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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 20:25

Se mirer dans un miroir pour se regarder, s'admirer, percevoir ses défauts, cela nous arrive à tous.

Ah qu'il est bon de se pavaner devant cette glace et de s'autosatisfaire de sa petite personne, de cette image renvoyée vers soi, pour autant qu'elle nous convienne ! Si tel n'est pas le cas, alors cette glace, froide, brute, vide d'émotions peut se révéler être source d'intenses douleurs venant percuter notre ego.

Mais je ne vais pas vous parler de ce miroir-là. J'aimerais pouvoir vous en écrire un roman mais ce n'est pas le sujet de ce billet. Cela deviendrait vite plat même si cela pourrait peut-être briser la glace entre nous. Allez savoir ! Toujours est-il que ce miroir peut se traduire aussi de façon immatérielle, en ce qu'il n'est nul besoin de se trouver devant pour en percevoir les effets.

Ils n'étaient que des noms dans des dossiers, des situations parmi d'autres situations prises en charge dans le cadre de mesures d'AEMO (Assistance éducative en milieu ouvert) prononcées par un Juge des Enfants. Leur situation, propre à chacun, était compliquée. Un Juge des Enfants ne prononce pas une mesure d'AEMO parce que cela lui fait plaisir, mais plutôt parce qu'il estime que "la santé, la sécurité ou la moralité d'un mineur non émancipé sont en danger, ou si les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises" - art 375 du Code Civil link . Il n'est guère besoin d'expliciter le sens de cet article tellement il est clair à mon sens. Pour faire simple, on rentre bien souvent dans le cadre de familles complètement "déconnantes" qui, au travers de leurs carences, nuisent au bon développement de leur enfant, et ce, souvent sans s'en rendre compte. Cela arrive régulièrement dans le cadre de conflits parentaux, de divorces à la suite desquels les enfants se retrouvent pris au milieu de conflits d'adultes, adultes qui ne perçoivent plus que leur intérêt propre et non celui de leur progéniture. Les situations en arrivent à être ubuesques. La passion puis l'amour qui a pu en découler durant des années laissent place à la colère, à la haine et au ressentiment et la moindre étincelle provoque une explosion avec toutes les retombées que cela implique. 

Je ne les connaissais pas, ils ne me connaissaient pas. On ne s'est jamais rencontré.

D'eux, je n'ai lu que leurs dossiers dans lesquels étaient relatée l'histoire de leur vie, les répercussions psychiques sur leur construction, leurs souffrances, leurs fragilités et leurs espoirs.

D'eux, j'ignore en fait tout ce qui ne figure pas sur papier.

D'eux, je me sens proche.

Et là,

Je me prends ce qu'on appelle un "putain d'effet miroir" en pleine tronche et je me retrouve l'estomac noué. Je sors prendre l'air, je souffle. Quelques larmes coulent le long de mes joues. Je prends la mesure de ce qu'il se passe en ayant conscience que les blessures de ces gens présents dans ces dossiers viennent simplement réactiver les miennes. Je me sens conne et fragile, d'un coup ! A une époque, j'aurais lutté, résisté afin de ne pas laisser sortir mes émotions, plus maintenant, car c'est une réaction malsaine. Je me re-construis, j'apprends à me connaître et cela passe par le fait de vivre ce genre de situations que je trouve gênantes mais qui doivent exister quand même pour me permettre d'avancer.

On ne fuit pas son passé ; on ne le répare pas non plus, mais on apprend à l'affronter et à le gérer pour en ressortir quelque chose de beau, même s'il était laid.

Un miroir se trouvera toujours sur notre route pour nous le rappeler...

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 11:24

Cela peut vous paraître anodin mais c'est tellement important. En effet, ne pensez jamais que le corps et l'esprit sont deux entités totalement séparées qui n'interagissent aucunement entre eux, vous vous leurreriez !


J'ai 31 ans et je suis spasmophile, ou plutôt je le suis devenue à la suite de la perte d'un emploi qui m'était cher. Cela peut vous sembler curieux mais en fait, quand on y réfléchit pas tant que ça. Vous savez, on porte tous sur ses épaules le poids de son enfance, le poids de l'héritage familial que l'on nous a transmis. On croit tout surmonter en se forgeant une carapace, qui devient de plus en plus épaisse à mesure du temps qui passe. On croit pouvoir faire face en se disant que la vie est devant soi, pas derrière ; que malgré les carence familiales, on est plus fort que ça. On avance pour s'éloigner d'un schéma familial toxique qui se reproduit de génération en génération (alcool, problèmes psy, carences affectives, délinquance etc...) On se protège comme on peut. On évite de se plaindre car ce n'est pas dans la plainte, ni dans un fonctionnement victimaire que l'on trouve son salut. On encaisse les coups, on envie les familles dites "normales" en s'en inspirant, en se disant que c'est cela que l'on veut transmettre plus tard, à ses enfants. On évolue et on ne baisse pas les bras.


Puis, un jour, alors que vous pensiez être costaud, vous perdez l'emploi qui vous avait apporté un cadre et une protection, au delà d'une situation professionnelle satisfaisante. Même si psychologiquement, vous tenez bon et vous vous dites qu'il ne faut pas vous laisser abattre, , votre corps commence à dérailler. Crampes musculaires, palpitations, maux d'estomac, vertiges, sensations d'oppression, fourmillements dans les membres, angoisse... Là, vous ne comprenez pas. Ce n'est pas la fin du monde, ce n'est juste qu'une perte d'emploi. Mais était-ce vraiment cela la source de ces manifestations physiques ? Au jour d'aujourd'hui, je peux vous dire que non. On peut toujours lutter, se battre mais arrive toujours un moment où le corps nous ramène à ce que nous avons de plus profondément enfoui en nous. On ne se sort pas d'un milieu ultra carencé en tout sans dommage sur le plan de sa construction personnelle. Le corps vient nous rappeler à quel point nos souffrances et blessures sont importantes, et que même si nous ne les verbalisons pas, elles existent. On pourrait s'arrêter là, se dire qu'il faut composer avec. Certes oui, mais il faut surtout prendre son courage à deux mains et aller regarder son enfance, son développement personnel et en analyser les compmosantes, quitte à réveiller une immense souffrance, celle de l'enfant perdu qui était et qui a eu de la peine à se construire, celle de l'adulte face à la réalité de sa famille et du mal que certains proches ont pu lui causer, consciemment ou non. Cela ne se fait pas tout seul, ni du jour au lendemain. Cela implique également de se retrouver complètement à terre, de se retrouver les jambes coupées car l'on vient casser notre construction pour commencer une re-construction. C'est une démarche longue et coûteuse sur le plan émotionnel mais c'est à ce prix que l'on peut se permettre d'envisager un avenir plus serein, et certainement plus équilibré, surtout si l'on veut casser ce schéma inter-générationnel qui fait que les situations et les problèmes se reproduisent d'une génération à l'autre sans que les gens ne s'en rendent compte, en tout cas, en soient conscients.


Ce travail de longue haleine perturbe fatalement notre vie au quotidien car il nous fragilise. Nous, qui nous pensions forts, nous voyons à présent comme une personne démunie, une personne totalement ébranlée qui entame sa renaissance. Accepter cela est très dur car c'est admettre que l'on est bien plus fragile que ce que l'on voulait admettre. Cela nous rend bien plus sensible aux changements, au stress, et ce d'autant plus en étant spasmophile, qui est un état d'hyperexcitabilité neuro-musculaire. Cela provoque des désagréments gênants avec lesquels il faut composer, surtout en cas de situations stressantes où les réactions normales liées au stress sont alors démultipliées. On peut vouloir le contrôler, se battre contre ça pour ne plus en ressentir les effets mais peut-on lutter vraiment contre son corps ? Ce serait mettre face-à-face "soi à soi" et je doute que cela aboutisse à un résultat positif. Je pense qu'au contraire, il faut accepter que notre corps s'exprime car il fait ressortir le trop-plein présent en nous. Il faut considérer cela coimme une période de sa vie, comme une étape avant autre chose et se donner le temps de la vivre tout en continuant le travail entamé sur soi. C'est long, fastidieux et lassant parfois, mais il faut avoir confiance en soi, en ses ressources et en la vie. Et, quand on a un entourage amical qui nous soutient (dédicace à ceux qui se reconnaîtront et que je remercie), cela permet de mieux traverser ce passage.


"Aie confiance en toi-même, et tu sauras vivre !" - Goethe

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 09:52

Si j'étais Garde des Sceaux, je ferais en sorte que le budget alloué à la Justice soit digne de ce nom.

Si j'étais Garde des Sceaux, le personnel aurait enfin les moyens humains et matériels de mener à bien ses missions.

Si j'étais Garde des Sceaux, les délais de jugement et d'application de ceux-ci seraient raisonnables.

Si j'étais Garde des Sceaux, je mettrais en oeuvre une politique pénale respectueuse des droits de chacun, prévenus, condamnés, parties civiles, en accordant une place non-négligeable au volet réinsertion, ceci contribuant à la prévention de la récidive.

Si j'étais Garde des Sceaux, les prisons seraient enfin à la hauteur d'un pays dit civilisé : plus de matelas au sol, plus de locaux insalubres, plus de surpopulation, plus de conditions de détention indignes...

Si j'étais Garde des Sceaux, je veillerais à ce que l'individualisation des peines soit la règle.

Si j'étais Garde des Sceaux, la prison ne serait plus la référence en matière de peine, puisque nous aurions d'autres alternatives bien plus efficaces et bien plus utiles.

Si j'étais Garde des Sceaux, J'essaierais d'innover en misant sur des programmes qui ont fait leur preuve ailleurs tels que ceux portant sur la justice restaurative.

Si j'étais Garde des Sceaux, la France ne serait plus condamnée par la CEDH.

Si j'étais Garde des Sceaux, l'indépendance de la Justice serait vraiment respectée.

Si j'étais Garde des Sceaux, la récidive serait exceptionnelle.

Si j'étais Garde des Sceaux, enquêteurs, magistrats, greffiers et avocats marcheraient main dans la main pour une Justice plus juste.

Si j'étais Garde des Sceaux, ce serait le monde merveilleux des bisounours, où tout va bien, où rien ne dysfonctionne, où tout le monde est heureux.

Si j'étais Garde des Sceaux, j'éviterais de garder des sots dans nos rangs.

Si j'étais Garde des Sceaux..

Si j'étais Garde des Sceaux...

Si j'étais Garde des Sceaux...

 

Mais je ne suis pas Garde des Sceaux... Triste non ?

J'en ai assez d'entendre de beaux discours sans que rien ne change ; assez d'attendre des choses qui ne viennent pas ; assez de croire au changement qui n'arrive pas...

 

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 12:15

 

Cela fait longtemps que je n'ai rien écrit ici, aussi, je vais corriger cette carence de ce pas. En revanche, je vais aborder un thème un peu différent de ceux dont vous avez eu à connaître jusque-là.

 

En effet, qui n'a jamais ressenti un jour son coeur battre à cent à l'heure, en ayant l'impression qu'il allait sortir de sa poitrine, en situation de stress ? Ce réflexe est naturel en cas de danger réel. C'est une réaction de défense de l'organisme face à un événement, qui lui permet de provoquer une réaction adaptée de notre part. Jusque là, tout est normal. Ce qui ne l'est pas, c'est quand ces réactions se produisent face à des situations non-dangereuses, où le danger ne se situe que dans l'inconscient et dans la peur d'avoir peur.

 

C'est un peu ce qu'il m'arrive depuis que j'ai quitté la gendarmerie... On n'a pas idée de ce que certains événements peuvent provoquer dans le subconscient d'une personne. Pour ma part, je n'avais jamais eu à connaître de tels troubles auparavant. Cela a commencé quand ma situation professionnelle au sein de l'institution s'est dégradée. Un jour, alors que je prenais l'autoroute pour rentrer chez moi après un week-end passé dans ma famille, j'ai senti mon coeur s'emballer, mes bras et mes jambes se raidir, mon cou aussi, avec la sensation que j'allais faire un malaise alors que je conduisais. Je me suis arrêtée sur la bande d'arrêt d'urgence pour reprendre mes esprits, ne sachant ce qu'il m'arrivait. Après un retour au calme, et de grandes inspirations, j'ai repris la route sans que cela ne se reproduise. Puis, à mesure, que le temps passait, à mesure que la fin de mon contrat approchait suite au non passage de carrière, ces crises se sont intensifiées, intervenant à chaque fois sur le trajet entre mon lieu de repli et mon lieu de vie (de travail aussi), d'abord au retour, puis à l'aller également. Dès que je prenais l'autoroute, c'était la croix et la bannière. J'ai même fini aux urgences une fois à cause de cela car j'étais alors en pleine crise de panique et incapable de contrôler quoi que ce soit. J'ai très vite pu en identifier les causes. L'angoisse n'était pas liée au fait de prendre l'autoroute mais à mon avenir dont je perdais le contrôle, ne sachant de quoi il serait fait. Ces crises sur l'autoroute n'étaient en fait qu'un symptôme de mon malaise "psychologique". Quitter la gendarmerie a été une épreuve douloureuse qui m'a confronté à beaucoup de choses refoulées depuis mon enfance. Aujourd'hui, ça je l'ai compris mais ces attaques de panique n'ont pas décidé de me lâcher pour autant.

 

En effet, l'été dernier, alors que je partais en vacances en voiture en prenant l'autoroute, cela m'a repris, alors que je n'en avais pas eu depuis 6 mois. Je remercie mon inconscient de m'avoir rappelé cela, non mais vraiment, je vous jure. C'est simple, si à la base, l'autoroute n'était pas un problème, elle l'est devenue par le simple fait que lors du premier épisode, ces crises m'ont donné la trouille. Pour le coup, dans mon cerveau, cela fait TILT : autoroute = crise = peur = peur d'avoir peur = crise . Triste constat que j'ai encore eu l'occasion d'expérimenter hier alors que je me rendais aux épreuves d'un concours. J'ai eu à emprunter une portion d'autoroute. Un début de crise m'a gagnée mais comme aujourd'hui je sais ce que c'est et pourquoi cela arrive, j'arrive plus ou moins à contrôler et gérer. No panique ! On respire, on se dit qu'on a le droit d'avoir peur, que ce n'est rien et que notre corps ne fait qu'exprimer ce que l'on a au plus profond de soi. Il est fort probable que le stress du concours y ait eu un effet cela dit. (Rassurez-vous, ça ne m'a pas déconcentré pour un sou !) A moi de déconditionner mon cerveau à présent, et c'est encore un nouveau combat.

 

Car il serait trop simple, vraiment, que les causes ne soient dépendantes que de moi. J'ai la chance, ou plutôt la malchance, d'avoir une maman souffrant de sérieux troubles agoraphobes depuis sa jeunesse. Elle ne le reconnaît pas et bien sûr, ne fait rien pour y pallier. Pour elle, tout est danger à l'extérieur. Faut faire attention à tout, on pourrait se faire agresser, violer, tuer, voler, dilapider parce que les gens sont tous méchants et que le monde va mal les amis. Elle arrive à sortir de chez elle mais pas plus loin que les lieux connus. Dès qu'il s'agit d'aller en ville ou d'aller voyager pour voir du monde, elle n'est plus là. Elle trouvera toujours un prétexte pour éviter la situation. Avec l'un de mes frères, on a voulu lui offrir des billets de train pour qu'elle aille voir un membre de sa famille, retrouvé il y a peu, elle n'y est pas allée... Quand je pars en voyage... Et puis non, je vous passerais tout ce qu'elle peut me sortir tellement c'est énorme. Toujours est-il que si je l'écoutais, j'aurais dû être agressée dix milliards de fois.

 

Et voilà, à force de vivre dans un tel schéma, je vous laisse imaginer ce que ça peut laisser comme trace, sauf que moi, je fais ce qu'il faut pour prendre le dessus et avancer. D'ailleurs, il n'y a que le fait de prendre l'autoroute en voiture qui me provoque des sensations bizarres, je suis loin d'être une ermite. Ma foi, si mon corps veut s'exprimer, qu'il le fasse, je composerai toujours avec lui, et pas contre lui. Il faut parfois du temps pour panser des blessures profondes trouvant leur source dans la plus tendre enfance et si, parfois le cerveau feint d'oublier, c'est le corps mêlé au subconscient qui le rappelle.

 

 

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 18:18

Usée, usée, usée, par ce que la vie m'apporte comme coups du sort. Gravir les montagnes, ça ne me fait pas peur mais quand j'arrive près du but, le destin n'a de cesse de s'amuser avec moi. Aussi, j'en ai marre, même plus que marre.

Certains naissent avec une cuillère en argent dans la bouche, d'autres, pas. C'est toute la différence. Porter sa vie comme on porte un fardeau est parfois lourd. Vous vous demandez certainement pourquoi cet avatar de hamster avec des haltères. C'est un peu l'image que j'ai de moi, de manière métaphorique, face aux événements qui se succèdent dans ma vie. Je ne suis qu'un tout petit bout de femme, avec un coeur gros comme ça, et beaucoup d'allant à me battre pour ne pas chuter. J'avoue avoir une certaine force de caractère, pourtant parfois je me laisse aller dans des larmes, dans des cris ne trouvant pas toujours de réponse à mes questionnements. Parfois aussi, l'envie de tout foutre en l'air me prend, comme un moyen de se débarrasser de tout ce qui me gêne.

Mais non, parce qu'un jour, la roue tourne et que les efforts ne sont jamais perdus, tout aussi dures que soient les épreuves. Même dans le doute, il faut savoir croire en sa capacité de se relever, croire que tout peut être meilleur même si cela nous est difficile. Je l'ai toujours fait jusque-là, il n'y a à priori pas de raison que ça change mais c'est fatiguant. 

La vie est un éternel combat, puisse un jour y trouver un peu de sérénité...

 

 

 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 10:21

Parfois, il y a des choses qui énervent et me font sortir de mes gonds. Je veux parler de la jubilation de certains que je n'appellerais pas journalistes car ils ne méritent pas cet honneur (ce serait dégradant pour les vrais), à vouloir créer le buzz sur internet en se fichant éperdument de certains principes, en se fichant des humains qu'ils lancent en pâture sur la place publique. Pour ceux qui sont sur Twitter, je pense que vous comprenez à quoi je fais allusion, pour les autres, je m'en excuse mais je ne ferai pas de publicité à un homme qui n'en mérite pas.

 

Je crois que le moment est opportun pour vous parler du travail de tous ces magistrats, ou autres professionnels du droit sur le réseau social qu'est Twitter. Au travers de leurs tweets, ils opèrent une démarche véritable de "vulgarisation" du milieu judiciaire en le rendant accessible à tous. Derrière chaque twitto se cache un justiciable qui, pour le coup, s'offre une fenêtre sur ce milieu qu'il méconnaît, et sur lequel il nourrit tant de fantasmes bien souvent erronés. C'est une plus value pour l'institution judiciaire que d'avoir cet interface qui permet bien souvent de ramener le citoyen à la réalité, celle que vivent au quotidien nos magistrats. L'ignorance crée bien souvent des fausses idées nuisibles en accentuant le fossé entre la Justice, et ceux qu'elle sert. Enfermer les magistrats dans ue sorte de tour d'ivoire, c'est les conforter dans ce que beaucoup leur reproche : leur manque d'ouverture. Outre le côté humoristique, il y a un réel travail pédagogique qui est fait quand des justiciables les interpellent sur un sujet précis pour avoir leurs éclairements, ou quand ils réagissent à leurs tweets et se voient donner des explications. Bien souvent, "in real life" (geek jusqu'au bout), ces mêmes personnes n'oseraient pas le faire, et à vrai dire, n'oseraient tout autant pas franchir la porte d'un tribunal.

 

Cela s'applique à tous ceux qui exercent certaines professions (policiers, gendarmes, avocats, médecins, psychologues, fonctionnaires de tel ou tel service etc...). Ces corps de métiers sucitent beaucoup d'interrogations parce que méconnus. Cette méconnaissance nourrit l'imagination des gens qui développent ainsi de fausses idées, ce qui est regrettable. Alors pourquoi ne pas considérer que Twitter a son utilité publique quand il s'agit de donner à la portée de tous, ce qui n'existe pas autrement ?

 

L'humour n'enlève rien au sérieux des personnes qui tweetent. Ca ne remet pas en cause le professionalisme de celles-ci. C'est un moyen comme un autre de servir de soupape. Moi-même, lorsque j'étais gendarme, j'ai pu être amenée à rire, à faire de l'humour alors que nous étions sur une découverte de cadavre. Cela peut paraître incongru au regard de la situation, mais on en est tous là, à un moment, on relâche la pression pour mieux se concentrer sur sa mission, par ce qu'on est humain. Cela ne nous a pas empêcher de faire notre travail comme il devait être fait. Et que dire des tweets que j'écrivais à l'époque ? Je ne me souviens plus exactement de leur contenu, mais me semble bien que certains auraient pu être qualifiés de déplacés si vraiment on s'arrête au premier degré. Pourtant, en faisant cela, je sais aussi que cela a intéressé des gens sur le métier de gendarme et que cela a permis d'ouvrir le dialogue en démystifiant un peu ce corps de métier. 

 

Il faut libérer l'expression ! 

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 10:17

J'ai entendu cette question pas plus tard qu'hier. Aussi, l'envie m'a prise de rédiger un petit billet sur le sujet. L'idée n'est pas de vous faire une dissertation mais de vous livrer ma perception de la chose, laquelle a évolué à mesure de mon utilisation.

 

Après avoir longtemps traîné mes pattounes sur divers blogs, un ami, @Mussipont (on twitter et ailleurs) m'a invité à venir rejoindre ce réseau social. C'était il y a plus d'un an. J'étais assez sceptique et avais une préférence certaine pour l'expression en plusieurs phrases. Je me suis donc lancée. Au départ, je trouvais l'outil intéressant pour la mine d'informations qu'il apporte. Moi-même, je partageais beaucoup sur le sujet justice, prison, droit, thématiques qui me tiennent à coeur. C'est rapide, instantané et pratique lorsque l'on se pose des questions auxquelles on souhaite avoir une réponse. Très vite, j'ai creusé mon trou parmi certains "influents", comme on dit, en apportant la titetinotino touch ! Cela a de fait élargi mon cercle de followers ou faux-lovers selon les cas. 

 

Le temps passant, j'ai découvert via ce réseau social beaucoup de personnes, dont certaines sont à présent de véritables amis qui, même si la distance nous sépare, ont une place réelle dans ma vie. N'oublions pas que derrière un pseudo, il y a une personne. Si l'écran d'ordinateur, ou de téléphone portable, nous séparent physiquement, cela n'altère en rien les relations qui peuvent naître. J'en ai pris la pleine mesure lors de la fin de mon service gendarmerie, période noire durant laquelle je me suis vue soutenue par de nombreux twittos qui m'ont apporté beaucoup, je dois dire.

 

Chaque fois que j'avais un entretien d'embauche, tous ces gens dans mon téléphone (au moins c'est pratique, ça prend moins de place que de tous les emmener physiquement...) m'envoyaient des messages d'encouragement, de soutien qui me donnaient à chaque fois un peu plus d'allant. (@Bip_Ed, @Wondernaddie, @CecileRodriguez, @sexyalkoboy, @Proc_Gascogne, @Maitre_Eolas, @jugedadouche, @jjalmad, @MisterCuve, @Japipok, @Decleec, @Mussipont évidemment, @Ausa92, @Immaterielle, @flo_fae, @eblacksheep, @leloupphoque, @PJ_Un_Jour, @roseourenard, @OlEB555, @Homogenevensis, @kindiafi, @lordclancharlie, @_musgrave_, @Kdet_Rousselle, @switz_fr, @claiiireb, @baggout, @legrugru .... et la liste est longue encore....)  Je les en remercie du fond du coeur. Si on m'avait dit que je vivrais cette expérience lorsque je suis arrivée sur twitter, je ne l'aurais pas cru. En effet, je ne voyais ce média que comme une source d'informations, de débats et d'échanges ironiques, de jeux de mots, d'humour.

 

Force est de constater que je ne le vois plus ainsi, en tout cas, au vu de mon utilisation. Parmi mon bric-à-brac d'infos, qui parfois n'existe même plus selon les jours, je tweete aussi apéro, vernis, photos, coups de gueule, coup de coeur, visites, dialogues de filles, dialogues à la con... Je ne me cantonne plus à l'utilisation que j'en faisais initialement. Et c'est tant mieux, je serais passée à côté de tant de choses. Il arrive même que des twittos-colis se balladent dans toute la France parfois, du nord au sud, d'est en ouest avec de spécialités locales, ou des crèmes solaires, ou des posts-its... C'est aussi ça l'esprit twitto ! 

 

Je pourrais aussi vous parler des mes dernières vacances en avril et en mai de cette année mais cela fera certainement l'objet d'un autre billet. Là encore, l'esprit twitto a surpassé tout ce que je pouvais imaginer et surtout, j'ai fait de magnifiques rencontres qui m'ont permis d'asseoir certains liens d'amitié nés sous le sceau de Twitter. 

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 19:58

Je sais bien qu'il est plutôt d'usage de converser au sujet de l'éducation des enfants. Je laisse le soin de le faire aux personnes concernées. Parlons plutôt de ce qui me concerne de près et peut, peut-être un jour (je ne vous le souhaite pas) vous concerner : l'éducation de votre maman, ou de vos parents en général. Cela peut paraître abscons mais non, ne rigolez pas, cela peut arriver.

 

Tout d'abord, vous l'enfant tant désiré, tant aimé, devez démontrer et faire accepter que vous êtes un adulte capable de penser et de s'exprimer par lui-même. Le petit bébé qui chouine, qui réclame son biberon et qui est totalement dépendant, c'est bel et bien fini ! Vous n'êtes pas le prolongement de vos parents mais une entité à part entière, et, à ce titre, n'êtes pas dans l'obligation de leur ressembler. (ouf... ) Ne vous sentez pas redevables de ce qu'ils vous ont donné. Ils vous ont voulu et ont donc accepté le principe même de donner la vie à quelqu'un pour qu'il s'épanouisse et réussisse sa vie. On a un enfant à "soi" mais pas pour "soi" ! C'est peut-être ce qu'oublient certaines personnes...

 

Apprendre à dire non ! C'est la première règle. "Tu peux m'acheter ceci, tu peux m'acheter cela, tu peux me faire ceci et me faire cela..." Combien de fois ai-je entendu ces paroles ? Je n'aurais pas assez de mes mains et de mes orteils pour compter. Eh bien, non ! Je ne suis pas née pour servir ma mère en toutes circonstances. C'est un risque à se faire bouffer toute entière si je cède. Loin de moi l'idée qu'il ne faut pas lui faire plaisir. Il faut simplement que mon plaisir passe avant le sien. Je lui donne ce que j'ai envie de donner, pas ce qu'elle veut. Ce n'est pas pour cela qu'elle ne va plus m'aimer ou me renier. Je suis sa fille, est-il besoin d'en rajouter !

 

Ne pas céder au chantage affectif ! Cette deuxième règle découle de la première. Les "tu me déçois", "t'es vilaine", "je ne t'ai pas éduqué comme cela", ou "je ne t'aime plus", ça ne fonctionne pas. Jouer sur la corde sensible, c'est vil et malsain et pourtant certains s'y adonnent à coeur joie sans pour autant s'en rendre compte. Rentrer dans ce jeu, c'est se faire prendre au piège dans un engrenage dont on ne sort jamais. On en finit par s'oublier et ne penser qu'à l'autre. C'est un exercice difficile mais il faut apprendre à se détacher. Il en va de votre bien-être et du bien-être de la personne concernée.

 

Ecouter ses problèmes mais lui faire comprendre que vous avez les vôtres aussi, qui ne sont pas moins importants ! Elle a son passé, vous, le vôtre. Le dialogue, c'est 90 % d'écoute. C'est compliqué lorsque vous êtes face à quelqu'un qui n'est tourné que vers sa personne. Il faut lui faire accepter de vous écouter aussi, ce qui est parfois mission impossible. Si tel est le cas, tant pis, il y a tellement de personnes autour de vous sur qui vous pouvez compter.

 

Accepter qu'elle ne changera pas ! Elle a un âge certain et a sa vie plus derrière elle que devant. Pour vous, c'est le contraire ! Si elle n'a jamais fait de travail sur elle, ou ne s'est jamais remise en question, elle ne le fera pas maintenant. Il faut parfois apprendre à faire le deuil de certaines choses, et des relations que vous auriez pu avoir. C'est comme cela, mais ça ne vous empêchera pas de vous construire. On se fait plus de mal à vivre dans l'attente de choses qu'on n'aura pas. 

 

Demander lui de s'exprimer clairement plutôt que de suggérer les choses ! Elle est là, vous regardant avec ses yeux doux, en vous disant : "Oh zut, l'ouvre-boîte ne fonctionne plus. Il faudrait en acheter un..." Quelqu'un qui ne connaît pas l'oiseau pourrait ne pas y prêter attention, mais quand on a des années de pratique, on sait très bien ce que cela veut dire. Eh oui, mais non, cela ne fonctionne pas.

- Hein, quoi ? Qu'est-ce que tu veux dire ? 

- Il faut un ouvre-boîte.

- Oui, et ?

- Ben j'irais en acheter un demain.

- Ah, je comprends mieux comme ça. 

Ce petit dialogue ne signifie peut-être pas grand chose pour vous mais il veut en fait dire tellement. Entre dire, "il faut un ouvre-boîte" et "je vais acheter un ouvre-boîte", cela n'a pas le même sens dans sa tête. Plutôt que de rester sur un non-dit suggestif de quelque chose, je préfère lui faire expliciter clairement pour qu'elle comprenne que je perçois bien sa manière de faire. 

 

Ne pas se sentir affectée par sa jalousie pas vraiment dissimulée ! Vous venez de passer un super week-end, ou de superbes vacances, et quand vous rentrez, vous avez le droit aux habituelles jérémiades : je ne me sens pas bien, je suis fatigué, j'ai mal ci, j'ai mal ça... Oui, elle a des problèmes de santé mais bon, cela ne doit pas vous empêcher de prendre du bon temps et de vous faire plaisir. Variante : vous allez partir et elle ne se sent pas bien. Partez quand même sauf si les signes de détresse vitale sont évidents mais généralement, ce n'est pas le cas, évidemment. 

 

Savoir lui faire plaisir tout en se faisant plaisir ! Il n'est pas question de se conduire comme une peau de vache avec sa mère tout de même, le tout c'est que chacune y trouve son compte à l'instant T. Mais, dans ce cas de figure, c'est vous qui avez décidé, ce qui n'est pas pareil.

 

Bref, aimer les autres, c'est aussi savoir imposer des limites. Ce n'est pas parce qu'on laisse à une personne le droit de tout, qu'on montre qu'on l'aime, bien au contraire. Cette situation n'est pas forcément saine dans le sens où les rapports sont sensiblement inversés mais en s'imposant un cadre, on se préserve.

 

Comme on dit : "Aide-toi, et le ciel t'aidera !"

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 16:00

Je m'interroge parfois sur les raisons qui m'ont fait autrefois embrasser la vocation de gendarme, puisque c'est ainsi que je la considère, ou autrement dit comme un sacerdoce. Cette question a beau tournoyé dans mon esprit, il ne m'est pas aisé d'y trouver une réponse de manière claire et précise. Est-ce pour le sens du service d'autrui, ou pour la sensation d’œuvrer pour un idéal de justice qui peine un peu à se grandir en ces temps assez agités, ou bien pour la gloire d'arborer fièrement cet uniforme que je portais au quotidien, même si point de gloire il n'y a ? Est-ce simplement de la fierté, chose que je ne saurais juger déplacée eu égard à certaines composantes de ma vie ? Cette vie qui aurait pu, dans mon enfance, me réserver un tout autre destin. Le destin...


Sommes-nous destinés à, ou sommes-nous seulement dans des dispositions qui font que certains choix de vie s'imposent à nous, sans pour autant nous enfermer dans ceux-ci ad vitam eternam ? Vaste question à laquelle toute réponse péremptoire semble fragilisée face à la complexité de l'existence ! On ne dira jamais assez que la nature humaine est une chose complexe, partagée entre moultes tendances se retrouvant parfois aux antipodes l'une de l'autre ; alors essayer de résumer la vie, une vie, en un volet simpliste est une pure perte de temps. Je souhaite bien du courage à ceux qui s'y essaient, au risque de se voir affublés de splendides œillères restreignant ainsi leur champs de vision de manière inéluctable.

 

J'avoue qu'il m'est arrivée de perdre la flamme qui m'animait récemment, dans le cadre de la perte de l'emploi qui était pour moi ma vocation. Le destin... Pourtant, elle est toujours là. C'est elle qui a continué à m'éclairer et qui m'a dirigée vers le nouveau métier que j'exerce. Lorsque l'on tombe de cheval, il faut remonter en selle, et tout de suite, sans attendre, sinon la crainte et l'appréhension se lient au doute et vous font descendre lentement vers des profondeurs capables de vous engloutir. Si vous ne vous raccrochez pas aux solides branches de l'arbre enraciné en vous, vous chutez. Cette flamme brûle toujours en moi. Elle continue d'être bien vivante, même si elle subit des variations d'intensité à mesure des événements jalonnant mon histoire. Le roman de sa vie, chacun l'écrit, soit de son propre fait, soit de manière subie, mais les pages continuent à se remplir, inexorablement. Pourtant, quand j'y repense, rien ne me prédisposait forcément à évoluer dans ce sens. C'est fou ce que peu de choses arrivent à faire la différence.

 

Si je devais me référer à mon ancien jargon professionnel, je n'ai rien à envier à ceux qui sont qualifiés de «cas sociaux», loin de là. Comprenez qu'il s'agit d'un terme générique usité pour désigner des familles en difficulté, de manière générale, ceux chez qui, les services de police ou de gendarmerie interviennent bien souvent pour des différends de couples, de voisinage ou tout autre problème lié à la sphère familiale. Autant dire que c'est un univers que je connais plutôt bien, ayant eu moi-même à vivre dans ce contexte de longues années. Etais-je une sorte d'OVNI, parmi ce florilège de personnes, qui semble plutôt préservé de certaines turpitudes...Je n'en sais rien, je ne suis certainement pas un cas unique. Tout le monde porte en soi son propre fardeau. A l'heure actuelle, je suis encore au contact de ce genre de personnes mais de manière différente.

 

Quand j'avais cinq ans, une partie de moi s'est envolée avec ce père, qui préférant fuir les tensions conjugales, en a occulté le simple fait que sa présence aurait pu être bénéfique pour sa chair, mais en a-t-il eu seulement conscience, ou peut-être a-t-il senti qu'il en serait mieux ainsi. Longtemps je suis restée dans mes questionnements, dans mes doutes, dans mes craintes.. Et si? si c'était dû à moi. Sa dernière visite m'était dédiée et je n'ai su en profiter à l'époque tant ma douleur était immense de vivre cette situation conflictuelle. Il était responsable de la douleur ressentie par ma mère puisqu'après tout, il l'avait quittée. Il était responsable du fait de nous laisser seuls. Je n'ai alors pas voulu le suivre chez lui, et il ne m'a pas emmenée. J'avais beau avoir cinq ans mais déjà, à cette époque ce caractère que j'ai pu avoir à regretter par la suite. C'est ce ressenti qui m'a habité quand le temps passant, l'âge se faisant sentir, j'y repensais. Il n'a plus donné signe de vie, hormis de manière financière par le paiement de la pension alimentaire, après ce jour. Aussi, j'ai pris cela pour moi, quand bien même j'étais loin de maîtriser l'ensemble des choses afin de les appréhender plus justement. L'on est aveugle lorsque l'on se borne dans une vision unique, sans possibilité d'ouverture. 

 

Il et vrai que la vie avec ma mère et mes frères était loin d'être simple. Seule, sans travail, avec quatre enfants, elle nous a élévés malgré les problèmes de santé à répétition, les problèmes financiers à foison. Elle faisait ce qu'elle pouvait, avec les bases qu'elle avait. Et pour cela, autant dire que pour certaines choses, elles étaient solides malgré tout, notamment sur l'aspect éducatif : hors de question de rater ce qui forgera l'avenir de ses enfants. Pour elle, enfant de l'assistance publique, retirée à sa famille en raison de parents alcooliques, rien ne comptait plus que ses enfants, avec en ligne de mire, l'objectif qu'eux ne vivent pas ce qu'elle avait vécu. Pourtant elle avait bien rencontré celui qui fût son mari en hôpital psychiatrique alors qu'elle était soignée pour dépression, et lui pour son alcoolisme. Elle, qui rejetait l'alcool, avait fini par tomber amoureuse d'un homme présentant les travers qui la rebutaient. Ah le destin, toujours prêt à nous jouer des tours celui-là, même si en filigrane, une chose les rapprochait, il avait lui aussi été retiré à ses parents ! Elle s'était mise en tête de le faire changer, de l'aider mais peut-on vraiment aider quelqu'un contre lui-même? Je suis convaincue du contraire. Aussi, peut-être que la façon dont s'est terminée leur histoire était prévisible. Allez savoir... La vie avec un alcoolique n'a rien d'enviable et cela grave en mémoire des scènes qu'il serait préférable d'oublier, ou en fait non, ne surtout pas les occulter pour les garder à l'esprit afin de s'en servir utilement pour l'avenir.

 

Bref, une chose est sûre, c'est que les services sociaux, malgré tout ce qu'on peut leur reprocher ont fait leur travail. Je ne saurais jamais assez remercier cette assistante sociale qui nous a suivis de près, tout comme cette assistante familiale, ou encore ces aides ménagères. Je n'oublie pas non plus tous ces voisins, qui à leur façon, nous ont chacun apporter ce petit plus qui fait toute la différence. Cela réconforte et aide à redresser la tête. Ainsi, je n'ai, pour ainsi dire, jamais connu ces magasins de mode vers lesquels les jeunes filles accourent. Ma marque à moi, c'était emmaüs, la croix rouge, U ou de simples dons. J'étais habillée correctement, et tout de même, n'est-ce pas là l'essentiel? Je le juge ainsi bien que je fus l'objet d'innombrables moqueries. Les enfants sont durs entre eux, peut être bien plus durs que les adultes car ils n'ont pas conscience de certaines choses. Néanmoins, parmi les personnes dites mûres, on ne peut pas dire qu'elles brillent toutes par leur intelligence, loin de là. Quelle est cette chose bizarre, chez qui il s'est produit des événements que je ne connais pas? Pourquoi donc sa mère fait sans cesse des malaises? T'as vu, son père, c'est celui que l'on voyait tout le temps bourré, il a même défoncé le muret de chez lui avec sa voiture. Paraît que leur tante a tué leur oncle et qu'elle est en prison, paraît aussi qu'il y en a une autre qui est folle et une autre prostituée....et tu ne sais pas, il y a aussi un oncle qui a été tué quelque temps après s'être évadé d'un hôpital psychiatrique, ah, et y'en a un autre qui est très bien connu de la justice, et puis aussi, le petit frère, lui il a été renversé par une voiture quand il avait 8 ans, il est handicapé...

 

Blablabla, je ne sais pourquoi les gens adorent tant se régaler du malheur d'autrui, ou ne se lassent pas de le commenter, en y apportant leur touche, leurs pseudo-explications... Cela doit leur passer le temps ! Moi-même, je m'en préserve. Quoiqu'il en soit cela apporte toujours et encore plus d'eau à leur moulin pour se faire des jugements hâtifs sans les pousser au-delà. C'est d'un triste. Résumer une personne à ce qui gravite autour d'elle est petit, simpliste, et ne porte que peu de considération pour ce qu'est réellement un être humain, un être complexe. Cela a le don de m'exaspérer au plus haut point. Non, tout n'est pas simple, linéaire... Il ne suffit pas de voir la partie émergée de l'iceberg pour se faire une idée d'une personne.

 

La preuve, durant toute ma jeunesse, je m'étais forgée des idées bien arrêtées sur mon père, toutes plus négatives les unes que les autres. Normal, il était absent, après tout, les absents ont toujours tort ! Pourtant, la maturité m'a fait prendre en considération des aspects que j'ignorais jusqu'alors. Peu à peu, le désir de le revoir me gagna, avec à l'idée d'avoir peut-être une discussion, des mots, un échange, dans le calme, et sans amertume. Je crois que ma rancoeur avait cédé sa place à autre chose de plus constructif. Cette idée fit son chemin un moment avant que je puisse la concrétiser et quand il fut temps, le destin y apporta son côté malicieux. Mon père, que je n'avais pas vu depuis au moins 20 ans, était atteint d'un cancer, qui l'emporta 4 mois plus tard. Saloperie de maladie, saloperie de destin !!! J'ai eu beau enragé, cela n'a rien changé malheureusement. Pourquoi? Ce n'était pas le moment. Je venais juste de retrouver ce que j'avais perdu il y a si longtemps.

 

Alors, durant ces 4 mois, j'ai croqué chaque instant à pleines dents, en ayant en tête que l'instant vécu serait peut-être le dernier, sorte de course contre la montre, en espérant que celle-ci ne s'arrête pas trop tôt. Pourtant 4 mois après, c'est arrivé et j'avais au fond de la gorge, un arrière goût doux et amer. La pilule était trop grosse et elle restait coincée : pourquoi avais-je attendu tout ce temps, punaise ? Peut-être simplement que je n'y étais pas prête, certainement même, mais quel gâchis au final ! Il s'est avéré que celui que je haïssais le plus avait rudement changé, même si cela ne l'excusera jamais d'avoir laissé derrière lui, sans se retourner, ses enfants. Il faut parfois savoir se forcer, se bousculer pour passer outre ses jugements de valeur, avancer, et y gagner. Je suis  aujourd'hui heureuse d'avoir pu faire ce choix, même si l'issue en fut malheureuse, d'autres ne l'auront jamais. Dans le fond, je préfère conserver le bon côté des choses, en me disant que peut-être jamais je n'aurais vécu cela, et que je serais passée complètement à côté.


Ne jamais regretter, ne pas se retrouver en position de l'être, sacrée devise, difficilement tenable en toutes circonstances, mais quand même bien présente. 

 

Toujours est-il qu'aujourd'hui, la perception que j'ai de mon parcours professionnel, l'approche que je peux avoir à l'égard des personnes que je rencontre, sont fortement liées à mon vécu. C'est peut-être cela la clé de mes questionnements. Il n'y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas et aucune barrière, aucun col n'est définitivement infranchissable. C'est sans doute cela que j'ai voulu chercher, ou prouver au vu des événements passés dans mon cercle familial. Je me le demande...

 

"Le destin mêle les cartes et nous jouons" - Arthur Schopenhauer

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 18:55

Quel grand mot barbare pour en fait désigner un comportement propre à beaucoup de personnes ! Peut-être l'êtes-vous?

 

L'autre jour, alors que je promenais mon fidèle compagnon à quatre pattes dans la forêt, mon attention a été attirée par une dame qui s'adonnait à la même activité. La forêt est en effet ce point de rencontre vers lequel êtres vivants de tous poils et de toutes espèces convergent afin de se délasser. Son chien, un petit Shi tzu, avait fière allure. Je ne dis pas cela parce que cet animal est un noble cousin Tibétain de mon poillux non non, enfin quoique.. Il y avait de quoi en même temps : une belle petite tête au port altier, un beau poil abondant couleur sable avec une once de noir, une queue bien touffue en panache, des yeux vifs et brillants. Il répondait au nom de Stitch (une fan du dessin animé, je présume), de quoi ravir ceux dont l'image passe aussi par leur chien. D’ailleurs, ça me fait penser que l’on prête régulièrement des ressemblances entre chiens et maîtres lorsqu’on s’y attarde un peu. C’est flagrant comme parfois l’animal reflète tout à fait le maître, même jusque dans les détails physiques.

 

Je l'ai constaté une fois chez le vétérinaire où un bouledogue attendait son tour. Je peux vous dire qu'il ressemblait à son maître qui avait la même bouille. (un peu moins frippé quand même). En effet, il est vrai qu'il y a des propriétaires de compagnons à quatre pattes qui en possèdent afin de satisfaire leur ego. Il en résulte d'ailleurs ce que l'on sait lorsque l'on se rend dans les divers refuges animaliers où ces petits êtres payent l’inconscience de leurs humains et pour lesquels ils sont devenus résolument trop encombrants. Par ailleurs, c'est un fait que l'on a tendance à choisir un chien selon sa personnalité, selon son carcatère quand ce n'est pas lui tout simplement qui nous choisit, comme pour faire vivre un mariage susceptible de durer quelques années. Un chien n'est pas une peluche, ni un objet que l'on prend par effet de mode pour ensuite le jeter comme l'on se débarrasse de ses effets usagés. Je ne suis pas Brigitte Bardot, je ne suis pas non plus l’une de ces extrémistes de la condition animale, mais je m’accorde à dire que tout être vivant doit être respecté non pas comme un objet, bien qu’au niveau juridique il s’agisse d’un bien, mais comme un être.

 

Je m'arrête donc discuter avec cette personne qui m'expose fièrement les derniers résultats de son animal préféré en exposition canine. Un vrai champion semble-t-il, à ses dires : plusieurs fois primé, plusieurs fois félicité. Une pro de l’expo ! Elle me raconte les divers soins : shampoings, brossages, vernis, parfums, ce plusieurs fois par semaine, voire même par jour selon les périodes. Il adore qu'on s'occupe de lui me dit-elle. Est-ce lui qui adore ou simplement mémère qui adore chouchouter son chien? Je pense que le problème se pose plus dans ce sens-là à mon sens. En me retournant, j'aperçois son "chéri" commençant à jouer avec le mien. Il court, batifole et fait le foufou. Et là, malheur, il se roule. Mon Dieu, horreur, et son beau pelage si bien peigné ! Le drame ! Éclats de voix de madame qui hurle sur son Stich ! J'ai eu envie de rire et j'ai ressenti de la tristesse pour ce chien qui, subitement, se faisait brimer par sa maîtresse pour une petite roulade. On se demande bien ce qu'elle faisait alors en forêt, endroit propice à toute sorte de rencontres, de jeux, mais surtout espace de promenade fort agréable pour nos amis à quatre pattes. Peut-être n'a-t-elle pas lu le "mode d'emploi" quant à la vie qu'ont les chiens de manière générale. Eh oui, c'est un scoop, ils se roulent, et de préférence, quand l'occasion se présente, dans tout ce qui est odorant, c'est tellement mieux. À cet instant, ce n'était pas le cas, cela faisait juste partie d'une séquence de jeu avec mon chien. Madame, horrifiée, a vite repris son loulou dans les bras, ajoutant qu'elle avait gros à faire pour rattraper tout ça. Je l'ai vue repartir, Stitch dans ses bras, les petits yeux rivés sur ma boule de poils, résigné peut-être. Mais c'est pour son bien, bien sûr....

 

Paraître beau, toujours bien peigné, pomponné, il n'y a bien que nous les humains pour s'en soucier. Le chien s'en contrefiche, mais il adore tellement faire plaisir à ses maîtres qu'il accepte tout d'eux même ce qui est contraire à sa nature.

 

La plus belle preuve d'amour que l'on peut offrir à son animal est de l'accepter tel qu'il est, avec les caractéristiques propres à son espèce. C'est une entité à part entière. C'est à nous de le comprendre et non l'inverse. Lui donner des aspirations humaines, c'est le renier dans ce qu'il est, un être à part, qui est heureux lorsqu'on lui permet de vivre une vie de chien.

 

Rendons aux chiens ce qui est aux chiens ! (Valable également pour l'ensemble des animaux...)

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