assez, me direz-vous !

J'ai bien appris ma leçon, aussi, je me suis passé en boucle la chanson de BOURVIL, la tactique du gendarme. Contravention, allez, allez, pas de discussion, allez, allez ! Je connais le métier ! S'il ne se résumait qu'à cela.... C'est peut-être, et certainement, sous cet angle, que la population nous perçoit et pourtant. Je ne parlerais pas des chats bottés (appellation donnée à ces porteurs de bottes en uniforme bleu qui parcourent les routes à la recherche d'un contrevenant, plus généralement appelé motards), dont c'est le métier, puisque spécialisés dans ce domaine, mais des autres, ceux qui peuplent nos brigades, ceux qui traitent l'événement au jour le jour, ceux qui vivent au coeur de la population, ceux qui vous reçoivent, vous accueillent et vous répondent lorsque vous composez le 17 et que vous êtes sous couverture gendarmerie, ceux qui reçoivent vos plaintes.

Le seul terme que, finalement, je retiens de cette chanson, c'est « allez, allez, », car, motivés, il faut l'être pour enfiler toutes ces casquettes dont je viens de vous faire état, et que l'on enfile successivement tout à tour selon les cas, selon les jours. 

Entre les astreintes premiers à marcher (PAM)1 ou 2 (pour les béotiens, il s'agit des équipes d'intervention), les astreintes OPJ, les permanences planton (le permanent de sécurité qui se doit de rester à proximité de son téléphone au cas où il serait sollicité pour intervention), les astreintes sous délais, et, ah, le réconfort après le dur labeur, les quartiers libres (terme applicable aux militaires puisque le gendarme l'est, qui signifie qu'enfin ce soir, il va pouvoir profiter de sa famille et de son temps libre sans avoir cette sonnerie stridente du téléphone qui le rappelle à ses devoirs), les repos (oui, oui, ça existe aussi chez nous), et le summum, les permissions (on me permet d'être en vacances, quelle diligence !), les jours passent, mais ne se ressemblent pas. La disponibilité, voilà bien l'essence de la gendarmerie !!!

Ca me fait penser que demain, je suis chargée d'accueil, ce qui, pour les non-initiés, consiste à tenir la permanence à la brigade pour répondre à toutes sollicitations, qu'elles émanent du citoyen qui se sera perdu à l'unité ou qui aura, tout simplement téléphoné, ou qu'elles émanent de la hiérarchie ou autres administrations. Et il faut tenir, c'est le cas de le dire, du matin au soir, entre midi et quatorze heures, à l'heure du déjeuner, où vous avez la joie d'apporter un peu de votre travail à votre domicile (lequel se trouve, sauf exception, car faute de place, en caserne, à deux pas des bureaux de la brigade), ne quittant jamais, au grand jamais, ce téléphone qui devient votre ami fidèle au moins pour 24 heures, bien qu'en soirée, ce sont vos collègues du centre d'opérations et de renseignements de la gendarmerie (CORG) qui prennent le relais, vous autorisant ainsi, des nuits plus sereines. 

Aurais-je le plaisir d'entendre la douce voix de crécelle de Mme ENCOREMOI, qui pour la énième fois, me soumettra son problème de voisinage avec M. EL MEMBETE, lequel a le malheur de choisir de tondre sa pelouse ou tailler sa haie ou nettoyer son véhicule au Karcher, à l'heure que où cette dernière choisit précisément de faire sa sieste, forcément. Sa sieste est d'une importance qu'il ne serait aucunement tolérable que son voisin vienne la perturber, certainement pas à quinze heures. En plus, juste avant, c'est les Feux de l'Amour. Ne s'agissant pas de nuisances sonores excessives, et, au vu de l'heure, difficile de reprocher à ce monsieur de vivre sa vie. Il ne peut décemment pas se calquer sur la vie de sa voisine, si « charmante avec lui », pour vaquer à ses occupations. Mais voilà quelque chose qui est difficilement audible pour elle qui pense à son confort. Sa sieste, elle y tient, et puis c'est tout ! Ne jugeant pas utile de se perdre en flots de paroles qu'elle estime inutiles, avec ce dernier, elle contacte donc régulièrement la gendarmerie afin que sauveurs, nous sommes, lui apportions THE solution, qu'il n'y a point, si ce n'est trouver un arrangement amiable entre les deux parties, les amener à discuter, enfiler la casquette de médiateur.... Mais à part cela, rien ! Nous ne détenons pas encore de solutions miraculeuses face aux mauvais coucheurs intolérants, qui ne tolère vraisemblablement, que leurs propres agissements, et rien d'autres, pas même leurs voisins. 

Ça me rappelle ces citadins qui, venus habiter à côté d'une ferme, se plaignaient du chant du coq. Je me doute qu'en plein PARIS, il est difficile de trouver un coq qui chante le matin, mais cela est très courant dans nos charmantes provinces. À quoi pensaient-ils en venant s'installer à côté d'une ferme? Les charmes de la ruralité, sans les inconvénients....les coqs n'étant ni classés en 1ère ou 2e catégorie (bien qu'il existe des coqs de combat), on ne peut donc les museler, j'en suis fort désolée.

Enfin, je n'ai pas reçu ce fameux appel, tant pas attendu. En revanche, une personne est venue me ramener un chien qu'elle avait recueilli devant son domicile. Non, Judge Marie, ce n'était pas le teckel qui a osé un jour, alors que vous étiez de permanence, vous affronter (promis, si je le retrouve, je vous en rends compte immédiatement!), mais un gentil labrador couleur sable sans collier, néanmoins tatoué. Pas de police municipale dans le secteur, donc, on vient à la gendarmerie. (même si cela incombe aux municipalités, mais nous sommes tellement bons et serviables). Rapide consultation sur le site de la société centrale canine (quand M le chien est coopératif et que son magnifique tatouage est lisible), propriétaire identifié, contacté et là, la personne vous l'ayant gentiment amené vous dit qu'elle a rendez-vous, urgent bien sûr, elle doit partir. Un chien sur les bras, manquait plus que cela. 

Quelque temps plus tard, toutou est rendu à son maîmaître, qui vous remercie chaleureusement, la perte de sa boule de poils, l'ayant profondément attristé (sentiment que je partagerais amplement si d'aventure, la mienne, euh mon chien hein, pour ceux qui auraient l'esprit mal tourné, disparaissait subitement). 

Je n'ai pas manqué entre-temps, de répondre aux diverses sollicitations téléphoniques : demande de renseignements concernant un dossier, M. TIMBRE désirant parler au Gendarme PROF. Me voilà à peine remise de mes émotions canines, que les pompiers sollicitent nos services pour un accident impliquant deux véhicules sur la nationale sur la commune de GEROULETROVITE. Il y aurait un blessé sans plus de précisions. Je contacte immédiatement les PAM 1 (si vous avez bien lu mon récit jusqu'à présent, ce terme n'a plus de secret pour vous) afin qu'ils effectuent la régulation et les constatations sur les lieux, puisque s'il s'avère que la personne est gravement blessée, ou décède sur place ou des suites de ses blessures, une procédure sera ouverte, sans oublier qu'il y a peut-être des infractions à relever (ah, les mécréants !!! ). 

Chose faite, je me remets devant mon ordinateur afin de consulter la messagerie. Court répit, M. TARTEMPION se présente au portail : il désire déposer plainte pour un vol commis dans son véhicule au cours de la nuit passée. Il s'agit d'une plainte contre X. Les constatations effectuées sur le véhicule n'amènent rien. Je prends sa plainte et lui remets son dépôt de plainte, qu'il fournira à son assurance, afin d'être indemnisé. La matinée se terminera sans encombre, hormis deux ou trois appels sans importance, me laissant un peu de temps pour rédiger mes autres procédures. Les collègues sont revenus de l'accident, ils établissent les divers messages obligatoires. À première vue, accident matériel, ce qui ne les a néanmoins pas empêchés d'effectuer toutes les constations utiles sur les lieux au cas où. Il est à présent l'heure d'aller me rassasier, comme pour eux. Je ferme les bureaux, non sans oublier de dévier le téléphone à mon domicile. J'ai dû bien recevoir deux ou trois appels entre midi et deux. Bonjour, est-ce que je pourrais parler au gendarme PASLA? Il est absent, donnez-moi vos coordonnées, il vous rappellera à 14 heures. Eh oui, grande nouveauté, les gendarmes, cette espèce de petits bonshommes bleus mangent ! Ils ne restent pas au bureau le midi, leur estomac criant famine, et méritant d'être apaisé. (même si dans certains secteurs, l'organisation est différente, permettant ainsi à l'unité de rester ouverte au public). En fait, quelle que soit l'heure, il sera toujours possible de contacter la gendarmerie, mais à certaines heures, ce sont les interventions et les demandes d'assistance qui sont traitées sans délai, pour le reste, il y a des horaires d'ouverture. Bon, après un bon petit repas, un petit moment de détente, il est temps d'y retourner. 

L'après-midi verra encore son lot d'appels, dont un pour une recherche de numéro de téléphone, il ne me semblait pas être un annuaire, mais bon, j'y réponds de bonne grâce. Un petit appel au magistrat du parquet pour une demande de décision concernant une plainte pour non-représentation d'enfant que j'avais prise le mois dernier, et dont le mis en cause a été entendu par mes soins. Médiation pénale. Il ne me restera plus qu'à convoquer les deux parties pour leur notifier. Plus tard, une femme se présente afin de déposer plainte pour violences conjugales sans ITT. Je la reçois et lui prends une audition, en étant parfois dérangée par ce téléphone, que j'aurais tant aimé qu'il me laissât tranquille. Je lui explique ce qu'il va se passer ensuite, discute un peu avec elle et lui donne son dépôt de plainte. Au cas où, je ne manque pas de l'informer de l'existence d'associations qui peuvent la conseiller. S'agissant d'une plainte contre une personne dénommée, j'informe le parquet par courriel, la modernité internettique. Je procéderai à un environnement dans les jours prochains, dès que le temps et le service me le permettront, avant toute idée d'entendre le mis en cause. Ca me fait penser que j'ai aussi plusieurs soit-transmis (ce sont en fait les enquêtes qui nous sont transmises par les magistrats, qui nous donnent alors leurs directives écrites pour les poursuivre) à traiter, et que je vais avoir besoin de convoquer les personnes concernées à l'unité. Je ferai ça à l'occasion d'un service de surveillance générale, ou comment surveiller de façon particulière 16 communes composant votre circonscription, les deux extrémités étant distantes de 45 kilomètres, service durant lequel vous en profitez pour prendre contact avec la population, remettre vos convocations, effectuer des vérifications, des enquêtes de voisinage....

Le reste de ma journée sera calme, pas de fait particulier à signaler. Ce n'est pas toujours le cas, il arrive que cela soit plus agité, jusqu'à retarder ma fin de journée aisément d'une ou deux heures, voire plus si affinités. Certains ont d'ailleurs le chic pour cela, et je dois l'avouer, j'en fais partie. C'est ce qu'on appelle des chats noirs, vous savez, ceux qui, lorsqu'ils sont de permanence, ne peuvent s'empêcher de les attirer, irrésistiblement, que ce soit en étant planton, ou PAM. Journée à deux, trois, six, dix plaintes, aucune journée de chargé d'accueil n'est égale à une autre. 

À l'issue de cette journée où je suis restée cloîtrée dans les bureaux de la brigade, voici venue l'heure de la débauche, en ayant, pris le soin de dévier le standard au CORG, et le poste servant de relais à mon domicile. Demain, je suis premier à marcher, et j’aurais donc la joie de m'aérer aussi bien de jour comme de nuit. Dormez bonnes gens, car, en effet, chaque nuit, de valeureux serviteurs parcourent les routes à veiller à votre sécurité, à répondre à vos demandes d'interventions, et à rechercher le malfaiteur, cette espèce si recherchée par nos services. Ce sont aussi les mêmes que vous pouvez croiser de temps à autre, de retour d'une soirée passée avec vos amis, sur le bord de la chaussée, grelottant de froid suivant la saison, et vous demandant si votre auguste personne a consommé de l'alcool avant de conduire son véhicule. Vous vous essayez alors à un fabuleux exercice de soufflerie consistant à gonfler un ballon blanc qui sera chargé de déterminer si vous avez consommé de ce breuvage. Sinon, félicitations, vous avez le droit de repartir. Sinon, je crains que vous ne deviez aller dans leur humble demeure afin de vous soumettre à un autre test de soufflerie, c'est-à-dire, à l'éthylomètre, qui seul vous indiquera le taux d'alcool présent dans l'air que vous expirez (à titre d'information, le taux à partir duquel vous êtes susceptible de faire l'objet de poursuites est de 0,25 mg/l d'air expiré), et sera déterminant de votre avenir. Bons joueurs, vous aurez droit à un deuxième souffle d'office, ou sur votre demande, sachant que c'est le taux le plus bas qui sera pris en compte de toute façon.

Bref, j'ai passé une excellente nuit, sans anicroche.

Je suis en forme pour cette journée qui se résumera à quatre interventions très différentes les unes des autres : des constatations du cambriolage du magasin de bricolage du coin, au règlement d'un différend entre une mère et son fils sur lequel elle n'a plus aucune emprise, en passant par une intervention en concours de l'huissier local pour une ouverture de porte, et finalement encore des constatations suite au cambriolage d'une résidence. Hum, hum, deux constats de vol avec effraction en une journée.... y'en aura t'il d'autres ? Non. Finalement, je n'aurais eu qu'une heure pour manger le midi, ayant été rappelé alors que justement, je m'étais attablée pensant pouvoir me délecter de mon copieux plat cuisiné tout prêt à faire réchauffer au micro-ondes (ces jours-là, il vaut mieux ne pas perdre trop de temps, si on veut ne pas devoir rester à la diète forcée,longtemps, si les événements se succèdent). Arrive la soirée, l'heure à laquelle, il est temps de vous adonner à votre petite escapade nocturne. Vous vous couvrez, il ne fait pas chaud, surtout ces temps-ci. La nuit est calme, même sur la conférence radio. Vous rentrez enfin pour retrouver votre lit, qui vous attend. Morphée vous appelle, mais brusquement, un son que vous connaissez si bien, et que vous exécrez à cette heure, vient vous perturber. Le téléphone !!! Il pleure, vous appelle, vous intimant de venir à son secours. Vous vous levez. Il est quatre heures du matin. Vous êtes rentré à 1 heure. C'est le CORG, il y a un accident : un véhicule a percuté un sanglier, le conducteur demande l'assistance de la gendarmerie. Vous vous rhabillez, la tête enfarinée, et vous y allez. Sur place, vous faites le nécessaire, appelez un dépanneur, et faites évacuer le cadavre de l'animal. Vous pensez pouvoir rentrer, mais non, un automobiliste a appelé, car un cheval divague sur la départementale 343, avec les risques d’accident que cela implique. Vous vous y rendez. Bien sûr, l'appelant n'est pas présent sur les lieux. Vous avez beau cherché, mais point de cheval vous ne trouvez. Pfff, il a sûrement regagné un champ avoisinant. Heureusement, on était déjà dehors. Fiers d'avoir accompli notre mission, nous rentrons. Un petit message à tite de compte-rendu, puis retour à la maison, et cette fois-ci, j'espère pour le reste de la nuit, ce qui arriva. Il est cinq heures et demie, je reprendrais donc le service à 15h30, bénéficiant de dix heures de repos physiologique à l'issue d'un service de nuit. 

Demain, en fait, c'est plutôt ce soir, au vu de l'heure, je suis de quartier libre, donc je passerai une soirée tranquille, après être allée faire mes courses au supermarché, car il faut bien s'approvisionner. On s'organise, car avec les astreintes, il faut être prévoyant. Je consacre mon après-midi à avancer dans mes procédures : deux auditions de témoin prévues. Un collègue me parle de l'un de ses dossiers, une enquête judiciaire avec des placements en à vue est programmée la semaine prochaine. Je l'assisterai, comme quatre autres camarades. Il y en aura pour la journée, peut-être le lendemain, c'est selon. De longues journées en perspective. Dans l'immédiat, j'ai mes auditions. Le calme est perturbé en fin d'après-midi, par un appel d'urgence à la radio. Il y a eu un vol à main armée sur notre compagnie, le plan Épervier est déclenché. Les PAM 1 étant engagés sur une découverte de cadavre, nous devons nous mettre en poste. Fort heureusement, j'en avais fini avec mes témoins. Moi, qui étais de quartier libre, je pense que mes projets risquent d'être compromis, le service avant tout. Je suis rentrée à 19h30 et le supermarché ferme. Mes courses attendront le prochain quartier libre ou mes repos à venir (deux jours par semaine, ou quatre jours d'affilée par quinzaine). L'organisation n'est pas toujours aisée, quand l'imprévu montre son nez. 

La semaine se poursuit. Aujourd'hui, je passe ma journée dehors, matin comme après-midi (on pourrait penser qu'il s'agisse de ballades rémunérées, mais il n'en est rien, combien de fois ai-je entendu : « Tiens, ils se promènent »), la rédaction de mes procédures attendra (sic)...Vous ne manquerez certainement pas d'expliquer cela à Mme UNTEL, M. JAIFOIENVOUS, et M. CURGENT, qui vous appellent régulièrement pour savoir où en est leur plainte, leur expliquant que, non, vous ne les oubliez pas, que vous les contacterez dès que vous aurez à le faire, et que vous ne disposez pas encore de quatre bras et deux cerveaux, et encore moins de journées de 48 heures, que bien que vous compreniez le caractère gravissime et urgent - tout devient de fait plus urgent lorsque l'on est concerné, même si, cela va sans dire, vous compatissez, vous êtes accessible à leurs griefs, mais à l'image de PARIS qui ne s'est pas fait en un jour, il en est de même pour toute enquête, envers et contre la tendance actuelle qui voudrait que tout soit traité avec célérité - de leur affaire, que vous ne pouvez faire autrement, entre les imprévus et les impératifs de service. 

Ce matin, je vais faire mon enquête de voisinage suite à la série de dégradations qu'il y a eu la semaine dernière dans le centre de la commune de VISICI. Et puisque nous ne sortons qu'en paire (on appelle cela un binôme), il faudra également penser à nous rendre sur VAPALA, afin que ma moitié puisse présenter un tapissage photographique (en fait, il ne s'agit point d'élire celui qui vous semble le plus beau, le plus charmant, mais on vous présente une planche photographique contenant plusieurs photos de personnes déjà connues en base, dans l'éventuel but de reconnaître celui que vous auriez vu commettre un méfait) à un témoin de faits de violences, et bien sûr l'entendre afin de l'acter en procédure. S'agissant d'une audition courte, on la fera sur place, muni de notre carnet de déclarations (eh non, l'ordinateur portable, vous pouvez oublier, nous sommes très traditionnels, nous préférons l'écriture – un peu malgré nous - ça fait moins geek tout de suite) Ensuite, accessoirement, nous ferons un peu de surveillance, ce qui, initialement, est le but premier de notre service. 

Mais, nous devrons aussi rendre visite à Mme MICHU, à VALABA, afin de faire des vérifications sur son véhicule, à la demande d'une brigade voisine. Voici venue l'heure de RENTRER. L'après-midi, nous sommes en service imposé de police de la route où, pendant toute la durée d'icelui, vous serez à la chasse aux mécréants qui oseraient contrevenir au Code de la route, bravant le vent, la pluie, la neige.... s'il y a lieu. Pour ma part, après dix voitures contrôlées, aucune infraction relevée, j'en aboutirais à remettre une convocation à M.PADSOU, qui a omis de faire passer son véhicule à la visite technique alors que celle-ci était dépassée depuis deux semaines. Pas de verbalisation, tant il est préférable que ce dernier aille s'acquitter du montant de cette visite, plutôt que des 90 € inhérents au paiement de l'amende relative à cette infraction, charge à lui de revenir me voir à l'issue du délai que je lui ai fixé, en ayant corrigé la chose. (Quoi? Eh non, je n'ai pas sorti mon joli carnet rose, synonyme de la douloureuse..) Ca me fait penser que la première fois que j'ai eu à faire usage de ce carnet, j'en étais toute tremblante et intimidée, et ce, d'autant plus que je me faisais vertement pourrir par cette charmante personne qui était « ravie » de faire connaissance avec moi. Je vous rassure, depuis, je porte mon gilet pare-balles en permanence, on ne sait jamais !!! C'est vrai quoi, nous n'avons vraiment que ça à faire, et le pauvre citoyen qui se sera fait voler son vélo que vous n'aurez pas retrouvé, ni d'ailleurs ceux qui auront commis ces faits, est ce que vous y pensez, je me le demande ! . Non, mais vraiment, c'est intolérable !!! Toujours là quand il ne faut pas, et jamais là quand il le faut ! 

À côté de ça, vous vous souvenez de ce jeune garçon de 16 ans qui a chuté de son scooter il y a cinq mois, et qui malheureusement est décédé. Il ne pensait certainement pas à mal lorsqu'il circulait en n'attachant pas son casque, et en le mettant comme bien des jeunes le font, légèrement surélevés. Il ne pensait certainement pas non plus à l'accident lorsque devant ses copains, il s'amusait à faire des wheelings et pourtant, cela arriva (selon l'adage, cela n'arrive qu'aux autres, paraît-il...). Oui c'est vrai, toujours là quand il ne faut pas, et jamais là quand il le faut ! Et, on saura, bien sûr, vous le dire.

Père Noël, en cette fin d'année où je te sais si surchargé, à moi qui ai été si sage toute l'année, merci de ne pas oublier mon soulier, et de penser à m'apporter cette jolie boule de cristal que je voie en rêve, et que j'attends depuis tellement de temps !

Ceci n'est, pour sûr, pas une semaine type, ni un emploi du temps type, tant notre activité dépend de l'événementiel, qui selon les périodes, les jours, est plus ou moins intense. Alternance de moments calmes, suivis de moments plus mouvementés, on s'adapte, fonction du secteur sur lequel on évolue, fonction de la population occupant celui-ci.

Aussi, ne soyez pas surpris, si un jour, vous faites connaissance avec le conjoint ou la conjointe d'un gendarme, qui vous fredonnera : quand il me prend dans ses bras,il me parle tout bas, je vois la vie en bleue...car bleue est la vie, plus bleue la vie ! Tout du moins celle de votre serviteuse, comme celle de ses collègues. 

* Récit datant de l’époque où je servais encore la grande bleue...

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 22:16
                                                                     
S'il est des moments qui restent gravés à jamais au plus profond de sa mémoire, c'est bien celui-là. La toute première fois ! Comment décrire ce moment magique où, vous découvrez ce dont vous avez longtemps rêvé, et que, là, tout de suite, enfin, vous allez en palper les plaisirs imminents. Indescriptible émotion qui vous gagne et vous fait prendre de tremblements, de frissons.. Que de pensées envahissantes, avant même d’avoir goûté au plaisir de faire corps avec cet autre qui n’attend que vous. Le mélange de deux êtres pour ne faire qu’un n’est-il pas représentatif d’un tout harmonieux que rien ne saurait perturber. L’envie donne envie d’avoir envie et permet de franchir ce pas qui marquera à jamais votre existence.

Les images se chamboulent dans votre esprit, les pensées s’embrouillent, votre corps transpire rien qu’à cette idée. Des frissons parcourent votre dos de haut en bas, puis de bas en haut, lentement mais sûrement. Le coeur, par ses soubresauts, vous prépare à vivre de nouvelles sensations fortes et  intenses. Voici ce moment que vous attendiez tant, celui où vous allez concrétiser l'un de vos désirs profondément enfoui au plus profond de votre être. Vous n’en connaissez pourtant rien, mais vous savez d’ores et déjà que ce passage vous bouleversera, telle une Révolution intérieure.

C'est une belle journée d'été. Le beau ciel bleu net, sans nuages, Dame Météo ayant décidé de se mettre de la partie, vous rappelle qu'il s'agit d'une journée exceptionnelle, qui sera inoubliable. L’air chaud caresse votre peau en l’imprégnant de chaleur. Le petit vent qui souffle dans vos oreilles vous chante une douce mélodie, lancinante, entraînante, qui vous incite à vous laisser aller. Il est l’heure de se jeter à l’eau et de se noyer dans ce qui représente une goutte d’eau dans cet océan de vie.

Il est là, face à vous, vous offrant un regard sur lui, que vous ne perceviez peut-être pas jusqu'alors. Enfin, vous le rencontrez ! Cette attente qui vous a semblé interminable prend ainsi fin. Tout votre corps tressaille rien qu’à l’idée de vous en approcher. Il est puissant, beau, calme et rempli de caractère : une force de la nature.  Il vous dévoile sa silhouette que vous mirez goulûment, à la recherche de la moindre imperfection que vous ne trouvez pas. Ses longs cheveux soyeux vous attirent. Vous ne souhaitez qu’une seule chose, les toucher, les caresser afin d’en apprécier la douceur. Ce ne peut être réel, vous êtes en train de rêver....Vous osez avancer votre main, et de celle-ci, vous en appréhendez le contact avec sa peau. Vous retrouvez cette douceur qui berçait vos pensées à l'évocation de cet instant. Vous parcourez lentement ses lignes, vous imprégnant de son odeur si particulière. Vous voudriez que cet instant perdure à tout jamais tant il vous est impossible d’en imaginer la fin. Vous découvrez, peu à peu ce mystérieux étranger que pourtant vous semblez connaître depuis si longtemps à force de rêves et de désirs : ses rondeurs, ses saillies, ses aspérités, ses courbes, telle une excursion en terres inconnues, à travers monts et vallées. Du bout des doigts, vous le sentez tressaillir au contact de vos caresses. Elles le font réagir. Il n’est pas insensible à celles-ci. Son parfum vous enivre. Vous le reconnaîtriez entre mille. Il sent la liberté, l’impétuosité, la fougue d’un être que vous ne maîtrisez pas. Cet air sauvage et indomptable vous intimide, mais ravive la flamme du désir. Il vous est enfin accessible sans pour autant l’être totalement. Il garde une part de mystère que vous essayez de percer.

Progressivement, vous vous laissez aller à l'idée de vouloir l'enfourcher en passant délicatement votre jambe au-dessus de lui. L'Everest se fait de plus en plus palpable : ne faire qu'un, se sentir en osmose avec lui, dans un doux mouvement de va-et-vient. Vous respirez cet instant à pleins poumons, comme une bouffée d'oxygène dont vous ne soupçonniez pas les effets. Grisée, émue, vous le sentez vivre, vibrer entre vos jambes. Vous l'entendez souffler. Ses battements de coeur jouent une symphonie dont vous êtes le chef d'orchestre. C'est intense... Votre coeur s’emballe de plus en plus; votre corps tremblote. Votre respiration devient de plus en plus saccadée et vous vous laissez envahir par ces toutes nouvelles sensations.

Toute cette puissance mêlée à la délicatesse ! Pur instant de communion avec un autre, où tout s'oublie, passe, sans que rien ne puisse venir le perturber. Bonheur inestimable...!

Il s'appelait Tonnerre, un magnifique petit cheval mérens, à la robe noire comme l'ébène...
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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 16:57

Tout est dans le titre !

 

A force de demandes répétées émanant de diverses personnes aussi avisées que sympathiques, j'ai donc l'honneur de vous présenter mon blog. Je ne prétends pas pouvoir en remplir les pages régulièrement, mais je vais essayer d'y construire un espace agréable, où je pourrais m'exprimer sur à peu près tout et n'importe quoi, et où vous pourrez également vous exprimer en commentaires dans les limites qu'impose la loi : pas d'insultes, pas de propos diffamants, pas de cancans de basse-cour. Je n'aurais pas de thème directeur, mon esprit étant assez libre concernant l'écriture, je peux tout aussi bien vous parlez de nature, que de justice ou d'actualités, ou simplement vous faire partager quelques poèmes qui n'ont de valeur que celle qu'ils ont à mes yeux, ou vous faire part de sujets qui me tiennent à coeur.

 

Vous pouvez critiquer, ne pas aimer, trouver le style inadéquat ou au contraire apprécier, c'est votre avis et je serais preneuse de toute remarque ou suggestion constructive tendant à améliorer cette petite bêbête qu'est ce blog, en essayant de le faire tenir au mieux sur ses pattes.

 

Je vous souhaite bien du plaisir à me lire (ou pas) et en profite pour faire une dédicace spéciale à Mussipont qui attend cela depuis au moins 4 ans je crois. Quelle patience, il faut le dire je crois ! Je n'oublie pas non plus ceux qui me tannent depuis mon passage remarqué chez Maître Eolas et encore bien avant chez Maître Mô, il y a fort longtemps. Finalement, c'est peut-être ça l'idée, arrêter de squatter (me faire inviter plutôt) vilement chez les autres pour avoir mon propre espace à moi, que j'agrémenterais selon mes désirs. Vaille que vaille ! Et comme on dit, en route !

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